Magic The Gathering-Jdr

Jeu de rôles inspiré du jeu de cartes
 
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 Une question d'esprit.

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Neelahn
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MessageSujet: Une question d'esprit.    Mar 28 Juin 2016 - 2:54

Les longs doigts fins de Neelahn pianotaient sans relâche sur le bord de la petite table en bois autour de laquelle elle et la voyante étaient assises. Elle ne savait pas ce qui l'agaçait le plus ; le baratin de la vieille femme, ou le martèlement de la pluie sur les toiles de la tente qui l'abritait ? Depuis qu'elle était arrivée sur Ravnica, elle cherchait à comprendre l'origine des voix dans sa tête. Cela faisait donc trois ans que sa quête était un échec.

** Tu es tellement dramatique.
– N'essaie pas de nous faire croire que tu as passé ces trois années à rechercher activement d'où nous venions !
– Oui bon, j'ai aussi quelques impératifs à respecter dans ma vie. Du genre survivre. Je vous rappelle que je me suis réveillée amnésique dans une ruelle, qu'il ma fallu tout apprendre et me débrouiller seule, et qu'au bout de deux ans un taré m'a fait faire un bond dans le temps de près de dix mille ans ?
– Et susceptible avec ça.
– Hmpf.**

Le soupir de la marchesaillie couvrit un instant la symphonie des petits bruits entêtants. Même la voyante interrompit son babillage, visiblement courroucée par ce manque évident de respect. Elle ouvrit la bouche, mais Neelahn ne lui laissa pas le temps de se lancer dans une diatribe moralisatrice. Elle en avait assez de perdre son temps, assez d'écouter des incapables parler de choses qu'ils ne connaissaient pas. Aucun n'avait su lui répondre. Aucun ne comprenait ce qu'étaient ces personnages dans sa tête. Oscillant entre la colère et la lassitude, elle quitta la tente d'un pas vif, s'offrant à la pluie fraiche et bienvenue. Pour une fois, être mouillée et avoir des vêtements qui lui collaient à la peau ne la dérangeait pas plus que ça. Elle était de toute manière trop perdue dans ses pensées pour y prêter attention.

Résignée, elle se dirigea vers les quartiers Orzhov. Sans trop se l'expliquer, elle n'aimait pas cette Guilde, et préférait s'en tenir loin. Mais de ce qu'elle en avait entendu, ils savaient y faire avec les esprits, et elle avait réellement envie d'en savoir plus.
Après avoir de longues heure sous la pluie, qui s'était maintenant transformée en bruine légère, ce fut une Neelahn trempée qui toqua à la porte d'un exorciste de la rue d'étain. Elle avait froid, tremblait, et ses cheveux n'étaient qu'une masse informe et dégoulinante qui commençait à peser lourd. Elle pestait intérieurement contre elle, et se promit que la prochaine fois, elle écouterait ses amis et s'adapterait à la météo au lieu de partir sur un coup de tête. Son apparence pitoyable lui valu un regard mi-apitoyé, mi-dégoûté, qu'elle essuya les dents serrées. L'exorciste la fit patienter quelques minutes, qui semblèrent durer une éternité pour la Sans-Guilde, dans l'entrée avant de la mener au salon et de s'intéresser à son cas.


"Que puis-je pour vous, mademoiselle... ?
– Neelahn. Eh bien voilà, c'est très simple. Voyez-vous, je me suis un jour réveillée amnésique dans une ruelle, seule et... ** La voilà repartie ! ** Bref, je me suis réveillée un jour et j'avais des voix dans ma tête. Elles sont encore là, elles me parlent en permanence. Du coup, j'aimerais savoir...
– Si je pouvais vous en débarrasser ? la coupa l'exorciste, un rien blasé.
– Euh, non. J'aimerais simplement connaître leurs origines. Savoir comment elles sont arrivées dans ma tête, comprendre pourquoi elles ne peuvent vivre qu'à travers moi, et si possible...
Une fois de plus, l'homme en face d'elle l'interrompit. Sur son visage se disputaient l'incrédulité, l'énervement, et une pointe d'amusement.
– Alors pourquoi me demandez-vous de l'aide ? Je suis un exorciste. J'exorcise les gens. Si vous ne voulez pas être exorcisée, que faites-vous là au juste ?
De toute évidence, il la prenait pour une abrutie.
– Eh bien, je vous l'ai dit, j'aimerais savoir...
– Je sais pertinemment ce que vous m'avez dit. Maintenant, écoutez ce que moi, je vous dit : vous ne trouverez pas les réponses à vos questions ici.
Il sortit brusquement de la pièce et alla ouvrir la porte d'entrée - ou de sortie, en l'occurrence. Penaude, la jeune fille se dirigea en traînant les pieds vers le seuil, à la fois déçue et furieuse de s'être ainsi faite envoyer paître. Parfois, elle se désespérait. L'Orzhov réprima un sourire devant la mauvaise volonté que la jeune fille mettait à sortir et, un tantinet adouci, reprit la parole.
– Bon, je ne peux rien faire pour vous, mais j'ai entendu dire qu'une nouvelle s'était installée dans le coin, à quelques rues d'ici. Elle vient de la Très Ancienne Caravane - ne me demandez pas ce que c'est, je n'en sais rien et n'en ai cure -, elle est un guide spirituel pour ceux qui la suivent, et s'occupe parfois de ce genre de choses anormales. Elle pourrait peut-être vous aider. Vous la trouverez à la Creusée de l'Annelure. Allez-y et demandez la... noucheta ? néchi... néhoucheta, voilà ! Un sourire fugace éclaira son visage, mais il se ressasit bien vite. C'est tout ce que je peux vous dire. Bonne chance, et maintenant allez-vous en !"

Neelahn ne sut trop que penser de cet étrange bonhomme. A la fois désagréable, mais gentil quand même, à sa manière. Elle le remercia, mais ne put s'étendre, car déjà il refermait la porte sur elle. Elle haussa les épaules, et se mit en quête de la fameuse néhoucheta. Elle ne se faisait guère d'illusions, mais après tout, elle n'avait rien à perdre.
Arrivée à la Creusée de l'Annelure, cette large avenue qui s'enfonçait dans les entrailles de la Citerraine, elle constata qu'effectivement, un camp de fortune semblait avoir été installé récemment.

** Encore des tentes... **
Elle soupira. Elle songeait à faire demi-tour, persuadée qu'elle allait encore perdre son temps, lorsqu'un homme envahit son champ de vision. Il était grand et musclé, ce qui la fit reculer d'instinct.
"Hm, bonjour. Je cherche la né... la néchoucheta. Pourriez-vous me dire où je peux la trouver, s'il-vous-plait ?"
Elle accompagna sa demande d'un grand sourire.

**Tu en fais trop, Nee. Arrête avec la politesse, ça sert à rien de toute manière.**


Dernière édition par Neelahn le Jeu 7 Juil 2016 - 0:20, édité 2 fois
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Néhira
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MessageSujet: Re: Une question d'esprit.    Mar 28 Juin 2016 - 10:34

La Creusée de l'Annelure était sa troisième étape. Levanah avait tenu à accompagner Néhira, saisissant là sa chance de partir à l'aventure sans ses frères et soeurs, mais aussi de se faire pardonner le piège où la sorcière avait failli laisser la vie. Personne ne lui en tenait rigueur pour la duperie dont elle avait été, elle aussi, la victime, mais la jeune fille, qui avait toujours espéré devenir la suivante d'une sorcière, s'en était trouvée mortifiée.

Si elle avait besoin de faire pénitence, avait estimé Néhira, il n'était pas juste de l'en priver. Aussi avait-elle accepté sa requête, et lui confiait-elle des tâches mineures, sans risques.
Kinor et Âz l'accompagnaient également. Il s'agissait autant, pour elle, d'une escorte protectrice que d'un soutien moral.
Ravi d'effrayer les gadjos alentours avec sa musculature noueuse, Âz faisait craquer ses articulations lorsque l'un d'entre eux regardait de trop près Néhira, fût-ce pour jeter un œil curieux aux chaînettes d'argent qui ceignaient son front.

Sa première halte avait été au camp nomade des Golgari. Habituellement, leur peuple préférait les quartiers neutres, mais certains passaient la saison près des fermes pour y être employés comme main-d'oeuvre supplétive. Ils étaient appréciés pour leur bonne humeur, et pour les services qu'ils étaient capables de rendre : parmi les voyageurs, il y avait toujours quelqu'un capable de réparer une gouttière, de soigner la patte d'un animal, ou de chanter une berçeuse pour les enfants énervés.

Lorsque la nouvelle du meurtre de la néhoucheta leur avait été donnée, une grande colère était montée dans le camp. Elle repartit avec la promesse qu'en cas de guerre ouverte, peu importe l'enemi, les fils de Chafat se battraient auprès de la Caravane.

Le second camp ne fut pas aussi hospitalier. Ceux-là avaient aussi une sorcière, très différente de Néhira. Si les nomades savaient se montrer solidaires face à la population sédentaire, ils n'étaient pas étrangers à la rivalité, et ne dévoilaient que rarement les spécificités magiques de leurs devineresses. Si Néhira fut reçue très poliment, elle comprit qu'elle ne serait pas prise au sérieux. Elle se contenta donc de prodiguer l'avertissement : quelqu'un en voulait aux sorcières. Elle fit de son mieux pour être une hôte humble, souriante mais ferme, car c'était ce que l'on attendait de la néhoucheta de la Très Ancienne Caravane. Diplomatie et sagesse.

Quand elle revint à son propre campement, elle avait envie de pleurer. Kinor faisait bouillir de la viande au-dessus du feu, et, avisant sa détresse, s'empara de son violon. Une néhoucheta ne pleurait pas, cela ne se faisait pas. Tout ce qu'il pouvait faire pour elle, en respectant son statut, était de jouer. Tandis que la musique, belle et aigre, résonnait dans l'accoustique humide de la Creusée, Néhira se détendit et ferma les yeux.  

Son repos fut de courte durée, car les inflexions sonores d'Âz retentirent dans le souterrain. Le violon s'interrompit derechef.

- On peut savoir qui t'a dit qu'il y avait une néhoucheta par ici ?

Néhira se leva, et s'avança vers Âz. Il faisait face à une fille grande et fine, aux cheveux ébouriffés, portant gilet de voyage et sacoche. Même avec la plus grande méfiance, il était difficile de la prendre pour un assassin professionnel – mais Galaad en avait-il l'air ?

Elle posa une paume légère sur l'omoplate d'Âz, et scruta la fille, à la recherche d'un éclat de malveillance dans ses yeux farouches. Ce qu'elle vit la fit tressaillir.

Autour de la visiteuse, quatre silhouettes brumeuses attendaient. L'une avait les bras croisés et la toisait, l'air volontaire, deux autres se tenaient, bras-dessus, bras-dessous, inquiètes. La dernière chuchotait quelque chose à l'oreille de l'inconnue. Les quatre étaient inextricablement liées à l'aura de la fille. Néhira ne les distinguait pas très clairement, et ne les entendait pas. Elle ne reconnut pas non plus la présence d'esprits, ni de fantômes. Qu'est-ce que.. ? Elle se composa un sourire apaisant.

- Erev tov, salua-t-elle en posant son index et son majeur sur sa lèvre inférieure. Vous pouvez me suivre...tous les cinq, ajouta-t-elle après un instant d'hésitation.

Elle ouvrit la marche jusqu'à sa tente, sous le regard interloqué d'Âz, et, du bout du pied, brisa la ligne de sel qui en fermait l'entrée.

Pourvu que je ne sois pas simplement la plus idiote et imprudente des néhoucheta.
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MessageSujet: Re: Une question d'esprit.    Mer 29 Juin 2016 - 3:40

Les Orzhov dirigent une entreprise de reconstruction spécialisée dans la réparation des dégâts causés par les guivres. Lorsque les affaires tournent mal, des carnomanciens Golgari sont payés pour faire venir à la surface des guivres briserues. En l'an 8442, un de ces mages convoqua un ver particulièrement gigantesque, dont les anneaux à l'éclat métallique lui valurent le nom de Guivre d'étain. Elle fut chassée de la surface et s'enfonça sous terre sous le feu nourri des forces armées de tout bord. Cette entrée vers les entrailles de la terre fut d'abord crainte et évitée puis, avec les années, une branche lointaine de la Citerraine rejoignit cet immense tunnel souterrain. Ce carrefour se développa donc considérablement, tous les commerces voyant là un moyen idéal de développer leur économie par le transport facilité de marchandise. Un système de rail fut installé, et ce trou béant fut baptisé la Creusée de l'Annelure. Il donne sur une grande avenue connue depuis pour ses marchés, non loin des quartiers Orzhov, à laquelle a été donné le nom de Rue d'étain. Cette place célèbre a depuis prospéré, des habitations de fortune y ont été construites, des forains viennent régulièrement y profiter d'une clientèle sans cesse renouvelée, et une voie ferrée a même été installée pour facilité le déplacement des personnes et le transport de marchandises entre la Citerraine et l'extérieur.




C'était dans un de ces wagons que Harald, putréfermier venant d'achever sa contribution d'intérêt populaire, était monté à la surface pour la première de sa vie. Il était installé sur Phallorn, un de ses deux serviteurs terratoïdes, dans un siège fait de racine et d'os, entre ses épaules. Une deuxième créature de la morte-vie, semblable mais tout aussi unique, lui servait de... porte-bagage : Kijharn. Ils avaient du être seuls passagers dans le wagon en raison du poids des trolls morts-vivants, ce qui convenait tout à fait au vieux fermier, qui somnolait presque. Ses serviteurs le menèrent sur la grand-place qui joignait la Creusée et la Rue d'étain. Là, ils marquèrent un temps d'arrêt, attendant que leur maître leur commande une direction à suivre. De fait, Harald était encore légèrement vaseux, et la lumière du ciel était bien violente pour quelqu'un qui avait passé plus de dix décennies sous terre. Il battait des paupières, éblouit et étonné de tant d'activité, lorsqu'un choc brutal le fit sursauter. Il baissa les yeux.
Visiblement, une bande de jeunes gens, quatre humains et un devkarin, s'amusaient à harceler un jeune itinérant - il devait appartenir au groupe de gitans qui avait monté une tente un peu plus loin. Un d'entre eux avait eut l'air de s'échauffer pour intimider l'enfant qui risquait sans doute une dérouillée, et en reculant soudain avait bousculé Phallorn, qui ne s'y attendait pas. Le vieux fermier fut donc surpris, puis rassuré de voir qu'il ne s'agissait pas de quelque chose de plus dangereux. Après tout, le monde de la surface recelait tant de périls inconnus... Il s'apprêtait à s'éloigner quand les adolescents, constatant qu'il n'y avait qu'un vieillard à moitié endormi sur le docile mort-vivant, se montèrent la tête et commencèrent à le provoquer.

- Eh, papi, descends un peu de là ! Faut faire de l'exercice à ton âge, pour garder la forme !
- Ah ha, ouais ! Ça t'amuses tant que ça de regarder tout le monde de haut ?
Visiblement, les garnements étaient habitués au passage des Golgaris et de leurs terratoïdes dans les environs. Derrière eux, le jeune gitan semblait hésiter entre être soulagé pour lui ou inquiet pour la nouvelle cible de ses persécuteurs.


[HRP] Ordre de post : Harald, Neelahn, Néhira. [/HRP]
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Harald
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MessageSujet: Re: Une question d'esprit.    Mer 29 Juin 2016 - 13:44

Le trajet est fatiguant, le soleil l’est aussi. Toute cette lumière, et ces nouvelles odeurs. Il découvrait, s’emerveillait de toute cette agitation. C’était pour lui comme une renaissance. Il experimentait un cycle dans le cycle. Mais à peine descendu du chariot, voila qu’on le bousculait.

Des enfants. Irrespetueux qui plus est. Il sourit à celui qui se faisait prendre à parti en se rappelant ceux qui agonisaient dans ses champs, sur des broches à bout rond. Bien sûr, son sourire était froid et ne signifiait rien. Mais il devait maintenir les aparences. Pour l’Essaim.
Il commanda alors en silence, sans sourcillé, sans que qui que se soit puisse le voir. Une seconde plus tard, une nuée de mouche attaquait les gamins, entrant dans leurs oreilles et dans leurs bouches jusqu’à ce qu’ils fuient. Il avait épargné celui qui était victime des brimades. Il n’esperait rien, pas même un remerciement, car le respect pour les anciens ainsi que la politesse n’avaient plus cours. Il regrettait le respect des traditions, mais il savait que les âmes perdues de Ravnica n’avait ni le temps ni l’énergie d’apprendre ces futilités. Il ne leur en tenait pas rigueur.

Il pensait savoir où il irait. Les cartes qu’il avait étudié montraient clairement les artères principales de circuation reliant les quartiers entrent eux. Mais rien ne ressemblait à ce qu’il s”était figuré. Pour commencer, les chariots n’existaient pas sur ses cartes, tout comme les étales et les nombreuses baraques éphémères qui jonchaient les rues. Plus troublant encore, il ne devrait pas y avoir autant de rue menant à l’embranchement où il se trouvait. Ravnica avait changé, évoluée. La ville avait de toute évidence fait totalement peau neuve et ses cartes lui seraient relativement peu utiles. Il prit donc une décision importante, qui lui semblait coller avec l’air du temps et qui rendrait son voyage encore plus palpitant. Il ne suivrait pas le chemin qu’il avait si longuement préparé. Il suivrait les mouvements de la foule et irait au gré de ses rencontres. Il experimenterait quelque chose de nouveau, qu’il n’avait plus utiliser depuis très, très longtemps. L’instinct.

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Neelahn
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MessageSujet: Re: Une question d'esprit.    Jeu 7 Juil 2016 - 0:09

Neelahn eut un temps d'arrêt, autant dû à la stupeur qu'avait provoquée les paroles de la néhoucheta qu'à la cacophonie de voix qui lui vrillaient la tête. De toute évidence, ses amis intérieurs étaient ravis d'être vus par une personne extérieure et le manifestaient bruyamment. Une fois le choc passé, un grand sourire fendit son visage, et elle emboîta le pas à la jeune fille, à la fois excitée et ravie. En la suivant, elle ne put retenir les paroles qui brûlaient ses lèvres :

"Mais comment... **Comment peut-elle nous voir ?! ** les voir ? Enfin comment peux-tu ? Et comment... **D'où elle vient ? – Elle s'appelle comment ?** Qui es-tu ? **Son prénom !** Prénom ? Et surtout... **Elle nous voit entièrement ? – Tu es sûre de vouloir la suivre ? – Tu crois qu'elle peut interagir avec nous ? – STOOOOP !** Comment sont-ils ? Je ne les ai jamais vu !"

À cette dernière question, l'interlocutrice de Neelahn s'arrêta en levant vers elle des mains apaisantes, avec un sourire calme. La marchesaillie put ainsi observer son accoutrement, et ne put s'empêcher de sourire en notant la quantité de bijoux qui tintaient à chaque mouvement de la néhoucheta. Ses amis allèrent eux aussi de leur petit commentaire.
** J'adore ses cheveux. Il faudrait lui faire des tresses.
– Neelahn pourra lui en faire, si jamais elle se fait pas agresser sauvagement.
– Moi ça m'a toujours fait rire, les gens qui marchent pieds nus.
– Oh, regarde son coffre !
– Tu devrais arrêter d'être aussi paranoïaque, Sarah.
– Et toi tu devrais l'être plus !
– Pitié, taisez-vous. **

La ligne de sel brisée, les deux jeunes filles entrèrent sous la tente, silencieusement, Neelahn toujours bouillonnant d'impatience et d'excitation, tandis que l'autre était le calme incarné. Une autre personne était là, une jeune fille que son hôte envoya chercher une bassine d'eau. Puis, lorsque Neelahn se fut installée sur le tapis tressé au centre de la pièce à sa demande, la néhoucheta prit enfin la parole.

"Ils sont quatre. Deux hommes et deux femmes de ton âge. Ils te regardent sans cesse. En ce moment, deux d'entre eux tentent devoir à l'intérieur de mon coffre, les autres semblent se disputer. Ils ne sont pas d'ici. D'où viens-tu ?
– Je viens... Je ne sais pas. Je ne me souviens pas. Mais toi, qui es-tu ? S'il te plait, ça fait terriblement longtemps que je cherche à en savoir plus sur mes amis, tu es la première à me parler d'eux comme ça... Il faut que tu m'en dises plus !
Le visage de Neelahn était divisé par deux expressions contradictoires ; elle avait à la fois un air de chien battu, suppliant la sorcière de lui en apprendre plus, et en même temps ravie d'entendre enfin parler de ses amis. La réponse se fit légèrement attendre, car l'autre jeune fille revenait avec la bassine d'eau qu'elle déposa aux pieds de la néhoucheta. Celle-ci la congédia d'un geste avant de verser quelques gouttes d'une fiole dans l'eau, qui se troubla légèrement, sous les yeux fascinés de la marchesaillie.
– Je suis Néhira, la néhoucheta de la Très Ancienne Caravane. J'ignore quelles sont ces créatures qui te suivent, je n'en ai jamais croisé de telles. Je ne reconnais pas plus ta ruah ...Si tu veux en savoir plus, donne-moi deux réponses. D'abord, ton prénom. Ensuite, dis-moi ce que tu préfères que je te prenne : ton sang, ou tes larmes ?
**Et voilà, je le savais, maintenant elle veut prendre ton sang !
Ou ses larmes, elle a dit.
– Oui, enfin je sais pas pleurer sur commande moi...
– Donc tu vas donner ton sang à une inconnue ?**
– Dis à ton amie qu'il ne s'agit que d'une dose, elle sera rassurée.
Le sourire de Néhira était si calme, si rassérénant que la Sans-Guilde sentit tous ses doutes s'envoler. Un demi-sourire joua sur ses lèvres et elle tendit sa main.
– Ravie de faire ta connaissance, Néhira. Je suis Neelahn, et je veux bien te donner un peu de mon sang."

**C'est une manière assez particulière de se présenter, quand on y pense.**
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Néhira
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MessageSujet: Re: Une question d'esprit.    Ven 8 Juil 2016 - 1:19

Après l'alya, la consécration. C'était la première fois que Néhira faisait usage de ses pouvoirs sans sa mère à ses côtés. Si cela avait été pour n'importe quel gadjo, elle aurait refusé de se mettre en danger, mais cette Neelahn n'avait rien d'habituel et la jeune sorcière était déjà captive de ce mystère.

Alors qu'elle mettait ses pieds dans sa large vasque, et se tenait très droite dans l'eau, elle entendit les imprécations des
Néhoucheta à l'intérieur de sa tête.

Folle ! La Caravane a besoin de toi, que vas-tu gaspiller tes arcanes pour un étranger à ta famille! Tu ne sais pas, tu ne sais rien, rien du tout.

La jeune femme laissa un long souffle s'échapper d'entre ses lèvres. Elle se faisait confiance. Et après tout, comment aiderait-elle sa famille si elle connaissait la crainte ? Les sorcières étaient sans peur.

Elle ôta un à un ses bijoux. Certains étaient cérémoniels, mais tous la préservaient des intrusions. Ils tombèrent sur le tapis avec un tintement mat.
Puis, elle enleva son châle, dénoua ses lacets de son surcot, et tira sur sa chemise qui glissa jusqu'à ses hanches. Entre ses seins, une étoile était peinte. D'un pouce humide de salive, elle l'effaça.

La vraie nudité, pour Néhira, commençait ici et maintenant.

D'un geste du menton, elle fit signe à Neelahn de s'approcher. Les esprits qui gravitaient autour d'elle lui lancèrent des menaces qui, pour toutes muettes qu'elles soient,  n'étaient pas difficiles à interpréter. Sans leur prêter attention – elle avait combattu des esprits frappeurs autrement plus cruels – elle sortit un stylet, glissa vivement une main derrière la nuque de Neelahn, et entailla son cou. Sans laisser au sang le temps de gicler, ni à Neelahn de réaliser la douleur, elle attira la jeune femme plus près d'elle et scella ses lèvres à la plaie sanglante.

Cela ne dura que quelques secondes, où elle eût la conscience aiguë, effarante, du liquide tiède dans sa gorge et du corps crispé contre elle.

Elle reconnut alors la sensation vertigineuse, et lâcha Neelahn. Elle ne se possédait plus. Des couleurs étrangères et liquides s'imposaient à ses yeux, trop rapides pour qu'elle les saisisse. Elle devait plonger à l'intérieur, se laisser traverser par le courant.
Et alors qu'elle s'attendait à n'avaler que par lentes gorgées mesurées, comme sa mère lui avait appris, c'est une déferlante amère qui s'engouffra dans ses poumons.

Immédiatement, elle sut qu'elle était allée trop loin et ne reviendrait peut-être pas de ce voyage-ci.
Même les générations des
Néhoucheta faisaient silence : l'hôte qui la possédait était trop dense, trop envahissant. La douleur, intolérable, attaquait chaque repli de son cerveau. Pas un seul esprit malin ne pouvait se faufiler dans ce maelström. En revanche, elle avait la terrifiante sensation que quelque chose – quelqu'un ? observait sa suffocation, comme pour l'avertir qu'elle ne pouvait pas se trouver là.

Elle ne sentit pas qu'Âz avait emprisonné ses bras dans son dos, et maintenait fermement sa mâchoire entre ses doigts, car elle s'était laissée dériver.

Il ne servait à rien de résister. Le poison lui apporterait la lumière ou la tuerait. Elle s'était déjà noyée une fois, au sens où les sorcières l'entendent. Mais sa mère l'avait sauvée – elle avait aspiré hors d'elle les fluides putrides dont elle s'était abreuvée trop vite. Ici, personne ne pouvait la secourir.

D'ailleurs, elle était seule. Et après le remugle torrentiel, il ne restait plus que l'écume d'une vision, qui se précisait progressivement.  Au moment précis où Néhira discerna une forme, ouvrant grand son âme pour scruter les secrets qu'elle renfermait, tous les parasites s'engouffrèrent en elle.

Danger ! Danger de mort ! Sauve-toi ! Replie-toi à l'intérieur ! Sépare le bon grain de l'ivraie. Laisse ton esprit filtrer le poison. Les sorcières qui peuvent reconnaître le poison lui sont immunisées.

Au lieu de mourir submergé, l'esprit de Néhira devint une forteresse. Elle avait confiance. Elle réussissait à refouler l'invasion. Elle était forte.

Elle ouvrit la bouche pour soupirer de soulagement – de l'air, à nouveau. De l'air qui n'était pas de ce monde. Elle regarda autour d'elle, ce n'était pas Ravnica. Elle eut la vision fugace d'un monstre ailé, qui s'effaça aussitôt apparue. Elle se trouvait dans une prairie ondoyante, à l'espace infini.
Au lieu d'entendre le bruissement de l'herbe haute, c'est un grattement de plume sur le parchemin qu'elle perçut. Neelahn écrivait, elle en état persuadée. Soudain, une cavalière qui lui ressemblait fendit les flots verts et la traversa au galop, éclatante de vie.
Néhira la suivit, courant elle aussi, et se retrouva dans une chambre désolée. La cavalière était réfugiée sous les draps et il n'y avait plus ni soleil, ni éclat de vie. Sa douleur infiltra la sorcière comme une aiguille perçante.
Le roman décousu continua à défiler devant Néhira, incroyable, stupéfiant, jusqu'à ce qu'elle sente sa propre magie se tarir et son cœur refluer douloureusement en elle. Ou était-ce Neelahn qui avait disparu de ces visions ? Pour aller où ? Et quelle magie...

Pars. Repars à reculons, tant qu'on te laisse partir.

Le décor s'emmêlait à nouveau. Néhira dut se faire violence pour lâcher prise, et accepter à contrecoeur d'accueillir à nouveau l'insupportable sensation d'oppression qui accompagnait la plongée.

Tout à la fois emplie de fierté et malade d'angoisse, Néhira remonta à la surface et réintégra son corps. Du moins, juste assez pour se découvrir effondrée dans les bras de quelqu'un.

Si son esprit avait donné sa reddition, son corps de
Néhoucheta savait quoi faire. Elle se plia en deux, avec une violence que sa faiblesse n'aurait pas dû permettre, et vomit une cascade d'eau trouble. Sa fébrilité monta d'un cran : elle ne savait pas où elle se trouvait, et ce furent quatre inconnus − deux garçons et deux filles − qui la portèrent sur le lit.

Elle s'évanouit.

Lorsqu'elle reprit connaissance, Kinor, Âz et Levanah la veillaient, ainsi que l'étrange jeune fille. Plus de trace des inconnus. Levanah avait rajusté sa chemise pour couvrir sa poitrine.
Néhira avait la tête qui tournait et les jambes tremblantes, mais elle avait appris plusieurs choses. Premièrement, Neelahn ne venait pas de Ravnica − il existait d'autre mondes ! Elle avait été envoyée là par une magie d'une puissance inouïe, juste avant que son monde ne soit détruit. Les quatre personnages qui l'entouraient avaient une origine encore plus étrange, mais c'était cette même magie qui leur avait donné la vie. Ils avaient une existence propre, dans le passé et dans le présent, tout en n'étant que des prolongements de Neelahn.

Elle se redressa sur les oreillers.


Tov, mes amis, sourit-elle avec sa sérénité familière. Ne laissez personne dire que l'acuité des Néhoucheta s'est étiolée.
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Harald
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MessageSujet: Re: Une question d'esprit.    Ven 8 Juil 2016 - 1:57

Après un long regard circulaire sur ce qui l'entourait et, s'estimant en sécurité, le Nécromancien prit une grande inspiration.
Il ferma les yeux et sa conscience s'éparpilla, bien que sa volonté implacable maintenait sa propre personnalité et ses pensées en un ensemble cohérent, au sein de son enveloppe. Dans un premier temps, il envoya des signaux aux mouches qu'il avait lâché sur les garnements, elles reviendraient vite se loger au cœur de Phallorn.
Puis son monde vascilla, il ressentit une sensation de fourmillement, comme si son corps était trempé dans un liquide poisseux qui gelait ses extrémités. Son cœur ralentit, plongeant sa carcasse dans un état de sommeil paradoxale, mis en pause. Sa véritable conscience se déplaça alors, en une forme plus abstraite, plus simple. Elle tourna dans le vide, comme un fantôme silencieux, avant d'approcher les sauterelles qui logeaient dans le bas ventre de Phallorn. Sa volonté s'infiltra dans la forme de vie primitive, elle grignota leur être en un instant , comme un cancer fulgurant. Chaque cellule était envahie, convertie mais non altérée, dans une symbiose parfaite. Elles s'envolèrent alors, et il put sentir leur propre conscience se lié à la sienne. La connexion était totale, il dirigeait les insectes mieux qu'il ne l'aurait fait avec son propre corps. Leurs ailes battantes, leur vue altéré, si inhumaine, la sensation de l'air pénétrant dans leurs pattes, le poids de leur fragile exosquelette sur leurs chairs molles. Il était les sauterelles, les sauterelles étaient Harald. Ils formaient un tout, une même entité, aussi longtemps qu'il maintiendrait la connexion. Il se concentra une fraction de seconde pour leur donner une suite d'ordres simples. Elles se posèrent discrètement sur les vêtements du garçon, sans qu'il s'en aperçoive. Lorsqu'il arriva près d'un homme musclé, elles écoutèrent un brin de conversation.

- Cedrik et les autres sont encore venus me frapper.
- Encore ? Y en a assez, ils sont où ?
- Ils se sont enfuis, il y a plein de bêtes qui leur sont monté dessus pour m'aider.
Les deux gardes regardèrent autour deux et virent Harald à quelques mètres, immobile sur son géant. L'un des deux hommes accompagna le garçon.
-Rentre sous la tente. Tu vas voir, notre Néhoucheta va interroger les esprits pour la jeune fille, tu peux rester cette fois.

Les deux sauterelle se laissèrent tomber au sol, planant discrètement jusqu'à un endroit sûr.  Là, posé sur les étoffes épaisses, invisibles, elles écoutèrent. Les signaux qu'elles captaient n'avaient rien de compréhensible pour un humain normalement constitué.

Pour comprendre ce que percevaient les insectes, les Golgaris utilisaient plusieurs techniques. Certains se basaient sur des schémas compliqués, reconstituant leurs influx primitifs dans le bon ordre, comme pour une partition jouée par un instrument exotique, et la traduisaient en un langage compréhensible. D'autre associaient chaque influx nerveux à un chiffre, une note, un objet, une image, et apprenaient ce nouveau langage. Chaque espèce, chaque insecte avait son propre langage. Il fallait des années de pratiques pour maitriser ce genre de technique. La plupart des membres de l'Essaim se contentaient de donner des ordres, un influx de mana vert dans l'insecte, pour que celui-ci exécute un ordre. Mais l'art de la symbiose est une véritable projection de la conscience. Il était rarement utile d'avoir un tel niveau de maitrise, mais Harald avait pratiqué cela durant 150 longues années. Le processus ne lui prenait que quelques secondes. Il pouvait littéralement contrôler chaque patte de l'insecte, sa sécrétion de phéromone et même sa tension. Cela avait peu d'utilité et personne n'utilisait ce genre de méthode. Il était en outre inutile d'essayer ce genre de techniques sur des êtres plus développé, leur conscience prenant rapidement le pas sur le reste, maitriser leur corps de la sorte s’avérait inutile. En revanche, dans de petites entreprise d'espionnage anodine, à quelques centaines de mètres de distance, cela pouvait s’avérer redoutablement efficace. En effet, il pouvait alors percevoir le monde avec une acuité sans pareil.

Les deux insectes relayèrent alors avec leurs sens toute une série d'informations, des paroles, des images, des sensations, des émotions brutes captées par les pattes et les poils sensibles des deux créatures. Tout se reformait instantanément en un tout cohérent dans l'esprit du Nécromancien. Il goutait cette transe sans limite, celle d'être l'Essaim et de repousser les limites de la perceptions fragile des humains. Il fut cependant absorbé par tout ce qu'il vit et perçut au travers des deux insectes. Un homme parlait Il observa la Nehoucheta, il vit son rituel, puis sa transe, et enfin il l'observa s'écrouler, inconsciente. Il sentait une concentration de flux magiques, fragiles, perceptibles par les insectes comme des anomalies, comme des courant d'airs sans qu'aucune fenêtre soit ouverte. Quelque chose se passait, mais cette chose dépassait sa compréhension. Ce sentiment le grisa. Il y avait, dans les mains de deux jeunes filles tout à fait banales, des mystères qui le dépassaient lui, un être presque deux fois centenaire capable de ramener les morts.

Un sourire terrible illumina son visage de vieillard. Il se sentait submerger par des sentiments qu'il n'avait pas éprouver depuis des décennies. Il se sentait revivre, son cœur battait. Son esprit s'éveillait, affamé, curieux, avide de connaissances. Prêt à tout pour faire voile sur les mystères qui venaient de lui être suggéré. Oui, c'était bien là le frisson des vivants, le fourmillement de la surface. C'était ce qu'il venait chercher avant de mourir.

Alors, tandis que ses insectes lui indiquaient que la sorcière s'était éveillée, il se dirigea vers sa tente et patienta. Elle avait certainement déjà dû sentir sa présence ; et si ce n'était pas le cas, au moins un des hommes à l'intérieur s'en doutait, puisqu'il s'approchait, méfiant, d'une des sauterelles, avant de remarquer l'autre. Harald se livra donc à une petite facétie étant donné que ses espions avaient été découverts.
Par courtoisie, et afin que son intrusion ne soit pas perçu comme une menace, il força les deux sauterelles à se présenter directement sur la table, devant la femme qui avait rouvert les yeux. Il fit s'incliner les deux insectes et les mit en état de mort cérébrale. Leurs carcasses restèrent figées dans cette posture servile, ridicule. Il espérait que son message amuserait et désamorcerait les tensions qui allaient naturellement naitre chez quelqu'un qui se sentait observé.


Il fit avancer ses créatures vers l'ouverture de la tente, droit vers l'homme qui gardait la tente. Il prit la peine de rassembler ses esprit, afin que son vieux corps se redresse et ouvre ses yeux. Mais en arrière plan, une infime partie de sa conscience se trouvait éparpillée autour de lui, dans chaque insecte qu'il gardait, dans ses deux serviteurs et seul la Makta sait encore où. Le Putré Fermier ne dormait jamais. Sa vigilance, sa volonté, était éternelle et implacable, comme le cycle de vie et de mort.

Il fixa le jeune homme dans les yeux lorsqu'il parla, et sa voix grave, profonde et légèrement grinçante sembla poser un froid qu'il s'efforça de briser avec des paroles calmes.


"Harald Muid'Hieb, humble serviteur de l'Essaim. Votre Nehoucheta me cherchait surement, mais maintenant qu'elle me sent à sa porte, il est probable qu'elle me fasse attendre.
Vous aimez les champignons, mon garçon?
"
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MessageSujet: Re: Une question d'esprit.    Ven 22 Juil 2016 - 0:31

[HRP] Vous avez tous reçu des MPs dont j'ai besoin des réponses pour pouvoir poster ! o/ [/HRP]
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MessageSujet: Re: Une question d'esprit.    Jeu 11 Aoû 2016 - 18:05

Le rituel avait pris Neelahn au dépourvu. Elle avait accepté de donner son sang, mais elle n'avais pas réfléchi à ce qui se passerait. Elle chercha d'urgence quelque chose à regarder lorsque la Néhoucheta se déshabilla sans aucun égard pour Âz, l'homme qui l'avait faite entrer, Levahna, ni elle ou ses quatre amis éthérés. Elle s'approcha sur un signe que lui fit Néhira, et n'eut pas le temps de réagir ou d'entendre les exclamations de ses compagnons que la Néhoucheta lui avait déjà ouvert la peau et collé la bouche contre sa gorge. Elle eut un mouvement de recul par réflexe, mais déjà, la prêtresse semblait entrer en transe. Ses yeux se fermèrent et elle parut s'endormir, si ce n'est qu'elle restait debout. Le dénommé Âz qui s'était placé derrière elle lui bloqua les bras dans le dos d'une main et lui maintint la mâchoire de l'autre. Alors, en quelques secondes, l'eau du baquet où se tenait Néhira commença à remonter en courant le long de ses jambes, de son ventre, en direction de son visage. Un instant, l'eau recouvrit tout son corps, avant de s'insinuer dans ses narines et sa bouche entrouverte, intégralement. A cet instant, elle tomba en arrière. Âz la rattrapa et la déposé doucement par terre, contre un tas de coussin. A moitié allongée, sa transe se poursuivait, on voyait ses yeux bouger sous ses paupières. C'était comme voir quelqu'un faire un rêve... ou un cauchemar. Levanah s'approcha avec une couverture, mais Âz, professionnel, l'arrêta d'un geste. La Néhoucheta eut alors quelques gestes brusque, comme des sursauts, et pivota légèrement sa tête, les traits crispés.
** Neelahn, des gens entrent dans la tente.
J'allais le dire ! **
Neelahn tourna la tête pour apercevoir l'homme de faction devant la tente faire entrer un petit garçon et lui indiquer un coin au fond de la tente, derrière un canapé, avant de se camper dans l'entrée.
** Il se passe quelque chose dehors ?
Dehors, je sais pas... mais leur voyante a l'air de perdre pied, là.**
La tête de Néhira s'était relevée d'un coup, et ses yeux s'ouvrirent sur le blanc de leurs orbites, écarquillés. Sa bouche aussi s'ouvrit en grand, sur un hurlement muet ; et son expression figée traduisait un effroi indicible. Il y avait quelque chose d'insupportable dans cette terreur silencieuse.
**Euh... c'était prévu, ça ...?
Neelahn, tu es sûre que c'était une bonne idée ?
Mais.. mais...
Non mais elle savait ce qu'elle faisait, quand même, ou pas ? C'est elle qui lui a demandé son sang, non ? **
La prêtresse fut alors agitée de spasmes, qui se muèrent vite en une violente crise de convulsions. Âz força un bâtonnet revêtu de cuir entre les mâchoires de Néhira, dont les tremblements étaient de plus en plus rapides. Alors, tout cessa, brusquement. Pendant une poignée de secondes, il n'y eut rien. Puis le corps de la Néhoucheta s'arqua soudain, et elle se plia en deux pour vomir des litres d'une substance peu ragoûtante, mêlée d'eau, de suc gatriques, de sang et d'aliments à moitié digérés. Elle régurgita en quelques sursauts surprenants de vigueur, avant de s'effondrer par terre, nue sur la tapis souillé.
** Elle est... ?
Non. Si...?
Regardez, elle respire. **
En effet, la poitrine de la prêtresse se soulevait, lentement, trop lentement après ce que son corps avait subi. Âz la prit dans ses bras et la déposa sur un matelas surélevé. Avec l'aide de Levanah qui la couvrit et referma sa chemise pour cacher sa poitrine, ils lavèrent avec douceur son visage baigné de larmes, de sueurs et de vomi. Au bout d'un moment elle parut simplement dormir.
Kinor entra pour voir comment elle allait. Alors, tout arriva très vite. Son attention fut attirée par deux sauterelles postées sur les meubles de la tente, au moment où Néhira reprenait ses esprits. Il se dirigea d'un pas rapide vers l'entrée de la tente.

Tov, mes amis, disait la prêtresse d'un ton rassurant. Ne laissez personne dire que l'acuité des Néhoucheta s'est étiolée.
A cet instant, deux sauterelles se postèrent sur son chevet et se figèrent en une grotesque parodie de salut.
**...Neelahn ...? Il y a un homme qui regarde la tente, de dehors, il est bizarre.
Quoi ?
Erk, ce qu'il est moche. Il est maigre, barbu, il a un gros nez et il a que quelques dents jaunes. Il est en train de sourire derrière un tonneau.
Il fait peur, ce type !
Il attend quelque chose, vous croyez ? On dirait qu'il regarde quelque chose d'invisible, ou bien à travers la tenture. **
Neelahn hésitait. Son premier réflexe était de se réfugier en hauteur. Mais Néhira...? Elle avait peut-être appris quelque chose, et elle avait accepté de lui rendre service sans même la connaître. Si elle était en danger, il fallait la protéger !






Néhira avait repris ses esprits comme on se réveillait après une trop longue nuit. Comme toujours après qu'elle utilisait ses pouvoirs, elle était prise d'une grosse faim doublée d'un appétit absent, ainsi que d'une grande soif. A peine avait-elle rassuré les personnes autour d'elle qu'elle avisa le garçon qui l'observait de derrière un divan. Kinor, qui sortait de la tente, l'avait probablement fait rentrer. Comment Âz avait-il pu permettre ça ? Elle s'apprêtait à lui en faire le reproche acerbe lorsque deux sauterelles vinrent se figer sur la table basse, tout près. Perplexe, elle entendit Kinor, sur le seuil, parler avec quelqu'un qui était devant l'entrée. Que se passait-il ? En levant les yeux vers la jeune fille, elle la vit les yeux dans le vague et le visage inquiet, attentive à autre chose.
EEH !
L'enfant était tombé à la renverse, au fond de la tente. De sa position à demi-assise, Néhira vit un pan de la toile cirée bouger tout seul, comme si quelque chose d'invisible l'avait soulevé pour passer en-dessous − vraisemblablement pour sortir. Aussitôt, sa main fut saisie par Neelahn.
Tu sais grimper ?!
La Néhoucheta tressaillit à ce contact. Personne ne devait la toucher en premier, ni s'adresser à elle si familièrement. Prise au dépourvu, elle fut un instant privée de ses moyens avant que l'urgence ne la rattrape ; elle balbutia alors :
Je.. je ne sais pas.. Je n'ai jamais...
Elle parvint tout juste à se cramponner à la couverture avant de se laisser entraîner vers l'entrée de la tente par la jeune femme, qui semblait apparemment s'en faire pour sa sécurité en raison d'un danger qu'elle ne connaissait pas. Voyant l'entrée bloquée par Kinor qui leur tournait le dos, s'adressant à la personne se trouvant au dehors, Neelahn se plaça entre Néhira et le coin de tente qui s'était soulevé.

Âz qui s'était retourné vers le cri de l'enfant volta de nouveau en voyant que quelqu'un tentait de profiter de cette diversion pour enlever la prêtresse. Son rôle de gardien des esprits exigeait un dévouement total à la sécurité de la Néhoucheta, et il semblait qu'il était mis à l'épreuve. Il sortit de sa ceinture un grand Kukri en se dirigeant avec détermination vers Neelahn.


Néhira, de son côté, à peine remise du rituel qui l'avait éprouvée comme jamais, se trouvait entre Neelahn et Kinor, qui se retourna, étonné. Elle put alors voir son interlocuteur, qui ne manqua pas de la surprendre. Il s'agissait d'un vieillard au cheveu rare, la peau pâle et parcheminée, plissée de nombreuses rides. Quel âge pouvait-il avoir ? Mais le plus remarquable était ce sur quoi il était assis, une sorte de colosse mort-vivant. Mais il ne s'agissait pas de ces zombies qui trébuchaient sur leurs boyaux. Ce qui avait sans doute été un troll, autrefois, était rafistolé de nécrofilaments et de sarments de plantes grimpantes ; et il sentait davantage la mousse et le renfermé que la charogne. Sa carrure était surmonté d'un entrelacs d'excroissances ligneuses et d'ossements qui n'étaient sans doute pas originaux, formant une sorte de nid, presque un trône, dans lequel l'ancêtre était installé, une couverture sur ses genoux. Néhira aperçut rapidement un second troll mort-vivant, légèrement en retrait, lorsque le vieillard prit la parole d'une voix grave et éraillée.






Harald Muid'hieb était déstabilisé par ce nouvel environnement. Son essaim aussi l'était, les ruches voulaient tout explorer, les colonies cherchaient déjà de quoi se nourrir en dehors de de Kijharn. Il s'efforçait de les discipliner, mais ça n'était pas facile, comme il adressait simultanément la parole à cet homme devant la tente. Il sentit un bout de sa conscience disséminée le tirailler, pourtant. Plusieurs insectes volants se heurtaient, littéralement, à un obstacle. Pourtant, il n'existait pas vraiment. Ça se mouvait, ça venait visiblement de sortir précipitamment de la tente en souleva un pan de toile. Ça ne sentait rien, pourtant ; ça ne faisait aucun bruit, et c'était invisible pour les dizaines, les centaines d'yeux que Harald braquait dessus.
Il envoya alors une nuée de moustiques, de moucherons et autres nuisibles dans cette direction. Il leur ordonna de le cerner, de l'entourer, de tenter de délimiter cette chose qui n'existait qu'en partie. En quelques secondes, il sembla clair que c'était humain, ou du moins humanoïde. Ça courait en titubant, les bras un instant à tâtonner devant soi, le suivant à se mettre des claques pour se débarrasser du nuage grouillant qui le harcelait. Ça se dirigeait vers une cargaison de marchandises entreposée dans l'herbe, un peu à l'écart de la route. Derrière un tonneau de cette cargaison, un homme vers qui ça cherchait visiblement à se diriger prend peur en voyant la nuée grise qui s'épaississait, et prend la fuite. Immédiatement, Harald chercha à envoyer quelques insectes à ses trousses, mais l'homme gagna la foule et ses insectes le perdirent.
Le tout avait duré une poignée de secondes. La chose invisible avait trébuché, visiblement paniquée et maladroite, elle se roulait par terre, recouvert de vermine. Lorsque Harald reposa les yeux sur son interlocuteur, celui-ci s'était tourné vers l'intérieur. Deux jeunes femmes avaient failli lui rentrer dedans en voulant sortir. L'une d'elle, presque nue et visiblement prise de court par les événements, le dévisagea. Il étira son visage en un simulacre de sourire et parla d'une voix qui ne servait pas souvent :

Eh bien, il semblerait que je n'ai pas été le seul à me mêler de ce qui ne me regarde pas...

[HRP]
Histoire d'y voir plus clair, un schéma simplifié du lieu − ne figurent pas tous les éléments du décor, ni tous les personnages.
Spoiler:
 
Ordre de post : Neelahn, Néhira, Harald.
Si vous avez le moindre besoin d'informations, de précisions, de réponse à une question, ou juste une remarque à faire vous savez où me trouver. Bon jeu !
[/HRP]
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Neelahn
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MessageSujet: Re: Une question d'esprit.    Ven 2 Sep 2016 - 15:12

La voix du vieillard fit frémir Neelahn. Son corps se serait sûrement crispé à l'écoute de cette voix qui semblait appartenir à un mort, s'il n'avait pas déjà été entièrement tendu face à la menace mortelle et imminente que présentait l'homme qui lui avait parlé à son arrivée. Elle eut du mal à détourner son regard du grand Kukri que l'homme tenait fermement, mais elle prit sur elle et, en s'éloignant légèrement de Néhira, les mains tendues devant elle, elle accrocha les yeux de l'assaillant.

"Je ne suis pas un danger. Je ne ferai aucun mal à votre néhoucheta, j'en serais de toute manière incapable, même si je le voulais. Par contre, il y a un mec dehors qui n'est vraiment pas rassurant, et je m'étais dit qu'éloigner Néhira de lui ne pouvait pas être une mauvaise idée. Alors, euh... diriger votre arme vers quelqu'un d'autre que moi ? ... S'il-vous-plaît ?"

Si elle avait réussi à paraître assurée et calme au début, sa voix s'était faite vacillante sur sa dernière question. Beaucoup trop de choses étaient en jeu, elle n'arrivait pas à garder un masque impassible quand son passé était si proche d'elle, si proche et si fragile.
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MessageSujet: Re: Une question d'esprit.    Ven 2 Sep 2016 - 19:57

Les choses allaient un peu vite pour Néhira, qui était plus habituée à prendre son temps. La main de Neelahn sur elle la déstabilisait et l'empêchait de se concentrer sur les priorités qui auraient dû l'accaparer toute entière.

Un contact imprévu fragilisait sa fermeture aux différents plans, car, en cet instant crucial de l'éveil, sa perception était exacerbée. Si tu es distraite, tu meurs, lui avait dit sa mère et la mère de sa mère avant elle. Et en cet instant, les distractions ne manquaient pas.
L'inhabituel laxisme d'Âz, le petit garçon qui avait fait intrusion sous sa tente, et surtout, l'être putride aux valets orthoptères. Pour couronner le tout, l'étrangère, pour des raisons qui n'appartenaient qu'à elle, l'avait entraînée à plusieurs mètres de la protection de son garde du corps, que l'humiliation d'un échec avait rendu féroce.

Quelques esprits plus vivaces que les autres avaient profité de cette brèche pour s'insinuer à la lisière de la conscience de Néhira. La jeune sorcière les reconnut aussitôt : sa grand-mère, l'ancienne néhoucheta, et Dvorak, le père de l'actuel chef de la Caravane. Les deux avaient été amants, fidèles à l'atavisme jusque dans la couche, et partageaient en plus de celle-ci un caractère impérieux que Néhira avait appris à redouter. Quelques esprits mineurs tentaient de se dissimuler derrière leurs voix de stentor, espérant être oubliés.
Il ne fallut qu'une fraction de seconde à Néhira pour fermer son esprit - elle en conçut une vive fierté. La dernière chose qu'elle entendit furent les imprécations chargées de rancoeur des deux anciens.


** Petite misérable. T'exposer alors que la Caravane court un grand danger. Irresponsable ! Ta mère doit se lamenter dans les Limbes ! Si je le pouvais, je t'empêcherais de boire pendant trois jours et trois nuits ! Je te... **

- Je vous en prie, Honoré Grand Père...lâcha Néhira dans un murmure. Et ce fut tout.

L'urgence était désormais d'empêcher Âz de fracasser le crâne de l'étrange fille. Puis il s'agirait d'identifier la menace qui lui avait échappée. Et de déterminer si l'ancêtre juché sur son esclave décomposé en représentait une.
Elle fit le vide dans son esprit, laissant la litanie du calme l'occuper en arrière-plan, et, impérative malgré son éternel sourire serein, leva la paume vers Âz.


- Shalom. La gadji a vu quelque chose.

Puis, se tournant vers le vieillard qui lui avait adressé la parole :

- Que voulez-vous ?
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Harald
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MessageSujet: Re: Une question d'esprit.    Ven 2 Sep 2016 - 22:26

Les pupilles du vieillard reprirent une taille normale, quoique légèrement plus dilatées qu’elles n’étaient sensées l’être. Les aller-retours forcé dans son propre corps provoquaient des afflux sanguins gênants qui perturbaient sa concentration. Quoiqu'il en soit, jamais son esprit ne fatiguait, lui. Ses insectes formaient déjà une chaine éparse allant de l’intrus au sol à la tente de la Néhoucheta. Il cligna des yeux plusieurs fois pour se réhabituer aux effets de la lumière. Il fit s’incliner son serviteur et prêta lui-même un signe de tête. Nul doute que si son fragile corps avait pu supporter cet effort, il serait descendu de sa monture et se serait incliner humblement. Cela dit, le spectacle des deux serviteurs s’inclinant ressemblait fortement à un serment d’allégeance et Harald espérait qu’on ne lui tiendrait pas rigueur pour son manquement au protocole.Sa voix grinça encore, il lui fallait reprendre l’habitude de s’adresser aux humains. Cela lui serait utile, leur conversation promettait d’être aussi passionnante que leurs vies agitées.

-L’urgence de la situation m’empêche d’user de la politesse et de tout le protocole de présentation voulut, Honorable Néhoucheta. Mais je suis ici pour vous offrir mon aide. J’ai surpris quelqu’un qui tout comme moi n’était pas invité sous votre tente. Mes insectes vous mèneront à lui, si vous en exprimez le désir. Voyez ce service comme une forme d’excuse concrète pour les mauvaises manières d’un vieil homme dont la curiosité est tout ce qu’il lui reste.

Sa voix n’exprimait ni sa gêne ni son anxiété. Elle semblait assuré et calme, plutôt sèche et profonde, elle n’avait absolument rien de menaçant.

D’un signe de la main, il indiqua une direction sur sa gauche. Une rangée d’insectes formait un fil simple à suivre qui semblait s’enfoncer dans la foule. Le Putré-fermier se sentait terriblement redevable, maintenant qu’il réalisait son indécence. Il avait passé tant de temps seul que sa curiosité ne lui avait pas parut si déplacé, mais il se rendait compte de son erreur de jugement maintenant qu’il se trouvait face à toutes ces personnes circonspectes. Le fait de se retrouver plus conscient de son corps ajoutait sans doute à son malaise, mais il ne laissait rien paraitre, fixant les deux femmes du haut de sa germination.
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Neelahn
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MessageSujet: Re: Une question d'esprit.    Lun 19 Sep 2016 - 16:58

Alors que le vieillard répondait à Néhira, la marchesaillie vit avec soulagement Âz baisser son arme, traversé furtivement par une peine aussi immense qu'incongrue. Il se reprit toutefois rapidement et, l'arme au clair, se dirigea avec confiance vers l'entrée de la porte. Neelahn porta son attention sur l'intrus à la peau parcheminée, et retint une grimace en constatant qu'il lui fallait lever la tête ostensiblement.

** Je déteste me sentir petite.
Ça te fait du bien. Tu peux pas toujours prendre les gens de haut, perchée sur tes toits !
Vois ça comme une forme de justice. **

Le ton moqueur de ses amis suffit à la détendre, et c'est avec un visage serein qu'elle confirma les paroles du vieil homme.

[color=#0033ff]"Il y a effectivement quelqu'un dehors, qui ne m'inspire personnellement aucune confiance. 00ffff]]** De là à dire que celui-là m'inspire plus confiance, il y a un pas que je me refuse à franchir... – En même temps, tu ne fais confiance à personne. – À qui la faute ? – Touché. ** D'autant plus que la... personne en question est entourée d'insectes. "

La jeune fille se refusa à formuler toutes ses craintes et se tint sagement à l'écart. Son expérience avec la néhoucheta avait été interrompue, par quelque chose qui semblait plus préoccupant que ses origines, quelque chose qui ne la concernait sûrement pas. Elle aurait d'ailleurs pu partir, et ne plus se soucier de ce qu'elle avait vu et des gens étranges qui l'entouraient, mais sa soif de savoir était bien trop forte pour qu'elle puisse seulement songer à s'en aller. D'autant plus que Néhira avait pris un risque pour elle ; elle lui était redevable, et ne l'imaginait tout simplement pas la laisser seule.

** Dis plutôt que t'es trop heureuse de parler à quelqu'un qui ne soit pas nous !**
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Une question d'esprit.
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