Magic The Gathering-Jdr

Jeu de rôles inspiré du jeu de cartes
 
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 L'antre des félidés

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Douleur, Le Quatrième
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MessageSujet: L'antre des félidés   Mer 1 Juin 2016 - 16:08

Minuit venait de sonner au clocher de l'église la plus proche. L'homme courait vite, très vite. Il regardait frénétiquement en arrière. Le souffle dans sa nuque lui hérissa le poil, et il repartir de plus belle. Il tourna à droite, et s'arrêta pour reprendre son souffle. Quand il releva la tête, il était là. Dans toute sa splendeur. Il le dominait de presque trois têtes. L'homme voulut hurler, mais aucun son ne sortait de sa gorge. Il voulut courir en arrière, mais se rendit compte qu'il était incapable de bouger. Il se mit alors à chercher frénétiquement dans ses poches quelque chose capable de le sauver... En vain.

Cette nuit-là avait été étrangement calme. Il n'y avait pas eu un chat dans les rues. Tout au plus avait-on entendu un miaulement.

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Dernière édition par Maître du Jeu IV le Lun 6 Juin 2016 - 16:24, édité 1 fois
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Douleur, Le Quatrième
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MessageSujet: Re: L'antre des félidés   Lun 6 Juin 2016 - 16:23

Lestat effectuait sa quatrième ronde de la nuit dans le 7e district. Les rues étaient étrangement calme. Il devait être 7 ou 8 niveaux au-dessus du vieux Rav, et n'apercevait en dessous de lui, qu'une fosse sans fond. Heureusement pour lui, comme dans tout le district Azorius, les diverses rues étaient soumises à un sortilège contre le vertige, et Lestat pouvait observer tout à loisir le paysage qui l'entourait. Ici, des tours somptueuses, là, une chute d'eau semblant finir sa course dans les lointains océans souterrains de la planète. Le Boros promenait sa vue pour admirer les merveilles architecturales de la guilde sénatrice.

**Hmpf... Un peu le bordel, tout ça. Comment qu'on s'y ret'rouve ici ? J'suis d'jà passé par là... Non ?**

Lestat maugréait seul dans son coin. Il venait d'être affecté par surprise au 7e, et il ne s'agissait pas de son quartier. Fort Central l'avait rapidement affecté au 10e district. Un des districts les mieux protégés de la cité, selon Lestat. Agrus Kos veillait au grain. Un sourire vint percer sur le visage du Boros. Il ne doutait pas qu'il retournerait dans le 10e par la suite, mais cette nuit, ils avaient besoin de lui ici. Et cette nuit, son coéquipier l'avait abandonné. Et, toujours cette même nuit, Lestat s'était perdu parmi tous ces dédales de rues dans tous les sens. Il maugréa une fois de plus. Et continua son trajet, un peu au hasard, un peu à l'instinct, un peu à l'aide de ses souvenirs.

**C'est qui c'bleu encore ? Un mois qu'j'suis jek, et déjà, on m'laisse tomber... Si tous les nouveaux sont comme lui, on est pas sortis...**

Lestat observait les passants en silence. Le quartier était calme, mais pas désert. Ravnica n'était jamais déserte. Le jek caressa les cure-dents dans ses poches, pour se rassurer. La nuit, on ne savait jamais sur ce que l'on pouvait tomber. Il repensa aux discours des Seles.

**Bla bla bla... Oooooh, des Dimir. Mon cul ouais... Juste des assassins qui veulent pas s'montrer. Tout juste bon à faire peur aux gens, ça... Heureusement qu'on est là. Comme si des gens œuvraient dans l'ombre pour tuer tout le monde... Pff...**

Lestat regarda autour de lui, et jeta de nouveau un œil aux tours l'environnant, quand il buta sur une forme fluette dans les hauteurs.

**Un marchesaillie ? Pourquoi un marchesaillie ?**

Il le suivit des yeux, et le vit, avec quelques difficultés, passer de toît en toît et de murs en murs pour venir se poser au même niveau que lui. Ou un au-dessus. ou en-dessous. Il jura sur tous les Azorius. Pourquoi une foutue architecture aussi compliquée ? Il se remémora les préceptes qu'il avait pu lire dans les tribunaux, et laisse échapper un rire.
Le temps de retourner à la réalité, le marchesaillie commençait à disparaître. Pour une fois que quelque chose occupait sa ronde, il n'allait pas le laisser partir ! D'un pas décidé, le soldat tenta de rejoindre l'individu. Il fit de nombreux virages et détours, sans lâcher l'acrobate des yeux. De temps en temps, il le perdait, mais réussissait toujours à le retrouver. Il y avait quelque chose d'étrange, chez lui. Il semblait doué, mais peu assuré. Peut-être un p'tit nouveau, songea Lestat. De toute façon, il n'avait rien de mieux à faire cette nuit-là. Et suivre un marchesaillie était rarement une mauvaise idée. Si tant est qu'on arrivait à le suivre, évidemment. Il changeait de niveau constamment, et Lestat montait et descendait des volées de marche continuellement. Il commença à se demander quand il vit la forme s'immobiliser, une petite vingtaine de mètres devant lui.


**Cette fois, je te tiens,** pensa le Boros, encore un peu essouflé.



Cela faisait déjà plusieurs heures que Neelahn sautait de toîts en toîts. A chaque saut, les voix dans sa tête lui rapportait ce qui se trouvait autour d'elle. Ce soir, elle testait quelque chose de nouveau : elle se concentrait sur sa route, et les quatres dans son esprit lui rapportait ce qui se passait autour d'elle. Elle leur avait promis une récompense en échange. Elle ne savait plus exactement quoi, mais elle leur avait promis.
Enfin, elle n'avait pas le temps d'y penser. Elle se concentrait sur ses prises, songeant à son mentor.


**Un pas après l'autre...**

Étrangement, personne ne lui répondit. Les quatre étaient bien occupés. Sarah avait toujours le don pour intervenir, mais pas cette fois. Neelahn ne savait pas si cela lui manquait, ou la reposait.
Elle se laissa glisser le long d'une tour du 6e avant de rentrer dans le 7e. Elle sentit assez rapidement la différence entre les Orzhov et les Azorius, et fut bien contente de se déplacer sur les murs. En regardant les rues, elle se dit qu'elle n'aurait jamais pû retrouver son chemin autrement. Sur les toîts, il lui suffisait de se dire où aller, puis elle s'y rendait. Tranquillement, silencieusement. Quasiment en ligne droite. Elle profitait parfois d'un moyen de transport improvisé : elle s'invitait sur les zeppelides, ou s'accrochait à une chauve-souris géante des chasseuses Golgari le temps d'un saut, non sans les entendre râler. Elle était libre, et personne ne pouvait l'arrêter. Peu de gens osaient se lancer sur les chauve-souris, mais elle avait un de ses confrères le faire. Son excitation avait été plus forte, et Sarah avait hurlé en la voyant faire. Thomas avait finalement explosé de rire à l'arrivé. Depuis, elle le faisait de temps en temps, et ils l'acceptaient sans broncher.

Elle prit une pause en haut d'une tour blanche et bleue. L'architecture était splendide, et de nombreuses prises se dévoilaient sous ses yeux. Plus elle évoluait dans Ravnica, plus cela lui sautait aux yeux. Ses muscles tiraient déjà, mais Neelahn ne les écouta pas.


**Tu sais bien que tu commences à tirer sur la corde. Pourquoi tu ne t'arrêtes pas maintenant ?, la voix de Gabriel la sortit de sa contemplation.
— Bon, en même temps, la dernière fois qu'on a dormi sur les toîts, on s'est retrouvé au bord d'une cheminée. Je ne sais pas ce que je préfère.
— Si on rentrait maintenant ? Tu as eu ce que tu voulais non ? Je crois que c'est suffisant pour ce soir.**

Neelahn saisit la bourse à sa ceinture et l'ouvrit malgré elle. De la poussière de saphir brute voleta lorsque les cordons de cuir se détendirent. Toute droite issue des mines Rakdos, Neelahn la contempla avec admiration. La poudre brillait d'un éclat presque surnaturel. Elle se demandait pourquoi ces hommes lui en avait demandé. Enfin, elle était bien payée, c'était l'essentiel, après tout. Puis, elle avait pu échapper aux Rakdos, ce qui était le deuxième point essentiel. Et ils n'avaient pas pu voir son visage. Elle souffla, et referma la bourse, qu'elle raccrocha à sa ceinture.

**Tu sais ce que j'en pense de tous ces vols... Bon, au moins, ça payera ton loyer du mois... Allez, rentrons.
— D'accord, rentrons. Je suis crevée.**

Elle commença sa descente, et s'engagea dans diverses rues, pour retourner chez elle. Ce fut la voix de Lucie qui la fit sortir de son état hypnotique.

**Je suis désolée de t'annoncer ça comme ça, mais on est suivi. Un type pas vraiment grand, plutôt petit je dirais, dans une armure Boros. Je sais pas ce qu'il nous veut, mais ça fait déjà une demi-heure qu'il nous suit.
— Tu sais quoi ? On va tester son endurance.**

Neelahn, presque sûre d'elle, se lança dans l'escalade des tours. Elle monta de trois niveaux, jeta un œil derrière elle ; et dès que l'homme fut en vue, se laissa retomber de quatre niveaux. Elle eut un grand sourire quand elle vit la tête écarquillé de l'homme ; qui, heureusement, ne la voyait pas.
Au bout d'une demi-heure de course-poursuite, la marchesaillie dûe se rendre à l'évidence : il ne la quittait pas d'une semelle. Elle s'arrêta finalement au milieu d'une petite rue très peu fréquentée, et se retourna pour faire face à l'homme.


**Peut-être qu'il veut juste discuter, après tout ?
— Comme les Rakdos ?**



Lestat prit une profonde inspiration. Il s'avança de quelques pas, et aperçu enfin le visage de...

**Une gamine ? Elle a quoi ? 17 ans ? C'quoi ces conneries ? J'suis sûr qu'elle est crevée. Pff... J'ai couru après une gamine... Bon, là qu'j'y suis, autant lui parler.**

Lestat s'apprêtait à lui demander ce qu'elle faisait là, quand un mouvement attira son attention dans les hauteurs. Il leva la tête, et réagit juste assez vite pour parcourir les quelques mètres qui la séparait de l'adolescente. Quelques instants plus tard, elle la jeune femme finissait découpée en morceaux proprement. A l'endroit où se tenait Neelahn se dévoilait un immense félin. Chacune de ses pattes faisait au moins la taille du torse de Lestat, et sa gueule dévoilait une impressionante rangée de dents. Beaucoup trop au goût du Boros.

"Mais c'est quoi encore ces conneries ? Depuis quand y'a des gros chats ici," pensa-t-il à voix haute. Il avait eu le temps de ramener Neelahn près de lui et de se projeter en arrière juste assez vite. La dernière fois qu'il avait fait ça, son collègue — **jamais là quand on a b'soin de lui d'ailleurs** — l'avait surnommé "Flash" pendant une semaine. Parce qu'il avait eu de bons réflexes et la chance de pouvoir intervenir.

Lestat souffla, recula pour mettre un peu de distance avec le félidé — mesurant près de 2 à 3 mètres au collet — en saisissant ses cures-dents. Le félidé s'approchait tout doucement, sans bruit, et remonta ses babines. Les deux compagnons d'infortune purent alors distinguer distinctement trois rangées de dents, aiguisées comme des poigards.


"Foutus Simic, foutue nuit..."

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Neelahn
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MessageSujet: Re: L'antre des félidés   Lun 6 Juin 2016 - 19:45

Neelahn se permit un petit sourire de satisfaction quand elle vit la stupéfaction se peindre sur le visage du Boros, ravie de son petit effet. Elle n'eut hélas pas beaucoup de temps pour le savourer, car déjà l'inconnu fonçait sur elle, l'air déterminé. Sans qu'elle puisse faire quoi que ce soit, il la tira à lui et la délogea de l'endroit où elle se trouvait, sans même lui accorder un regard, trop absorbé par...

**Par quoi, au juste ?**

Elle se retourna et vit à son tour le grand félin, écrasant de majesté, qui l'aurait de toute évidence lacérée sans son sauveur providentiel. Le sentiment de gratitude qui commençait à l'envahir, chaud et agréable, fut aussitôt remplacé par un torrent de terreur glacée. Pendant de longues secondes, alors que le Boros reculait prudemment, elle eut l'impression qu'elle n'était plus qu'une coquille vide, incapable de la moindre action. Elle ne savait pas quoi faire. Elle ne pouvait pas affronter ce monstre. C'était cette certitude qui pulsait douloureusement au creux de sa poitrine, de plus en plus vite, alors que la panique l'envahissait.

**Neelahn !**

Un sursaut. Elle n'était pas seule.

** Est-ce qu'il y en a d'autres ? Trouvez-moi une voie, vite !**

Son regard glissa sur le Boros qui s'était mis en mouvement. Il s'était emparé de ses... cure-dents. L'incrédulité se mêla au désespoir. C'était évident, ils étaient foutus. Les voix tardaient à se manifester, et le félidé s'approchait. Lorsqu'il retroussa ses babines, ce fut le déclic. La peur de Neelahn se mua en énergie. Saisissant impérieusement la manche de son acolyte improvisé, elle tourna les talons et se mit à courir, maudissant son entêtement qui l'avait conduite à pousser sur ses muscles alors qu'elle était déjà fatiguée. Muscles qui désormais protestaient vigoureusement.

**Alors, ça vient ? Pas dans les airs, il ne pourra pas suivre !**
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Lestat, le cure-dent
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MessageSujet: Re: L'antre des félidés   Mar 7 Juin 2016 - 16:59

* Owh bordel. C'est quoi ce merd ...* Il n'eut pas vraiment le temps de continuer ses pensées, puisque la jeune fille qu'il venait de sauver n'avait pas pris le temps de comprendre les tenants et les aboutissants de la situation, et avait compris qu'il fallait partir. Le coté naturellement bon de la marchesaillie l'avait incité à attraper Lestat par le bras et le tirer avec elle dans sa fuite.

* D'accord, on se casse, mais avant, un petit cadeau * songea t'il avant d'envoyer un projectile magique sur le félin, tout en commençant son sprint. " Davastei, poudre de perlimpinpin, et mange toi ça dans la gueule !" Lestat se retourna pour pouvoir accélérer décemment, sans constater à quel point son tir avait été efficace, soit pour blesser le chat, soit pour l'énerver de plus belle. Mais c'était une manière de temporiser comme une autre. Et il avait besoin de temporiser un maximum pour pouvoir prendre un peu de distance sur ce matou de trois mètres, qui rugit de plus belle.

Lestat regarda sa comparse qui semblait concentrée sur autre chose que simplement sa fuite. Compagnonne d'infortune, mais qui avait l'air toutefois parfaitement capable.
" Faudrait pas grimper sur les toits, histoire de prendre un peu de hauteur ? Jsuis pas marchesaillie mais jme démerde quand faut faire du rodéo-galipettes. "

— On va éviter les toits. Les chats, ça grimpe facilement. " fit-elle après quelques fractions de secondes.

" Ok t'as un plan ? " Lui rétorqua Lestat, un poil paniqué.

" On s'enterre ? " lui balança Neelahn, qui visiblement regardait frénétiquement à droite et à gauche pour repérer une petite allée, trop petite, elle espérait, pour le chat. " Je cherche un passage suffisamment étroit, si possible avant de mourir. "

Lestat rigola. D'un rire nerveux, plus que d'un vrai rire de rigolade. " On peut casser une vitre et rentrer chez quelqu'un par effraction en faisant un peu d'acrobatie. Jsuis jek, donc ça devrait passer "

A peine sa phrase terminée, une issue se dévoila à nos deux sprinteurs qui couraient pour leur vie. Sans vraiment réfléchir, ni regarder derrière eux à quelle distance était le matou, il empruntèrent ce passage presque miraculeux. Pas besoin de regarder derrière soi, d'ailleurs, puisque le félin se faisait entendre de plus belle. Par curiosité et inquiétude, Neelahn prit le temps de jeter un regard derrière elle, mais elle ne put distinguer plus clairement la forme de la bête.
A force de continuer leur course effrénée, le rugissement de la bête finit par disparaître, et les deux comparses purent enfin souffler un peu. Ils levèrent les yeux, pour constater que le décor n'avait pas vraiment changé. Et pour cause, il réalisèrent assez vite qu'il n'avait fait que tourner en rond dans leur fuite. Satanés bâtiments Azorius avec leur architecture capilotractée !


" J'aime pas tourner en rond. Toujours partant pour une partie d'escalade ? " Lança Neelahn au wojek. Lestat sourit du coin de la bouche, signifiant qu'il était totalement prêt à relever le défi qu'une marchesaillie venait de lui lancer implicitement. Elle montra au Boros la voie à suivre, ce qu'il s'empressa d'emprunter. Cela n'était pas si compliqué une fois la technique adoptée, même si ce chemin d'escalade devait être du niveau des néophytes.

Une fois au sommet, surplombant les rues et d'autres bâtiments, le binôme improvisé pu s'apercevoir du nombre de détours qu'ils ont du faire pour échapper au matou. Mais plus une trace de la bête, même avec cette vue aérienne. Elle devait donc avoir fui, ou être rentré voir son maître.
* Parce qu'un machin comme ça, ça a forcément un maître. C'est pas un truc naturel qui se ballade tranquille dans Rav. Impossible. *

" On redescend ? Il y a une scène de crime en bas, tu l'as entendu comme moi déchiqueter un pauvre mec qui se trouvait là. J'ai besoin de récupérer des pièces à conviction. " Le boros avait un devoir, et en même temps, il n'était pas serein. Mais tout ça l'excitait encore plus. La peur s'était transformée en adrénaline, si bien que tout le corps du soldat vibrait faiblement, mais extrêmement rapidement.

" Je suis pas très sure de ton coup, mais on va dire que je te fais confiance pour cette fois. " rétorqua Neelahn, elle aussi encore un poil secouée par ce qui venait de se passer.

Une fois redescendus au niveau de la rue, les deux associés d'infortune s'approchèrent de la scène de crime. Il y avait un veldaken, mort, lacéré, était étendu sur le sol, un parchemin tenu dans sa main contre son torse, et des traces de griffures un peu partout sur le sol et les murs. Si Neelahn cru bon d'aller regarder le parchemin du défunt bureaucrate, Lestat tenta de l'en dissuader
" Mais on s'en fout de son parcho's. Déjà qu'les Azorius, c'est chiant quand ça parle, alors ça doit être encore plus chiant quand ça écrit. " Neelahn poussa un petit soupir de dédain par rapport à la remarque irrespectueuse du soldat, et ouvrit le parchemin, seulement pour y constater qu'effectivement, à part des textes sur des réarrangements de lois vis à vis des boros ou des orzhovs, il n'y avait pas grand chose. " On sait jamais, ça aurait pu être important " dit-elle, un tantinet dépitée de donner raison au jeune impétueux qui l'accompagnait.

Le boros, lui, s'occupait à examiner les traces de griffures. Il voulait des pistes, une base sur laquelle commencer l'enquête. On parlait d'un félin, d'un gros matou. Avec des longs poils comme il en avait, il avait du en laisser quelques uns sur place. Il chercha donc patiemment le sol à la recherche de reste de pelage. Des poils, blanc et noirs, comme sur le pelage de la bête dont la coloration pouvait rappeler celui de la vache. Une belle robe pie.
Il chercha ensuite dans les traces de griffes quelques restes de kératine, histoire d'avoir un échantillon de ses griffes aussi, car cela ne sera jamais de trop pour les analystes. Il en trouve un peu partout aussi, de ces morceaux de griffes, qui semblent se rapprocher plus du verre que de la kératine simple.

En remontant les traces laissées par le félin, jusqu'à l'endroit où ils s'étaient fait attaquer, les deux adolescents purent constater d'où venait le félin. Et sa trace passait par des tours, supposant une certaine aisance à se déplacer verticalement, même pour un gros chat.


" Tu veux que j'aille voir d'où il vient ? Pas sûre que tu puisses me suivre.

— Donc t'es en train de me dire que t'as pas peur de tomber sur lui seule ?

— Je ne tiens pas particulièrement à y aller seule, non. En fait, je flippe carrément. Mais le chat n'est pas là, je ne sais pas quoi faire, et du coup remonter à la source du problème ne me semble pas être une idée pire qu'une autre. Surtout qu'il semble être parti dans l'autre sens... Je n'ai surtout pas envie de rester là.

— Pour moi, c'est pas simplement un chaton qui se ballade dans Rav. Il a un maître, un petit savant fou de génétique qui s'est amusé à pondre un bestiau pareil. Et j'suis prêt à parier que l'bestiau, il est retourné chez son maître. Je pense carrément qu'il faudrait mieux aller emmener nos pièces à conviction à analyser. Mais si tu veux y aller, je viens avec toi. Il faudra juste être un maximum discret, j'ai pas envie d'finir en pâtée pour chat."
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Neelahn
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MessageSujet: Re: L'antre des félidés   Jeu 9 Juin 2016 - 20:45

Neelahn contint un soupir de soulagement, rassurée de voir qu'il n'acceptait pas de la laisser partir seule, et acquiesça tranquillement.

** En même temps, excuse-moi de te le dire, mais tu es un peu bête à proposer des trucs pareils aussi...
– Arrête d'essayer de paraître plus courageuse que tu ne l'es, ça nous évitera de risquer l'anéantissement total à cause d'un de tes coups de tête.
– Mais faire semblant d'être courageuse, ce n'est pas déjà une forme de courage ? **
Elle sourit victorieusement en entendant le soupir collectif poussé par ses amis, alors qu'ils entamaient leur ascension sur les traces du chat géant. Au bout d'un long quart d'heure silencieux, ils arrivèrent en face d'une espèce de tour, un peu isolée du district. Il n'y avait aucune lumière, mais des fenêtres – intactes – suffisamment grandes pour laisser passer le félin. La porte aurait pu le laisser passer également, et c'était vraisemblablement de là qu'il était sorti. Face à cette tour, Neelahn se sentait toute petite.

« Euh... Je dois t'avouer que là, j'ai pas particulièrement envie d'y aller, en fait. Tu voudrais pas appeler tes copains Boros, par hasard ?
– Bah écoute, si cette histoire t'intéresse, reviens avec moi sur les lieux du crime. Il faut que j'utilise mon ancreur sur l'âme du vedalken, et après j'irai au ligueposte le plus proche, parce que j'ai quelques pièces à conviction que j'aimerais faire analyser par les labmages Boros, histoire d'en savoir un peu plus sur ce gros matou. Mais si ça te fout trop les jetons ou si ça t'fait chier parce que c'est pas ton business, tu peux aussi dire non et partir de ton côté.» 

Le jeune homme ne semblait pas tellement en confiance non plus, ce qui était étrangement rassurant. Ses amis intérieurs l'encouragèrent vivement à accepter la porte de sortie qu'il lui lui offrait et à s'en aller maintenant. C'est vrai que rien ne l'obligeait à rester. Mais elle était curieuse. Et un peu trop fière pour son propre bien, aussi. C'est pourquoi elle répondit dans un sourire :

« Pas de souci, je reste avec toi.» 

Le Boros hocha simplement de la tête, et ils repartirent en arrière, sans plus de mots inutiles.

**Sinon, tu te souviens de ce qu'on avait dit, à propos de ne pas paraître plus courageuse que tu ne l'es ?
– En fait, tu es juste trop contente de parler à quelqu'un et ça ne te dérange pas de risquer ta vie pour fuir la solitude, c'est ça ?
– Chut, je n'ai pas besoin de vos commentaires. Silence, maintenant. **

Ils arrivèrent finalement face au cadavre du vedalken et Lestat ancra son âme. Il hurla un peu tandis que l'ancre prenait une forme compliquée, parfaitement incompréhensible, que Neelahn regardait avec inquiétude. Le fantôme semblait très perturbé – et considérant la manière dont il était mort, personne ne pouvait l'en blâmer. Son compagnon d'infortune lui demanda de rester là, pour être sûr que personne ne viendrait permettre à l'âme du défunt de s'échapper avant qu'il ait pu lui parler, et alla rejoindre le ligueposte le plus proche au pas de course. Pour éviter toute mauvaise surprise, la marchesaillie se plaça un peu en hauteur, de sorte à pouvoir observer sans être vue, et son attente commença. Il n'y avait que peu de passants, et la plupart accélérait le pas en voyant le défunt.

Lestat arriva au ligueposte après une petite demi-heure, et il fut accueilli par un Boros blasé et fatigué, qui le regarda d'un air interrogateur, une cigarette à la main. Lestat le salua et se présenta brièvement, mais passa rapidement sur son statut de jeune Wojek pour en venir au fait qui l'intéressait le plus : un chat énorme se baladait en liberté, et avait tué un Azorius, ce qui n'était pas si grave en soi, mais tout de même, un matou de cette taille là, ça peut faire des dégâts. Il racontait le tout en se sortant lui aussi une cigarette pour se calmer les nerfs après ce qu'il venait de vivre. Sa fébrilité était palpable, les mots s'enchaînaient et se bousculaient, et lorsqu'il en arriva à demander des hommes pour traquer la bête, et qu'on examine les preuves qu'il avait apportées en prime, le Boros décida de calmer les ardeurs du jeune fougeux.


« Oulah, les grosses bêtes en liberté, ok, c’est dangereux. Mais c’est Ravnica, hein, petit gars ? Si tu commences à t’émouvoir pour si peu, tu vas aller combattre tous les rats crevés de cette ville ! Bon, est-ce qu’on a quelque chose dessus ou c’est juste un bestiole en liberté ? Tu sais, on a déjà pas beaucoup d’effectifs, si en plus on doit dédier des gens simplement pour un gros chat, on est mal barré. Il y a eu une plainte, ou c’est du zèle ?
– Oui, c'est du zèle, mon gars. J'me faisais chier dans ma ronde, il se passait rien, j'ai coursé une marchesaillie pour me faire faire un peu d'exercice pendant ma ronde, et je suis tombé sur ce matou qui allait la trucider. Je l'ai sauvé, mais ce truc est dangereux.  Et a priori, c'est p'tet un peu plus qu'un simple chat, j'ai récupérer quelques échantillons à analyser, histoire d'avoir plus d'infos.
– Pff, sans entrave au commerce, les supérieurs vont te dire qu’on peut rien faire hein ? Enfin, toi, tu peux si tu veux. Et si tu trouves des gens motivés aussi. Mais tu n’auras pas d’ordre de mission direct. Enfin, en 10 ans de carrière, j’ai jamais vu ça. Si tu veux aller voir les labmages, ils sont un peu plus loin là-bas. Mais ça m’étonnerait qu’ils analysent ça pour tes beaux yeux. Sur ces paroles encourageantes, il désigna un escalier qui se trouva sur la gauche. Lestat le suivit du regard, mais déjà l'autre reprenait. Mais si tu veux, on peut en parler au responsable du secteur. Mais ça va prendre un peu de temps. Ça urge, ton histoire de matou ?
– Ouep, ça urge un peu. Ecoute, j'm'en fous de qui pourra m'accompagner, pour ce que ça peut m'foutre, tu peux prendre le premier trou du cul qui vient, ou même la tête de turc de la garnison. En fait, ça urge même pas mal, j'ai ancré le vedalken qui s'est fait buter, et laissé une amie sur place histoire, donc j'ai pas forcément toute la nuit devant moi.
– Hé, on se calme hein, jeunot ? T’es au courant que le déca approche et qu’on a plus d’effectif ? On va quand même pas envoyer nos mecs au casse-pipe ! Et tu as laissé un mec ancré par terre, sans l’interroger ? Tu ne t’es pas dit que l’interroger avant de nous parler serait mieux ? Parce que là, il va sonner comme un vieux disque rayé ton fantôme…
Il regarda le jeune homme étrangement en disant ces mots, comme s'il était consterné de voir que le garçon s'était précipité au point d'en oublier les bases. Lestat aurait pu se sentir mal à l'aise sous ce regard, mais il y avait franchement des choses plus urgentes à régler.
– En fait, j'me fous de ce qu'il a à dire, il nous en dira pas plus que ce qu'on sait déjà. Si j'l'ai ancré, c'est surtout pour qu'il serve à confirmer c'que j'vous dis. Parce que son histoire, j'la connais : Bonjour, j'suis un legislateur azorius qui emmerde le monde avec ses lois à la con et j'me suis fait buter par un gros matou. J'me suis retourné, je l'ai vu rugir, Graouh, et je suis mort.
– Pff… Bon, va prendre la déposition, j’ouvre un dossier. Par contre, pas d’hommes jusqu’à demain matin. Pas moyen, tout le monde est sur le terrain. On est déjà que quatre sur place, et je ne vais m’amuser à envoyer des oiseaux toute la nuit pour ramener des gens. Pour ça, tu patientes. Si tu ramènes des preuves tangibles, et une plainte pour agression de la part des Azo, on valide tout ça. Sinon, non. File-moi tes trucs. Je vais voir avec les mages si je peux pas les faire analyser. Par contre, ça risque de ne pas passer tout de suite. Je ne suis même pas sûr qu’ils soient là. 
– Ok cimer, t'es plutôt cool comme type.
Et il sortit deux nouvelles cigarettes, fumant l'une et tendant l'autre à son interlocuteur. Il lui tendit les griffes et les poils dans le même temps, le remerciant encore pour son temps. Celui-ci accepta d'abord la clope, et en tira une longue bouffée avant de réunir les preuves en lui répondant.
– Bah, un jeune jek investi, ça fait plaisir hein ? En plus, t’as l’air un peu paumé dans le quartier. En même temps, ces foutues constructions… Moi j’étais dans le district Rakdos avant. On m’a viré quand ils ont fait un raid, ces fils de pute. J’étais le seul survivant de mon équipe. Je voulais aller les défoncer, mais on m’a casé là. Les infirmières ont dit que j’étais ‘instable psychologiquement’. Tu vois le tableau. Alors remplir des fiches dans un district où tu te paumes une fois sur 3, ça me gave sévère. Si je peux aider à résoudre des trucs, je veux bien. Ça me changera de la paperasse.
– Clair, ces connasses ont pas capté que c'était les rakdos, les 'instables' ? N'empêche, quelle plaie ces fanatiques masochistes de mon cul...  Bon, j'vais pas poireauter ici toute la nuit, j'dois aller r'trouver ma pote, elle doit être en train de flipper là bas. Cimer en tout cas, j'm'occupe du reste avec les Azo. »

Et il repartit en trottant malgré sa fatigue, après avoir tiré une dernière bouffée sur sa cigarette – faut bien se donner du courage.

Alors que Lestat parlait avec son frère d'armes, Neelahn vit arriver deux Azorius qui choisirent de s'arrêter près du cadavre au lieu de le fuir. Elle descendit alors le plus discrètement possible pour écouter ce qu'ils disaient. Ils tentèrent d'abord de parler avec le fantôme, qui ne faisait que demander à être libéré, et se demandèrent s'ils devaient intervenir. Neelahn dressa l'oreille, mais s'apaisa bien vite en constatant qu'ils n'arrivaient pas à se mettre d'accord quant à la conduite à adopter. L'un voulait le libérer, l'autre ne voulait pas freiner le travail des Boros. S'ensuivit alors un long débat sur les Wojeks et les Azorius, les deux hommes se demandant qui suivaient qui. Neelahn les écoutait distraitement, se tendant seulement lorsqu'ils semblaient se mettre d'accord sur le fait qu'ici, les Boros devaient suivre les Azorius. Elle se rapprocha légèrement, craignant qu'ils tirent comme conclusion qu'enlever l'ancre était tout à fait dans leur droit, mais le débat reprit de plus belle. Ils conclurent finalement qu'il ne fallait pas intervenir dans les affaires Boros au moment où Lestat revenait.


** Enfin !**

Celui-ci semblait légèrement grognon, et il la dépassa sans la voir encore essoufflé.

« Bon, cimer la hiérarchie, on a pas d'hommes en plus à moins que ... Mais elle est passé où ? Elle s'est barrée ? Putain... Il ne s'appesantit toutefois pas sur la question, et enchaîna aussitôt, en voyant les deux hommes. Messieurs Azorius, pardon pour tout ce bordel, et aussi mon langage, mais votre collègue s'est fait trucider par un gros matou. Gros genre trois mètres de haut. J'me suis fait attaquer par le machin, mais j'ai pas pu sauver votre pote, étant un peu trop concentré sur ma survie. Mais si vous voulez rendre ça officiel, histoire qu'on puisse choper le matou, il faut que votre guilde dépose une plainte.
Neelahn choisit ce moment pour se glisser auprès de son compagnon, et s'excusa d'une voix penaude, avant de saluer de la tête les deux Azorius.
– Non je ne me suis pas barrée, désolée, je montais simplement la garde dans les airs.
– Ha, t'es là. Putain, pendant un instant, j'ai cru que tu t'étais foutu de ma gueule. »

Neelahn fit non de la tête en souriant, puis réalisa que les deux hommes, si bavards avant l'arrivée des jeunes gens, se taisaient désormais. Ils semblaient visiblement étonnés de leur présence, et l'un deux ouvrit puis referma la bouche en les regardant d'un air interloqué. Il y eut un silence gêné, rapidement rompu par le Boros.

« Pardon. Présentation : Lestat Nazzim, soldat Wojek.  J'ai fait l'aller retour jusqu'au ligueposte wojek, mais sans plainte de votre guilde, on pourra rien faire de plus. Enfin bon, à nous deux. Et il se tourna vers le mort qui flottait encore, sans laisser le temps aux Azorius de dire quoi que ce soit. Qui étiez-vous, malheureux défunt ?
Le fantôme semblait chercher ses mots. Il fixa ses yeux sur le Boros et de longues secondes s'égrenèrent avant qu'il consente à répondre, d'une voix traînante et lancinante, hautement irritable.
– Errrrrrr… Nooooooo… Libèrrrre-moiiiiii....
Le temps qu'il mettait à répondre ainsi que sa voix mettaient les nerfs de la Sans-Guilde à vif, mais Lestat réagissait avec calme, nullement perturbé par le fait de discuter avec un mort.
– Deux secondes, j'ai genre deux trois questions à te poser, après promis, j'te fous la paix.
– Libèrrrrrrrre-moiii…
– Erno, mon bon Erno, t'as pas eu d'chance avec ce matou. Mais je sais que t'es pas mort sur le coup, mais plutôt à la suite de tes blessures. T'as ressenti un truc particulier quand il t'a foncé dessus, autre que ses griffes ?  Genre, quelque chose de magique ? Parce que moi j'suis une bite avec la magie.
– Libèrrrrrrre-moi..
Neelahn était convaincue d'être face à un cas désespéré, mais à sa grande surprise, le fantôme fit non de la tête. Lestat ne semblait pas satisfait pour autant.
– J'ai dit deux trois question d'abord. Et ça fait deux, pour l'instant.
– Paaaaaas de magiiiiiie…
– T'as eu un contact avec le matou. Nous non, on a pas eu cette malchance. Il était chaud ou froid ? Potentiellement simic, comme matou ou t'en sais rien ?
– Pas deéeeêeee… Maaaagiiiiiiie…Libèèèèèèèèère-moiiii…
– T'as pas répondu à la troisième question.
– Paaaaaaas chauuuuud… Paaaaas frooooooooid... Maintenant, libèèère-moi...
– Putain, tu sonnes vraiment comme un disque rayé ... Allez, va, et bon repos. »
Finalement, le jeune garde prit le défunt en pitié et enleva l'ancre. Le fantôme ne se fit guère prier et disparut presque instantanément. Lestat hausse les épaules.
– J'aurai pu lui tenir la jambe encore un peu, mais bon, il m'aurait rien dit de plus. Bon maintenant, messieurs les Azorius, est-ce que vous seriez prêts à porter plainte, histoire que je puisse continuer l'enquête ? A moins que vous n'ayez rien à foutre de ce Erno. D'ailleurs, son parchemin parle de lois, vous devriez p'tet le récupérer. Mais bon, on est en quartier Azorius, et, jvous l'donne en mille, y'a un matou géant qui se balade en liberté, trucidant ce qui se trouve sur son chemin.
Visiblement, les deux hommes étaient sous le choc. Ils hochèrent la tête dans un état second, sans proférer une parole. Ils prirent le parchemin quand Lestat le désigna, et étaient sur le point de s'en aller, mais l'un des deux fit volte-face et retourna vers le jeune homme.
– Je, hem, suis prêt à porter plainte. C'était l'un des nôtres. Mais il vaudrait mieux trouver son groupe d'origine.
– Ha, mais ça, c'est plus votre travail que le mien. Je n'ai pas envie d'aller fouiner chez lez Azorius, ça me coûte trop cher en médecine contre la migraine. Si vous voulez bien, rentrez chez vous pour ce soir, et déposez votre plainte demain matin, au plus tôt, au ligueposte Wojek à 30 minutes d'ici. Comme ça, on pourra reprendre l'enquête en profondeur. »

L'homme acquiesca faiblement et disparut dans la nuit d'un pas pressé, flanqué de son acolyte. Il semblait visiblement terrifié à l'idée de croiser le grand félidé, à la plus grande satisfaction de Lestat. S'il avait peur, il se dépêcherait de porter plainte, et ça ne pouvait que l'arranger. Les deux jeunes gens se tournèrent ensuite l'un vers l'autre et prirent la parole en même temps.

« Et maintenant, on fait quoi ?
– Au fait, tu t'appelles comment ?
– Oh, moi c'est Neelahn. Et merci pour le sauvetage et tout ça, d'ailleurs.
– Pas de souci. Demain soir, j'pourrais p'tet avoir des hommes avec moi. Pas beaucoup, mais toujours plus que là.
– Donc... On se retrouve au ligueposte que tu as mentionné demain soir ?
– Si t'es toujours partante pour une partie de chasse au chat, yup. »

Neelahn sourit et hocha de la tête d'un air qu'elle espérait assuré, avec une petite pensée pour ses amis. Puis elle disparut dans la nuit, espérant avoir le temps de se reposer un peu. Une sieste sur une cheminée ne semblait plus si désagréable, désormais...
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MessageSujet: Re: L'antre des félidés   Ven 15 Juil 2016 - 18:06

Lorsque Neelahn arriva devant le ligueposte, deux Boros attendaient déjà. Elle ralentit légèrement le pas, cherchant Lestat du regard, et salua les deux hommes. Au même moment, le jeune guildé la dépassa sans la voir.
** Décidément, ça devient une habitude...**
Il prit à peine le temps de jauger du regard les deux hommes, et leur fit un salut militaire.

"Bonjour soldats ! Vous savez pourquoi vous êtes là ?
– Ah ! Vous devez être Lestat ! J’étais en train de parler à mon collègue des joies de la taverne proche de Selesnya. Il se passe toujours plein de choses, là-bas. Une fois, il paraît même que le pontife Rahinov a… Bon, en fait, ce n’est peut-être pas le bon moment-là… Je suis Zerka, enchanté. A qui ai-je l’honneur ? Qui est cette charmante demoiselle ? 
Celui qui avait parlé était assez grand, tout rutilant dans son armure bien polie, et avait un petit sourire aux lèvres. Sourire qui ne disparut d'ailleurs pas lorsque son compagnon, plus jeune et plus petit, lui mit un coup dans les côtes avec une force un poil exagérée. Celui-là paraissait nettement moins propre sur lui, il avait les traits tirés, mais il était visiblement plus poli parce qu'il fut le seul à rendre son salut à Lestat.
– Wojek Dréo, et il s’agit de mon collègue. Il n’en a pas l’air comme ça, mais il est excellent. Il a juste quelques problèmes avec… Les femmes. On nous a parlé en gros d’une affaire de félin. ‘paraît que vous êtes Jeks depuis pas très longtemps ? Qui vous accompagne ?
– Je vais lui laisser le soin de se présenter elle-même, soldats ! Lestat eut un clin d'oeil pour Neelahn, qui n'eut d'autre choix que celui de prendre la parole.
– Je m'appelle Neelahn. Je ne suis personne en particulier, il se trouve simplement que j'étais là lorsque le gros chat est apparu pour la première fois devant Lestat. C'est d'ailleurs grâce à lui que je n'ai pas été dévorée. Du coup, je me sens un peu redevable, et curieuse aussi, ce qui explique ma présence ici !"
Les deux autres jetèrent un bref regard appréciateur au jeune Wojek, qui déjà reprenait la parole, ne voulant pas s'étendre sur ses exploits.
** Il est modeste, c'est adorable !
– Chut, pas de sarcasmes.**
"Sinon, concernant l'affaire, on a eu affaire hier soir à un big maousse de plusieurs mètres de haut, des griffes ressemblant à du verre, et de longs poils blancs et noirs. Et ce machin a éventré un Azorius alors qu'il nous poursuivait. Le chat, pas l'Azorius.
– Hum… On en a entendu parler. Visiblement, il a surgi a divers endroits hier soir. Enfin, ce n’est pas encore la chose la plus bizarre qui existe dans notre bon vieux Rav. Vous avez des infos sur le matou ? Les labmages peut-être ?
La réponse de Zerka s'accompagna d'un souffle bruyant.
– Je n'ai pas eu de réponse des labmages pour l'instant. On devrait directement aller les voir, parce que si on attend qu'il nous envoie l'info, ça peut durer des plombes."

Ses trois acolytes acquiescèrent en silence, et tous s'engouffrèrent dans le ligueposte, récupérer les informations qui leur manquaient. Ils se rendirent rapidement compte que les labmages n'avaient qu'un temps très limité à leur accorder. Un petit homme agité arriva vers eux, et Neelahn ne put s'empêcher de fixer, fascinée, sa paupière gauche qui tressautait fébrilement en permanence.

** J'aime pas trop cet endroit.
– Tu te sens plus à l'aise lorsque Nee décide d'aller voler des Rakdos ?
– Ne t'en fais pas, avec un peu de chance ça ira vite...**
"Vouspouvezvoirquelesgriffessonttoutàfaitremarquablesparcequeçaressembleàduverremaisçaenestpasc’estplutôtuncondensédechitinecommepourlesinesctes. Il prend une pause. Sinononapasgrandchose.  Surtoutjusteungroschatavecpleindedentsmaisquiaduêtrecroiséavecpleind’autresespècespuisqu’ildoitsûrementyavoirdescroisementsavecdesinsectesetd’autrestrucscommedesgavialettoutça.
En entendant le petit homme parler à une vitesse hallucinante, Neelahn eut beaucoup de  peine  à étouffer son rire. Effectivement, c'était allé vite. Lestat, quant à lui, était partagé entre la surprise et l'agacement.
– Euh... Merci bien. Donc chat, insecte, gavial, et sûrement d'autres conneries... Génial.
Et il se dirigea droit vers la sortie, sans plus un regard pour les labmages. La partie de chasse allait enfin commencer. La Sans-Guilde décida donc qu'il était temps pour elle d'intervenir.

– Hier soir, en remontant les empreintes laissées par le chat, on a trouvé la maison de son propriétaire. Enfin, c'est très probablement son propriétaire. On vous y emmène ? Enfin, si vous n'avez rien contre un peu d'escalade...
Ses dernières paroles la firent frissonner d'excitation. Elle avait hâte de prendre les hauteurs, hâte de...
– On n'est pas forcé d'escalader non plus. J'suis plutôt à l'aise avec la grimpette mais j'prend pas mon cas pour une généralité. On sait où c'est, on a qu'à y aller normalement. Tu sais, par les rues. Les rues.
Les paroles de Lestat douchèrent net son enthousiasme. Le ricanement qui accompagna ses deux derniers mots ne parvint pas à la dérider. Elle leva les yeux au ciel, pour la forme, mais ne protesta pas. Du moins, pas à voix haute.
**Rabat-joie.**
– Évidemment que vous y emmenez.
– Yup, en espérant que ce soit pas le chat qui nous trouve... Ça fait con, dit comme ça.
– Il a attaqué dans les mêmes heures hier soir ? 
– Non, il était plus tard il me semble. Après minuit.
– Je confirme que la nuit était tombée depuis plus longtemps.
– Bon, très bien. En route alors."

La partie de chasse que Neelahn fantasmait ressemblait plus à une balade de santé. Elle pensait qu'elle et Lestat ouvriraient le chemin, mais Zerka prit naturellement la tête des opérations. Il évoluait dans les rues avec une aisance stupéfiante, comme si l'architecture Azorius était tout ce qu'il y a de plus banal. Dréo ne semblait pas étonné outre mesure – l'habitude, sûrement. Plusieurs fois, les deux jeunes eurent l'impression que Zerka allait leur faire perdre du temps, avec ses détours, mais il semblait finalement qu'il prenait des raccourcis. Ils se résignèrent donc et l'écoutèrent – plus ou moins – parler. En réalité, la Sans-Guilde avait pris le parti de rester un peu en arrière, et s'amusait à s'aggriper aux parois et faire des bouts d'escalade lorsque personne – croyait-elle– ne la regardait.

"Vous savez, après presque 40 ans dans ces rues, on les connaît par cœur. Mais ils s’amusent souvent à les changer. On ne s’ennuie jamais ici. Ça change souvent. Tous les 6 mois je dirais. On rajoute des rues, on en retire… Autant dire que pour la mémoire, c’est plutôt pas mal. Dites, là qu’on est à marcher — et qu’on arrive d’ici cinq minutes environ — vous auriez pas des choses à me raconter ? Les Orzhovs par exemple ? Il paraît que ça bouge pas mal par chez eux ? Les Golgaris aussi non ? Puis avec les Seles, et le jour de la convocation qui arrivent l’année prochaine… Vous imaginez le boulot ?
– Tu sais que tu devrais pas, tu les incommodes je parie, Zerka.
– Ils sont un peu comme des Boros ! Ce sont des collègues ! C’est important, les bonnes relatios entre collègues ! Quand tu auras plus d’expérience derrière toi, tu comprendras. 
– Lestat est plus qu'un peu comme un Boros. C'en est un. Neelahn avait réagi au quart de tour, incapable de s'en empêcher. Sinon, je ne suis absolument pas au courant de ce qu'il se passe dans les Guildes.
– Ahem, je suis un Boros. Et fier de porter l'uniforme, de plus !
– En tant que marchesaillie, tu dois bien voir des choses ! Comme les mines Rakdos. Je suis sûr que tu y passes régulièrement une tête !"
Zerka fit un clin d'oeil à la jeune fille, qui se renfrogna aussitôt.
** Je t'avais bien DIT que c'était dangereux ! Pourquoi tu ne m'écoutes jamais ?
– Parce qu'elle n'écoute aucun de nous ?
– Et voilà, maintenant elle a été repérée par les Boros... Pour la discrétion, tu repasseras.
– Oui bon, ça va, je débute.**
Puis il posa la main sur l'épaule de Lestat, d'un air paternaliste.
"Tu sais mon gars, je crois qu’on va bien s’entendre. Bien sûr que t’es Boros, t’as ça dans le sang. Ça se voit, à comment tu portes l’uniforme. Si on pouvait avoir que des gars comme toi, le district se porterait bien mieux… Vu comment ça évolue dans le coin…
– Je ne m'intéresse que très peu aux autres guildes. La notre est déjà assez compliquée comme ça pour que j'aille m'emmerder avec d'autres histoires.
– Mais tu te dis pas que ce qui se passe dans les autres guildes nous impacte directement ?
– Sans doute. Mais je m'en fiche un peu. J'ai que seize ans, donc la politique, ça me gonfle vite.
À ces mots, Neelahn ricana légèrement – tout en continuant d'afficher un air boudeur.
– Bon, vous êtes pas très bavard hein… ? Ok ok.
– Pas vraiment loquace, mais on essaie d'apprendre.
**Parle pour toi.**
– Clope ?
Dréo en prit une, mais Zerka refusa poliment, pour mieux repartir dans un autre monologue.

–  Tu sais gamin, j’étais un peu comme toi au début. Bon, je suis rentré quand j’étais plus vieux, mais j’étais comme toi. Puis on grandit, on comprend le monde. On voit des sales histoires. Au début, le quartier Azo, c’était la belle vie. Pas grand chose à faire, on avait beaucoup de monde. Et puis les Azo quoi, il se passait pas grand chose. Les lois les protègent eux avant tout. Puis, petit à petit, l’atmosphère a changé un peu ? Tu sais, comme quand tu regardes dans le miroir, et que tu as l’impression que tu es différent, mais tu ne sais pas trop quoi. Tu regardes, tu regardes, mais tu vois pas. Alors tu continues comme avant. Mais les histoires dégueulasses, elles sont arrivées ici aussi. J’avais que 11 ans de plus que toi quand mon partenaire s’est fait tuer en plein jour. Un espèce de fanatique. J’ai passé 6 mois, 5 jours, 4 heures et 13 minutes à le traquer. Je me souviens encore de l’heure du meurtre, et de celui de sa mort.  Sa voix semblait chaude et caressante. Comme s'il racontait un bon souvenir.  Un vrai connard ce type. Il s’est débattu pendant des heures, je me souviens. Je ne sais plus ce qui m’a le plus plu. Son regard quand il a compris qu’il allait passer de longues, très longues heures avec moi, ou ces très longues heures justement…Enfin, en tout cas, ce quartier, c’est plus ce que c’était. Même Dréo, qui n’est mon partenaire que depuis 4 ans, peut te le confirmer. Les effectifs diminuent, et la faune change ici. Je te brulerais tous ces déchets moi. Putain de merde, dire que les golgo nourrissent ça… Un bon Rakdos est un Rakdos mort.
– Ce que tu dis a un petit côté dérangeant.
Neelahn fixait Zerka, à moitié effrayée, à moitié fascinée par ses paroles. Lestat, en revanche, n'avait pas les mêmes problèmes de conscience.
– Sur ce point, je suis d'accord. Un bon Rakdos est un Rakdos mort. Et si c'était un de ces fanatiques qui a enlevé ton partenaire, eh bien, il n'aura eu que la monnaie de sa pièce. Les Rakdos aiment la torture, non ? J'espère qu'il en a fait une indigestion.
Dréo choisit ce moment pour se racler bruyamment la gorge. Lui aussi semblait très mal à l'aise. Il fit les gros yeux à son camarade, et redirigea la conversation vers un terrain plus neutre.
– Et toi Lestat, tu comptes rester ici, dans le district après ?
– Haha, non, pas vraiment. J'ai un père de substitution vers qui aller. Je n'ai encore que seize ans, gardez ça en tête. Et je n'ai pas, à mes yeux, encore fini ma formation de soldat ... Blakor n'a pas fini d'entendre parler de moi ! Quand je serai plus grand, j'irai dans un disctrict avec de l'action. J'ai envie d'une vie fougueuse, quant bien même elle serait courte.
– Ben p’tit gars, si jamais un jour t’as besoin de quelque chose, viens nous voir. On essayera de voir comment on peut t’aider. Bon, on arrive. Zerka, on évite peut-être de se mettre à découvert non ?
En reconnaissant les lieux, Neelahn envoya ses amis intérieurs en reconnaissance, afin de voir si la tour était vide ou pas. Puis ils suivirent la suggestion de Dréo, et se mirent à couvert.
– On fait quoi maintenant ?"
** Alors ?
– Il y a un mec, un seul. Je saurai pas décrire. Par contre, je peux te décrire les insectes qu'il y avait autour de lui, si tu veux...
– Il y en a plein !
Et sinon, le gars semble occupé, il travaille sur quelque chose, ça a l'air de l'absorber. Donc à priori vous pouvez y aller, mais restez discrets.
– Tu sais Neelahn, la DISCRÉTION ?
– Oui, bon. Il y a une fenêtre dans sa pièce ?
– Non.
– Parfait.**
Leur échange avait été bref, mais suffisamment long pour que la question de Dréo reste en suspens. Peut-être la réponse semblait-elle évidente aux deux autres ?

"Bon, ben je veux bien escalader la paroi de la tour, mais pas toute seule. Elle fit un clin d'oeil à Lestat, qui sourit, visiblement ravi du défi implicite. Et les deux autres entrent par le rez-de-chaussée, comme ça ils peuvent barrer la route à, aux éventuels gens qui se trouvent à l'intérieur.
Neelahn prononça ses dernières paroles avec une ingénuité presque parfaite. Mais l'attention des Boros était de toute manière fixée sur le plus jeune d'entre eux.
– Bah clairement. On passe par deux entrées à la fois. On se tape l'escalade, et vous, gardez la porte. Si vous entendez du bordel, c'est qu'il est temps de venir haha. Non, sérieusement, un sifflement ça vous irait comme signal d'intervention ?
– Parfait. On s’apprête à défoncer la porte alors.
– En gros c'est ça.
** Bon, adieu la discrétion.**
– Euh, il n'y a pas un moyen plus discret d'entrer ?
– Si, nous, en escaladant.
– Eh bien... Essayez de défoncer la porte discrètement, alors."

Et ils se mirent en route sur cette supplique résignée.
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