Magic The Gathering-Jdr

Jeu de rôles inspiré du jeu de cartes
 
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 Neelahn.

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Neelahn
Marchessailie
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MessageSujet: Neelahn.   Dim 20 Mai 2012 - 22:27

NEELAHN




Antan, la guerre a commencé il y a un an.



Lia regardait son bébé. L'accouchement avait été long, et dur, mais finalement, elles étaient toutes les deux en bonne santé. Elle et... Neelahn. Sa fille. C'était Erwän, le père, qui avait choisi le prénom.
Neelahn écarquillait ses grands yeux bleu velouté. Elle ne pleurait pas ; elle contemplait les visages qui l'entouraient. Cinq visages. Les cinq plus renommés de tout Antan. Si seulement il n'y avait pas cette guerre...


                                                 
********** 

                                               
La guerre est finie depuis sept ans. Neelahn a neuf ans.



Neelahn était assise sur les genoux de Brën, maître d'armes de l'Empire, et précepteur de la jeune princesse. Il lui racontait l'histoire de leur monde :
_Il faut savoir que depuis la nuit des temps, Antan est gouvernée par trois Reines : celles-ci sont apparues avant même sa création, comme sorties du néant et, dans la légende populaire, ce sont ces trois Reines qui auraient créé de toutes pièces le monde dans lequel nous vivons à présent. Elles ont été, avec le temps et l'embellissement de la légende, assimilées à de véritables déesses, créatures mythiques d'une beauté inimaginable, venues de temps ancestraux. Elles s'appelaient Thétys, Gaïa et Nout. Toujours d'après les légendes, elles possédaient une magie remarquable. En plus de cela, on disait qu'elles contrôlaient chacune un élément. Par exemple, Thétys contrôlait l'eau.
Personnellement, j'ai toujours pensé que c'était faux. Enfin, je pense que les Trois Reines avaient certes quelques affinités avec les éléments, mais de là à les contrôler... C'était un pas que je me refusais à franchir. Or justement, des récentes études m'ont donné raison ! Bon, le mystère n'est pas encore élucidé, il reste encore énormément de lacunes à combler. Tout laisse à penser en effet que la majorité du peuple d'Antan possède une magie semblable à celle des Reines. Mais cette hypothèse a besoin d'être creusée. Enfin, bref, là n'est pas le sujet !
Je disais donc que les Reines avaient des affinités avec les éléments. Tu t'en doutes, c'est un pouvoir énorme... et convoité ! Le peuple vivait en paix, il était gouverné avec sagesse, lorsque les Arsils arrivèrent...


En entendant ces mots, Neelahn frissonna. Elle savait déjà tout de son monde, mais adorait entendre Brën la raconter. Elle trouvait ça vraiment captivant ! Brën eu une moue amusée, n'ignorant rien de ce qu'il se passait dans la tête de son unique élève. Un sourire dans la voix, il reprit :
_Les Arsils, donc... C'étaient des bêtes affreusement laides et féroces. Elles avaient des ailes de chauve-souris, et des serpents à la place des cheveux. Mais surtout, elles avaient d'immenses pouvoirs. Elles pouvaient invoquer la mort, la destruction et le chaos en un instant. La guerre fut terrible, mais les Reines triomphèrent. Tout le monde était persuadé que les Arsils ne reviendraient jamais. Cependant, leur malfaisance et leur soif de vengeance étaient sous-estimées. Les années coulèrent, longues et paisibles. La paix avait recouvré ses droits. Mais, il y a vingt-cinq de cela, les Trois Reines disparurent. La vie devint dure à Antan. Jusqu'au jour ou trois jeunes filles débarquèrent. Tu sais de qui je parle, n'est-ce-pas ?
-Tu parles de ma maman !
-Oui, mais aussi de Lydie et Loreana. Je disais donc que trois jeunes filles débarquèrent. Elles n'étaient âgées alors que de dix-sept ans. Tous nos espoirs reposaient sur elles, les dernières descendantes encore vivantes des Trois Glorieuses. Et nos espérances étaient fondées. Les trois années qui suivirent furent sanglantes, mais les Arsils furent battus une fois de plus. Et puis... Tu es née, toi aussi. Pendant la guerre, ta naissance nous a prouvé que la vie continuait malgré tous ces massacres. Que l'espoir survivrait toujours.
A ces mots, Neelahn sentit le fard lui monter aux joues. Elle n'avait que neuf ans, et n'arrivait pas à comprendre tout ce que Brën racontait, mais ce qu'il lui disait lui faisait énormément plaisir. Cependant, un doute subsistait. Elle y pensa encore et encore, jusqu'à finalement poser sa question :
_Les Reines ne sont pas censées être immortelles ?
_Pas totalement. On pouvait les tuer avec des armes ou du poison. Mais sinon, oui, elles étaient immortelles.
_Alors pourquoi je les vois vieillir ? Maman n'a pas l'air d'avoir dix-sept ans...
_Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas...
_Et moi, je suis immortelle ? demanda Neelahn, un espoir vibrant dans la voix.
En guise de réponse, Brën ne lui offrit qu'un sourire triste.


                                                     
 **********



Neelahn était assise dans l'herbe soyeuse de la vallée Speranza. Des perles salées déchiraient ses joues rondes avec froideur. Son ventre était pris dans un étau qui l'empêchait de respirer. Elle hoquetait et tremblait. Pourtant, ses larmes et ses tremblements n'avaient que peu d'importance pour elle. La seule chose qu'elle désirait était la compréhension.
Elle voulait comprendre. Comprendre pourquoi elle était rejetée, comprendre pourquoi on la fuyait, comprendre pourquoi on avait peur d'elle. Après tout, elle n'était qu'une petite fille ! Pas un monstre !
Une main chaude se posa doucement sur son épaule. Elle tressaillit.
Se retourna.
Son cousin Agénor, de cinq ans son aîné, lui faisait face. Un sourire lascif dansait sur ses lèvres. Il lui prit le bras, la releva, et la serra contre lui. Sa main caressait ses cheveux dans un geste qui se voulait rassurant, apaisant.
Cette caresse eue l'effet escompté, et peu à peu, les pleurs de Neelahn se tarirent.
Le jeune homme l'emmena à la lisière de la forêt qui se trouvait juste à côté de la vallée.
Lorsqu'ils furent arrivé, il l'assit sur une souche et la regarda droit dans les yeux :
_Si les enfants de ton âge te fuient, c'est parce que tu es une princesse. Ils pensent que tu es fondamentalement différente d'eux, et craignent le pouvoir de ta mère. Tu n'es pas une petite fille Neelahn, tu es une princesse.
_C'est faux ! hoqueta l'enfant. Je suis comme eux ! J'ai onze ans, comme eux ! Je joue aux mêmes jeux qu'eux ! Je rigole comme eux ! Et... je sais pleurer, comme eux... La voix de Neelahn se brisa momentanément, avant de reprendre un peu de force. Ils n'ont même pas essayé de me connaître !
_Je sais... Mais je suis là moi. Ne t'en fais pas, je suis là... La voix d'Aegnor n'était qu'un souffle. Un souffle qui suintait un désir atroce. Le même désir que celui qui luisait dans ses yeux verts.
Neelahn ne s'en aperçu pas. Elle était heureuse d'avoir quelqu'un sur qui compter. Elle s'ouvrit à lui, abandonnant toute la fibre de son être dans ses paroles, ce flot continu de confidences. Lorsqu'enfin elle eut fini, son nouvel ami ne prononça pas un mot. Il se contentait de la regarder. Ce regard qui la dévorait et la brûlait mettait Neelahn mal à l'aise. Elle voulut parler, ou même se lever pour partir.
Aegnor la rattrapa par la hanche.
Il la pressa contre lui, respira avec ivresse le parfum de ses cheveux. Ses mains avides la serrèrent fort. Des larmes perlèrent au coin des yeux de Neelahn, elle se sentait terriblement impuissante. Elle tenta de se débattre, de crier.
Elle ne réussit qu'à se faire embrasser violemment. Une douleur d'incompréhension dans le regard, elle abandonna la lutte. Celui qu'elle aurait aimé considérer comme son frère commença à la déshabiller lentement, parsemant se peau de baisers ardents, et de caresses glaciales. Il l'allongea sur le sol dur, et se déshabilla à son tour. Alors, il glissa sa main jusqu'au plus profond de son intimité, dans un mouvement qui ressemblait à de la tendresse. Il lui murmura :
_Je ne veux que ton plaisir... Je suis là pour te protéger. Je ne te ferais jamais de mal.
Sa voix avait les échos de la sincérité. Neelahn se demandait comment il pouvait croire à un mensonge aussi abject.

Une éternité. C'est le temps que durait chaque étreinte, chaque frôlement, chaque embrassade. Neelahn ne disait rien. Les paupières fermées, elle attendait. Encore, et encore. Se répétant inlassablement la même question : "Pourquoi ?".
Soudain, tout s'arrêta. Aegnor se leva, s'écarta, et lui ordonna de s'habiller. Elle obéit sans poser de question. Comme à son habitude, elle mit son haut dans son pantalon. Son cousin, qui la regardait d'un œil critique, lui dit de l'enlever :
_Tu n'es plus un bébé. Tu es une grande fille, désormais...
Neelahn s'exécuta, et frémit à l'idée de tout ce que cette phrase pouvait impliquer. Elle aurait tellement aimé rester un bébé... Mais aurait-elle été épargnée pour autant ? Elle en doutait.


                                                       
**********


Près de la Rivière Argentée, Lia tournait en rond. Ses deux Amies, Lydie et Loreana tentaient en vain de la rassurer, mais elle ne voulait rien savoir. Elle était inquiète.
Inquiète pour Neelahn.
Oh, il ne s'était rien passé d'important. Juste quelques incidents mineurs par-ci par-là. Mais elle sentait bien que quelque chose n'allait pas. Elle avait changé. Qu'avait-elle dit déjà ?
"Je ne suis plus un bébé. Je suis une grande fille désormais." En soi, ça n'avait rien d'inquiétant. Tous les enfants passent par là. Mais, à ce moment là, ils sont censés gagner en assurance. Pas avoir cette attitude fuyarde à tout bout de champs.
Lasse, elle se prit la tête dans la main.
_Rien n'est jamais facile...
_Je sais, sembla lui murmurer l'eau.
Apaisante.


                                                   **********
 

                                                                                                             
Monde de l'Oubli



Gabrielle ouvre les yeux. Elle est arrivée.
La Palmyre.
Cette force qui vibre en elle et conduit ses pas n'arrête de gagner en puissance. Maintenant plus que jamais. Elle coule en elle, fluide, porteuse d'un appel à l'aide déchirant.
Gabrielle n'a d'autre choix que de s'y soustraire.
Confiante en la force rayonnante, elle avance.


                                                     
********** 



                                                                             
Antan, Neelahn a 11 ans



La foule murmurait fébrilement. Une jeune fille venait de franchir le Porte ! Elle était revenue !
Elle n'avait pas oublié.
Tout Antan était en émoi. Neelahn regarda Brën d'un air interrogateur, et, poussée par une curiosité dévorante, lui demanda pourquoi la jeune fille faisait autant d'effet.
_Le Monde de l'Oubli porte bien son nom. Ceux qui vont y vivre ne reviennent jamais. Il n'y a eu que quelques rares exceptions au cours de l'Histoire, et tu les connais.
_Hum... Il y a toi, ma maman, Lydie, Loreana, et qui d'autre ? questionna la princesse, sans se douter qu'elle était la seule à pouvoir parler des Trois Reines et du Maître d'armes avec autant de désinvolture.
_Il y a mes sœurs, qui ont élevé les Trois Glorieuses, et leurs familles.
_Ah... d'accord.
Neelahn mourait d'envie d'en savoir plus. Mais son regard croisa celui d'Aegnor. Elle se rappela que celui-ci ne supportait pas Brën. Aussitôt, son attitude se modifia. Elle qui était attentive prit une posture de défi, un soupçon de mépris dans le regard. Son précepteur l'observa quelques secondes, avant de hausser les épaules d'un air désabusé.

La jeune fille se présenta devant l'assemblée qui lui faisait face, la tête très légèrement courbée. Elle se présenta brièvement.
Elle s'appelait Gabrielle, et était âgée de 13 ans.
Puis, elle répondit aux questions qu'on lui posa :
Oui, elle avait trouvé la porte seule, non elle ne savait pas comment, non, elle ne vivait pas à La Palmyre, non, il n'y avait aucun danger et oui, elle comptait rester à Antan si elle était acceptée.
Elle fut accueillie par des cris de joie.
Elle se retourna, et son regard croisa celui de Neelahn.
Echange intense et fugace.
Echange parfait.

Neelahn comprit à cet instant que sa vie allait être bouleversée par la venue de cette jeune fille.


                                                         
********** 


                                                                                                   
Neelahn a 12 ans



Neelahn regardait son reflet dans son miroir. Elle était nue, et observait chaque pore de sa peau, détaillait son corps sous toutes ses coutures. Elle n'avait aucune trace quelconque, à par une cicatrice causée par un chat, et une brûlure due à une chute de cheval. Rien de très voyant.
Pourtant... Sa peau lui paraissait tellement sale. Souillée. Elle la haïssait, comme elle haïssait ce corps qui ne lui appartenait plus vraiment. Elle voyait sans les voir chaque empreinte laissée par Aegnor, chacun de ses baisers, chacune de ses caresses. Elle sentait ses mains se refermer sur elle, dans une étreinte irrésistible. Elle revoyait tout, chaque scène. Que ce soit à la lisière de la forêt, dans le lit d'Aegnor ou la salle de bain de sa tante Nëya, sur le sol froid, si froid... Elle se souvenait de tout. Et elle regardait sa peau, et elle regardait son corps...
Elle tomba à genoux, emportée par une vague de dégoût.
Elle resta là longtemps. Quand elle eu trop froid, elle se releva et s'habilla. Puis, elle sorti retrouver Gabrielle, sa seule amie. Comme si de rien n'était.
Néanmoins... Elle sentait une brûlure. Une sensation atroce, qui lui donnait envie de s'arracher la peau.


                                               
**********


Neelahn exultait. C'était son premier saut à cheval. Pendant quelques instants. Elle avait cru voler. Elle n'avait qu'une hâte, recommencer encore et encore. Elle adorait l'équitation. Elle adorait galoper, les cheveux au vent. Dans ces moments là, elle se sentait en parfait équilibre entre ciel et terre. C'était une sensation prodigieuse et enivrante.
Brën salua son saut d'un hochement de tête appréciateur. Sa jeune élève était douée. Pourtant, elle n'avait pas une force physique exceptionnelle, ou une souplesse remarquable. Bien au contraire ! Elle était fainéante, et avait horreur du sport. Malgré ça, dès qu'elle était sur une selle... Elle paraissait revivre. Elle était heureuse, cela se voyait au sourire qui illuminait continuellement son visage. Elle pouvait monter des heures et des heures sans montrer le moindre signe de fatigue. Mais cette endurance n'était qu'une illusion. Neelahn puisait ses ressources dans son bonheur, pas dans ses forces physiques. Plus d'une fois, il l'avait vu s'effondrer en descendant de cheval, après une séance particulièrement éreintante, alors que l'instant d'avant elle donnait l'impression d'être en pleine forme. Il ne l'avait pas vu de ses propres yeux, mais Rodric, le mari de Nëya, lui avait certifié qu'il observait à peu près la même chose quand la princesse faisait de l'escalade.
_Je peux faire une balade ? demanda la cavalière d'une voix remplie d'espoir.
Elle n'avait pas fini sa leçon, et aurait du continuer à travailler le saut, mais Brën n‘eut pas le cœur de lui refuser. Il ne lui refusait jamais rien. Il la laissa partir.
Il la vit se diriger vers la forêt au pas, toujours avec ce sourire lumineux collé à ses lèvres.



                                                         
    ********** 




                                                                                                      Neelahn a 13 ans


Deux jeunes filles allongées près de la Rivière d'Argent. Une fille habillée tout en noir. L'autre en bleu ciel et marron clair. Elles regardent les étoiles ou le reflet d'Ilia, la planète violacée, dans l'eau.
De là où elles se trouvent s'élève un chuchotement amusé ponctué d'éclats de rire.
Si un observateur s'était approché, il aurait pu entendre une étrange conversation, que Gabrielle lança :
_Tu veux jouer aux Surréalistes ?
_Aux Surréalistes ? demanda Neelahn, intriguée.
_Je t'expliquerais ça une autre fois. Hum, je pose une question dans ma tête, tandis que toi tu penses à une réponse, et ainsi de suite. Tu vois ?
_Oui, je crois. Tu commences à poser la question ? Je pense avoir une réponse.
_D'accord. Qu'est-ce que la neige au caramel ?
_La source de l'Art. A moi ! Qu'est-ce que la vie ?
_Un tourbillon de papillons. Qu'est-ce que le regret ?
_Une étoile qui nage. Que devient un rêve qui se brise ?
_Un rire qui vole en éclat. Où mènent les rêves ?
_Au miroir cassé. Qu'est-ce que la vérité ?
_Un point sur la mer des astres. Qu'est-ce que la pluie ?
_Une fraicheur malvenue. Qu'est-ce que le feu passionnel ?
_Un nuage velouté. Qu'est-ce que l'amitié ?
_Une éclipse vanillée. D'où vient l'espoir ?
_D'une averse sucrée. Qui est votre Dieu ?
_Un cadavre noyé dans du vin.
Neelahn regarda Gabrielle, une lueur amusée dansant dans son regard, parfait écho à celle qui illuminait les yeux de son amie. Elle ne voulait plus de questions, ni de réponses.
Juste un silence partagé.
Elle leva les yeux vers les étoiles, les mêmes qui se reflétaient dans ses prunelles.
Un long moment s'écoula. Eternité éphémère.


                                                       
**********


_Le mieux serait que tu me dises à quoi tu penses depuis tout à l'heure, tu ne crois pas ? La voix de Gabrielle était un souffle moqueur qui brisa le silence semblant vouloir régner. Sa jeune amie ne s'en offusqua pas. Elle trop étonnée par la finesse et la subtilité dont elle savait faire preuve. Elle la regarda avec une moue admirative, à laquelle la fille en noir répondit par un clin d'œil.
_J'ai fait... un rêve cette nuit, commença-t-elle d'une voix hésitante. Mais tu vois, ça n'a aucun rapport avec ma vie. J'étais plongée dans un autre monde, un monde de cauchemar. Il s'appelait... Nocna-mora. Dedans, je suivais la progression d'un homme. Thomas. Il n'était pas seul, mais c'est lui qui m'a le plus marqué, je crois. Tout son être semblait hurler sa douleur. Sa douleur et son espoir. C'était de ça uniquement qu'était constituée sa vie. Il paraissait si sombre ! Et pourtant, il brillait. Je ne sais pas comment te dire. Je sentais en lui des choses atroces, inhumaines, et pourtant... Une force rayonnante s'échappait de lui. Et il criait. Silencieusement, mais il criait. Lucie, Lucie, Lucie... Il ne vit que pour elle. Et elle... Oh, elle est très jolie. Elle semble si douce, si fragile ! Et elle est enveloppée d'une aura chaude et lumineuse, où partout est écrit Thomas. Mais je crois qu'elle est morte. Et ça fait mal. C'est pas juste, tu sais.
Une larme déchira sa joue pâle. Unique.
Elle vivait encore dans son rêve, et ressentait chacune des émotions comme si elles étaient siennes.
Gabrielle lui prit la main, et la serra très fort. Elle mit toute sa force dans cette faible étreinte.
Neelahn voulut parler. Ouvrit la bouche.
La referma, incapable de trouver les mots adéquats.
Une écharpe de brume vint s'enrouler autour de la jeune fille en noir, la caressa, lui susurrant le mot que son amie n'avait pas su lui dire : "Merci".


                                                     
  ********** 

                                                                                                         
Neelahn a
15 ans.


Elle attendait.
Encore, et encore. Et ne supportait plus l'attente.
Attendre quoi au juste ? Un signe, une présence ?
Elrohir ?
Mais il ne viendrait pas ! Elle le savait. Il avait peur, il n'osait pas. Peur de quoi ? Oser quoi ?
Tomber amoureux de Neelahn, fille de Lia, une des Trois Reines, Princesse d'Antan. Evidemment, vu comme ça... Elle sourit. Non, il ne viendrait pas. Mais ce n'était pas si grave. Il l'aimait, il lui avait dit. Cela seul comptait. De plus, elle avait réussi à cacher leur lien à Aegnor.
Neelahn frissonna. Elle ne voulait pas y penser. Si elle y pensait, les démangeaisons reprendraient et...
Trop tard. L'envie de s'arracher la peau revint, toujours accompagnée de ses fidèles amis, le dégoût et le mépris.
 

                                                   
  **********



Neelahn releva la tête. Une personne se trouvait là. Une fille, probablement plus âgée qu'elle. Après un instant d'hésitation, elle prit la parole :
_Bonjour, je suis une amie de Gabrielle, et je sais que vous êtes très proches. Comme je n'ai plus de nouvelles d'elle depuis un moment, euh... Je voulais te de… vous demander, si vous saviez ce qu'elle a... Votre Altesse.
Elle paraissait tellement gênée que Neelahn éclata de rire.
_Tu t'appelles comment ? Je ne suis pas ton altesse, ne m'appelle pas comme ça. Je suis Neelahn.
_Moi c'est Lily. Et euh... Alors, pour Gabrielle ?
La jeune princesse eu un sourire triste.
_Non, je n'ai pas de nouvelles d'elle. Elle me manque, d'ailleurs. Enfin bon, elle reviendra bien un jour !
Lily acquiesça, et se mit à parler. Vite. Très vite. Si vite que Neelahn ne parvenait à comprendre que quelques bribes de ce flot ininterrompu de paroles. Pourtant, un grand sourire s'étalait sur son visage. A par Gabrielle et Elrohir, c'était la seule personne à lui parler normalement. Bien sûr, les membres de sa famille ne comptaient pas.


                                                 
**********

Neelahn riait aux éclats. Le spectacle qui se déroulait sous ses yeux ne l'intéressait guère, mais ses deux amies n'arrêtaient pas de faire des remarques hilarantes. Lily s'était lancée dans une imitation grotesque des jeunes nobles qui fréquentaient Speranza, avant de laisser place à Gabrielle, qui elle avait décidé de parodier son monde. L'unique héritière du trône était heureuse. Elle était entourée de deux personnes merveilleuses, elle avait raconté à sa mère ce qu'Aegnor lui avait infligé pendant toutes ces années... Elle se sentait libre. La seule ombre au tableau était la perte d'Elrohir, ou "l'idiot du village", comme l'avait rebaptisé Lily.


                                                     
********** 

Neelahn a 16 ans.



Attablée à son bureau, une feuille de parchemin vierge devant elle, une plume dans la main, Neelahn tremble. Elle a l'impression de brûler de l'intérieur. Des mots dévorants veulent sortir, mais elle ne sait pas comment les faire sortir. Elle ne sait pas ce qu'ils veulent dire.
Elle ferme les yeux.
Inspiration, expiration.
Un rêve ancien remonte à la surface. Nocna-mora.
Neelahn sourit. Ouvre les yeux. Et se met à écrire.
Course glacée dans les bois enneigés, espoir ténu invaincu. Thomas court.
Neelahn écrit.
Horreur désespérée face au carnage qui lui fait face, entourant un étrange bâtiment aussi sombre que disproportionné. Thomas entre.
Neelahn écrit.
Début d'une amitié à la couleur du sang, détresse partagée avec le reste des hommes en blanc. Thomas rencontre Gabriel.
Neelahn écrit.
Tornade dévastatrice, faible étincelle devenant brasier incandescent. La rébellion commence.
Neelahn écrit.
Rires sauvages et exaltés, sang coulant abondamment, vengeance mortelle... Les cerbères sont vaincus.
Neelahn écrit.
Onde de joie incoercible, bonheur absolu. Thomas retrouve Lucie. Gabriel retrouve Sarah.
Neelahn écrit.
Explosion de douleur, déchirement du voile obscur qui les aveuglait, fatalité injuste. Lucie et Sarah sont mortes.

Neelahn se remet à trembler. Elle n'écrit plus. Elle sait tout, elle sait le passé de chacun des personnages. Elle sait les moindres détails de son histoire, mais n'a plus envie d'écrire.
Son histoire ?
Non. La leur. Elle n'était là que pour en laisser la trace.


                                                   
**********


Neelahn lisait les poèmes de Daeron, un jeune homme de 24 ans. Comme à chaque fois qu'elle les lisait, elle se sentait s'envoler, emportée par la magie que les mots contenaient. Elle sourit au poète. Dernièrement, ils s'étaient rapprochés, et cela la ravissait. Elle tenta d'exprimer ce qu'elle avait ressenti en lisant ses textes, en vain. Les mots lui manquaient cruellement, et elle ne parvint qu'à baragouiner une phrase creuse, espérant que Daeron comprendrait malgré tout.
Celui-ci la regarda avec un air aussi condescendant que haïssable. D'une voix acide, il la pria d'arrêter de commenter ses poèmes si c'était pour dire des choses aussi inutiles.
Puis, il enchaina en faisant une liste de tous les défauts de la jeune princesse, que ceux-ci soient véridiques ou non.
_Et tu ne t'es jamais dit que tu pouvais te comporter de manière intrusive ? Tu parles d'une manière grandiloquente, tu es fausse, et je ne me trompe jamais. L'avenir nous prouvera que j'ai raison.
De tout son discours blessant, Neelahn n'avait compris que quelques phrases. Elle le regarda, ébahie. Puis, elle lui tourna le dos, et partit sans un mot, ne voulant pas gâcher tous les souvenirs qu'elle avait de lui par des paroles offensantes. 


**********


Un chuintement. Un souffle sur son cou. Un sentiment confus de danger.
Neelahn ouvrit les yeux. Cligna des paupières, tentant d’éclaircir sa vue brouillée. Hurla en voyant l’homme qui lui faisait face.
Celui-ci réfléchit à toute vitesse. Il devait la kidnapper, mais surtout, surtout ne pas la tuer. Sauf qu’elle avait crié, donc ils ne seraient bientôt plus les seuls dans cette chambre. Et que ses parents devaient être prévenus qu’une nouvelle guerre allait éclater, sinon ses supérieurs allaient le tuer.
Son poignard perça le flanc de Neelahn. Il n’avait touché aucun organe vital, elle survivrait.

Quand Brën et ses parents arrivèrent, la princesse était seule, une mare de sang autour d’elle. Elle leva vers eux des yeux implorants ; ils se précipitèrent vers elle avec affolement.


**********

_ Ca va Lily, je vais bien !
_ Tu es sûre ? Tu veux que je fasse quelque chose ? Tiens, si tu veux, je vais te chercher… Lily se tut en voyant le regard agacé de son amie, laquelle soupira bruyamment. Cela faisait bientôt deux semaines qu’elle était guérie, mais ses deux amies n’arrêtaient de s’inquiéter pour elle.
Mais si elle ne voulait pas se l’admettre, elle aussi s’inquiétait. Elle avait peur. Mais elle s’était fait la promesse que si elle se retrouvait de nouveau face à un ennemi, elle saurait se défendre. C’est pourquoi elle se mit à travailler avec plus d’acharnement les sports de combats et le maniement des armes. Elle n’avait ni la force, ni la souplesse qu’elle espérait, mais ses efforts payaient. Elle gagnait en vitesse, en précision et en fluidité. Elle faisait également beaucoup de progrès dans le tir à l’arc, domaine qu’elle affectionnait particulièrement. Sinon, elle se débrouillait assez bien avec un poignard entre les mains, alors qu’avec une épée ou une hache, elle était sûre de se faire battre à plate couture.
Depuis peu, elle avait commencé à s’intéresser à la magie. Si elle en comprenait les bases, elle était très loin de savoir la maitriser. Mais elle persistait. Elle s’entrainait, encore et encore, dans l’espoir d’oublier la peur qui lui brûlait les entrailles et l’empêchait de respirer.


**********


Brën regardait Lia, un air de perplexité profonde peinte sur ses traits.
_Mais pourquoi vouloir l’envoyer dans un autre monde ? Antan est vaste. Tu pourrais l’envoyer chez les elfes. Elle avait beaucoup aimé son séjour là-bas, lorsque Loreana l’y avait emmené. Je crois même qu’elle s’était liée à un certain Elrohir.
_Je pourrais oui… Si la menace était venue des Arsils, c’est là-bas que je l’aurais envoyée, sois-en certain. Cependant, la menace de vient pas des Arsils. Elle vient de personnes qui complotent dans l’ombre, qui se cachent, se dissimulent. Qui nous dit que certains elfes ne font pas partis du complot visant à détruire le Royaume ?
_Tu n’as pas totalement tort… Mais si des elfes sont susceptibles de faire partie de la menace qui pèse sur nous, cette menace peut également se trouver dans le Monde de l’Oubli tu ne crois pas ? Ici, nous pouvons veiller sur elle. Là-bas, elle sera seule.
_Je n’ai jamais parlé du Monde de l’Oubli.
_Mais… Tu as dit que tu voulais l’y envoyer…
_Non, j’ai dit que je voulais envoyer Neelahn dans un autre monde. C’est tout.
Maintenant, Brën était franchement stupéfait. Il ne comprenait pas où la Reine voulait en venir. A par le Monde de l’Oubli, il n’y avait que…
_Tu n’es pas sérieuse ? Tu ne peux pas l’envoyer là-bas ! Elle ne s’y sentira jamais à l’aise !
_Je suis la Reine. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger mon peuple, murmura Lia dans un sourire triste.
_Tu es aussi une mère !
_Et une mère protège ses enfants ! Le murmure de Lia se transforma en grondement. Brën ne se démonta pas.
_Une mère ne rend pas ses enfants malheureux. Elle n’aura aucun repère. Puis tu sais que Ravnica n’est pas un lieu… sûr.
_Mais personne ne voudra s’en prendre à elle en particulier. Neelahn est douée pour se fondre dans le paysage. Elle s’en sortira.
_Tu ne comptes pas changer d’avis n’est-ce-pas ?
_Non, en effet. J’ai fait mon choix.
_Comment tu comptes faire ça ?
_La magie, toujours la magie.
_Très bien.
Brën sorti en maugréant, laissant seule une mère plus désespérée que jamais.



**********


Neelahn se dirigeait vers les appartements de ses parents, se délectant à l’avance de la tête qu’ils feraient lorsqu’ils apprendraient qu’elle avait désarmée Nëya - même si, au fond d’elle, elle savait qu’elle avait un peu triché. Le simple fait d’y penser lui faisait monter le sourire aux lèvres.
Elle s’arrêta net en entendant des éclats de voix ; mais se curiosité reprenant le dessus, elle s’approcha, afin de comprendre la cause de cette dispute inhabituelle.
Elle fronça les sourcils quand elle entendit son prénom. Arrêta de respirer lorsqu’elle comprit qu’ils parlaient de son futur départ.
La voix de sa mère était implacable, tandis que celle de son père allait en faiblissant. Il dit une chose qui ne dut pas plaire à Lia, car celle-ci se mit à crier que sa fille devait partir dans une longue tirade blessante.
Hurlement sourd.
Neelahn chancela. Se reprit. Tenir droite. Elle guetta une réponse de son père la défendant, refusant de laisser son unique enfant partir, disant qu’il ne la laisserait pas faire… En vain. Son père se tut.
Silence assourdissant.

De l’air. Vite. Elle avait besoin d’air. Elle avait besoin de respirer. Un étau broyait ses poumons, elle hoquetait, haletait, et l’étincelle d’espoir qui avait illuminée ses yeux, lorsqu’elle avait attendu la réponse jamais venue de son père, avait disparue, laissant en place à un sentiment de déception et d’abandon atroce. Elle ne savait pas à qui elle en voulait le plus. Sa mère, et ses paroles certes blessantes mais creuses, ou son père et son silence indifférent, qui en disait plus que tous les mots du monde ? Cette question flotta un instant dans son esprit, avant de se muer en une envie irrésistible de fuir.
Elle devait quitter ces lieux. Elle ne voulait plus voir ses parents. Il fallait qu’elle retrouve ses amies, elle allait tout leur dire, et ensemble elles quitteraient ce royaume. Elle se retourna, et rebroussa chemin, d’un pas lent tout d’abord, puis elle accéléra le pas, elle devait partir au plus vite, elle commença à courir, elle…
S’effondra.
Elle avait oublié de respirer.


**********

Lia faisait les cent pas dans sa chambre. Neelahn avait surpris leur conversation, à elle et à son époux il y avait de ça deux jours. Dès cet instant, tout était allé très vite. Les deux autres Reines avaient été mises au courant du projet de leur amie, ainsi que Brën, Nëya et Rodric, son mari. Tous s’étaient mis d’accord pour que le transfert se fasse au plus vite, afin de ne pas envenimer la situation. Tous sauf la principale concernée. Elle ne voulait pas quitter Antan. Elle ne voulait pas quitter Gabrielle et Lily. Elle ne voulait pas quitter sa famille.
Elle ne voulait pas quitter sa vie.
Mais elle n’avait pas le choix et, au bout de deux jours de réflexion intense, elle commençait à comprendre les motivations de ses parents. Ils l’avaient prévenue qu’ils lui enlèveraient tous ses souvenirs. Cela, plus qu’autre chose, la terrifiait, tout en la rassurant à la fois. Elle n’arrivait pas à concevoir qu’elle puisse oublier tout ce qu’elle avait vécu jusqu’ici, d’un autre côté l’idée d’oublier lui paraissait presque préférable. Si elle ne se souvenait plus, rien ne lui manquerait.
Et pourtant… Elle était là, dans cette pièce pleine de magiciens destinés à l’envoyer dans un autre monde dans elle ne savait rien.
Sa mère se dirigea vers elle, tenant dans ses mains les feuilles noircies de l’histoire de Nocna-mora. Neelahn vit avec une certaine appréhension une boule blanche se former dans la main de Lia, puis se diriger vers les feuilles. Un instant plus tard, quatre formes lactescentes en sortirent, et c’est stupéfaite que la jeune fille vit les quatre personnages qu’elle s’était représentée. Ils s’approchèrent vers elle et, sur un ordre de leur invocatrice, se fondirent en sa personne. Aussitôt, elle sentit comme des rumeurs dans sa tête, un chuchotement ténu et agaçant. Apparemment, ils cherchaient leurs marques. Elle ne se doutait pas qu’ils se manifesteraient bientôt.
La princesse redirigea son attention vers les membres royaux qui l’entouraient. Elle distingua également quelques personnes qu’elle ne connaissait pas, et qu’elle n’avait pas remarqué. Son cœur se serra quand elle comprit qu’ils seraient les garants de ses souvenirs. Une sphère noire striée de bleu se mit subitement à flotter au dessus d’eux. Cette fois, Neelahn ferma les yeux lorsqu’elle l’aperçue en mouvement.

La sensation était d’abord imperceptible. Puis, peu à peu, elle sentit sa mémoire défaillir. Elle avait l’atroce impression qu’on lui enlevait des bouts de son être. C’était pire qu’elle ne l’avait imaginé. Désespérée, elle s’accrocha de toutes ses forces à certains souvenirs chers. Souvenirs qui la fuyaient malgré tout. Seul son prénom restait gravé en elle. Au mieux, elle réussi à retenir quelques phrases, des phrases qui l’avaient marqué d’une façon ou d’une autre. Puis une sensation de peur, de dégoût… Une autre de déception, ou encore une impression de voler. Mais surtout, elle garda enfouie au fond d’elle ce sentiment d’harmonie devant la beauté d’un soir de printemps, ce silence partagé, ces mots échangés… L’impression qu’on tenait réellement à elle. Le bonheur qu’elle avait découvert. Elle garda au fond d’elle un souvenir, certes confus, mais réel, de ses deux amies. Gabrielle et Lily.

Vidée du reste, elle s’effondra, s’abandonnant au ténèbres encore une fois.


**********


Neelahn flotte. Engourdie, elle nage à la frontière du sommeil et de l‘éveil. Rêve et réalité. Tout cela est-il réel ?
Un chuchotement parvint à ses oreilles. Elle entrouvre ses yeux. En silence, elle contemple pour la dernière fois les cinq visages qui lui font face.
Les cinq plus renommés de tout Antan. Deux autres visages apparaissent devant elle, un peu en retrait. Si seulement il n’y avait pas…
Lumière.
Un halo blanc déchire l’obscurité qui l’entoure. Il s’approche d’elle, l’enroule…Elle sent l'énergie qui s'émane de lui. Qu'est-ce donc ? De la magie ?
La lumière blanche l’emporte.
A Ravnica.


**********


Neelahn marchait d’un pas lent. Elle errait sans trop savoir où elle allait, comme elle faisait depuis deux ans. Elle s’était réveillée un soir, dans une rue inconnue, sans aucun souvenir de ce qui s’était passé avant. Elle se rappelait uniquement de son prénom, de son âge, et de quelques sensations aussi fugaces que nébuleuses.
Depuis ce réveil, elle ne savait pas trop que faire. Elle travaillait parfois dans des auberges pour se payer de quoi vivre, rendait quelques services… Mais n’arrivait pas à rester sur place. Alors, elle quittait tout pour recommencer dans un autre endroit. Ses voyages lui avaient permis d’apprendre certaines choses sur son monde. En tout cas, elle n’était plus aussi découragée qu’aux premiers jours, et se débrouillait sans trop de mal. Elle avait tenté de faire connaissance avec quelques personnes. Mais, à chaque fois, des voix retentissaient dans sa tête, la mettant en garde. Neelahn avait observé que les voix se manifestaient principalement lorsqu’elle adressait la parole à un individu de sexe masculin. Peu à peu, elle comprit qui ils étaient. Gabriel, Sarah, Thomas et Lucie.


Psychologie : Neelahn est une jeune fille à la fois timide et orgueilleuse. Elle se sent décalée et a souvent l'impression de ne pas être à sa place, de ne pas mériter être là, tout en pensant qu'elle reste une bonne personne. Ce que lui a fait subir Aegnor est resté gravé en elle, de telle sorte qu'elle fuit toute compagnie masculine. Quand elle ressent quelque chose pour une personne, c'est toujours dans la démesure. Les êtres qu'elle côtoie la désespèrent, lui font peur. Et pourtant, elle croit qu'il y a quelque chose de bon en chaque personne, et a l'impression d'appartenir à une entité unique. Elle aime imaginer des auras autour des personnes qu'elle rencontre, et leur offre une couleur différente pour chacun d'eux. Elle a un besoin maladif de justifier ce qu'elle est, ce qu'elle fait... Elle exerce un contrôle permanent sur elle-même, ou du moins c'est ce qu'elle aime se dire. Elle rêve d'être libre, et croit parfois l'être. Cependant, son côté pessimiste la rattrape souvent, et lui dit qu'elle n'est rien de plus qu'un pantin. Mais elle ne sait pas à qui elle appartient, à qui elle obéit. Parfois, elle a des sensations qui lui reviennent, éphémères et empreintes d'une douce nostalgie. Ces réminiscences ont à la fois le pouvoir de lui donner espoir, et celui l'accabler. Elle se sent seule, horriblement seule, mais ne veut pas aller vers les gens, de peur d'être rejetée. Fondamentalement, elle n'est pas méchante. Elle ne veut pas faire de mal aux autres, et n'aime pas les voir souffrir - ce qui ne l'empêche pas de ressentir des bouffées de haine vis-à-vis des personnes qui l'entourent.
Thomas vit dans sa tête, ainsi que Lucie, Gabriel et Sarah. D'après eux, ils seraient les fruits de son imagination, et habiteraient son esprit dans le but de la protéger. Neelahn a beaucoup de mal à y croire, mais apprécie énormément leur compagnie. Ils la conseillent, et elle assiste avec plaisir aux joutes verbales qui les opposent régulièrement. Grâce à eux, elle se sent moins seule.


Physique : Neelahn est plutôt du genre grande et mince. Elle n'est pas extrêmement musclée ou souple, mais n'est pas totalement démunie. Elle est plutôt banale. Ses traits n'ont pas une finesse extraordinaire, mais ne sont pas outrageusement grossiers non plus. Elle a des cheveux bruns, ondulés, assez longs, qu'elle déteste coiffer. Elle aime ses yeux. Ses pupilles sont cerclées d'un marron doré, lui-même entouré d'une couleur non-définie, pouvant varier entre le bleu, le gris ou le vert, qui change selon le temps. Son oeil droit a plus tendance à tirer sur le bleu, tandis que le gauche parait plus vert. Elle a la peau assez pâle, sans pour autant que cela soit flagrant. Elle a de nombreux tics, comme celui de passer sa main dans ses cheveux lorsqu'elle est stressée. Elle fait souvent des grimaces, parfois même sans s'en rendre compte. Elle adore jouer avec sa bouche. Elle est habillée le plus souvent d'une manière classique, et fait peu attention à ses vêtements de manière générale. Elle n'aime pas trop les robes. Même si elle ne supporte pas ça, elle sort rarement sans sa sacoche. Son instinct la pousse à porter constamment une dague sur elle, au cas où. Finalement, c'est une personne assez discrète, voir transparente, qui se fond facilement dans la masse.


Elle maîtrise les manas bleu et vert, mais uniquement pour alimenter son talisman.

Caractéristiques :

Force : 14
Constitution : 13
Agilité : 18
Intelligence : 12
Affinité mana : 8
Social : 10
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Neelahn.
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