Magic The Gathering-Jdr

Jeu de rôles inspiré du jeu de cartes
 
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 Prétirés

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Jade Lyvaenya
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MessageSujet: Prétirés   Mer 30 Nov 2011 - 21:17

Fiches de Personnages — Prétirés

Bonjour à vous ! Vous trouverez ici le minimum vital pour entrer de suite dans le jeu ! Dans cette partie, vous trouverez des feuilles de personnages toutes prêtes, préparées par nos membres du forum, validées par nos MJ, afin que vous puissiez directement vous emparer d'une et vous l'approprier afin de jouer avec !

Il vous est tout à fait possible de modifier le personnage comme bon vous semble, et n'hésitez pas à rentrer en contact avec le membre si un point vous semble peu clair, vous en avez parfaitement le droit, et nous vous recommandons chaudement à le faire, afin d'interpréter au mieux votre personnage !

J'en profite pour vous rappeler qu'il est indispensable de lire les règles du forum (ou tout du moins le connaitre, quel qu'en soit le moyen !) ainsi que son background si vous ne le connaissez pas ! Ainsi, un peu de lecture, le choix de votre fiche préférée, et vous voici dans le jeu, sans plus attendre ! Toutefois, si vous souhaitez créer votre personnage de A à Z, n'hésitez pas à le faire ! Nous serons alors ravi de vous aider !

Liste des fiches de personnages :

  • Boros


  • Selesnya
  • Golgari
  • Dimir
  • Gruul
  • Izzet
  • Orzhov
  • Azorius
  • Rakdos
  • Simic
  • Sans-Guilde


L'équipe des Meneurs du Jeu.




Pour faciliter l'insertion des nouveaux joueurs, dans tous les JdR, on doit avoir des prétirés digne de ce nom. Tout le monde n'a pas le talent de faire des fiches comme Rahinov, Asmodée, Lord Darkmore ou Silviel. Aussi, afin de se lancer dans le jeu sans partir de zéro, je propose à qui le souhaite de poster ici un personnage prétiré que les joueurs pourront utiliser tels quels et se lancer directement dans l'aventure, ou qu'ils pourront modifier si besoin si certains points les dérangent.

N'importe qui peut poster une fiche, à condition :

  • Que la fiche soit utilisable conformément aux nouvelles règles plus ou moins mises en place (je rappelle que l'on choisit caractéristiques, histoire, psychologie et physique, que l'on parle éventuellement de la magie dans une moindre mesure, et cela s'arrête là).
  • Que la fiche indique clairement l'or de départ, les éventuels bonus et malus, et les éventuels objets spéciaux.
  • Que la fiche soit validé par un MJ (par mp de préférence, mais vous pouvez la poster là, puis vous faire corriger par la suite et éditer ici-même).
  • Qu'il s'engage à aiguiller et aider le membre si ce dernier lui demande de l'aide sur sa fiche de personnage (pour la compréhension ou la précision de certains détails par exemple).
  • De respecter le modèle de la première fiche postée ci-dessous, afin de fournir une unité sur ce sujet.


Il est intéressant de noter que vous pouvez tout à fait aiguiller le joueur, voire même le parrainer afin d'aider à décharger les MJ. Dans ce cas, outre nos remerciements les plus sincères, vous aurez probablement de menues récompenses en jeu (quelques pièces d'or, une arme sympathique pas très simple à obtenir, l'arrivée d'un PNJ utile, ...) qui auront pour seul but de vous distinguer des autres joueurs sans vous avantager d'aucune sorte. Il faut que vous considériez ça comme une marque de remerciement de la part des MJ. Il ne s'agit en aucun cas d'une compétition. Seulement une manière de marquer que vous avez aidé joueurs et forum à votre manière tant que faire ce peu, pour faire vivre cette joyeuse communauté !

Si vous vous sentez d'humeur à écrire, alors allez-y ! Ne laissez pas vos idées trainer dans les recoins de vos tiroirs remplis de feuilles !

_________________
Après la nuit
Avant le jour
Et à travers les roselières

Après la nuit
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Dernière édition par Jade Lyvaenya le Sam 28 Mai 2016 - 13:18, édité 4 fois
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Jade Lyvaenya
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MessageSujet: Re: Prétirés   Mer 30 Nov 2011 - 22:42

Larme

Histoire :

« Une histoire ? Quelle histoire ? De quoi tu m’parles là ? J’ai jamais eu d’histoire, et j’en aurais jamais. Mon nom à moi ? Larme. C’est pas un nom ? Tu sais quoi ? J’t’emmerde. » C’était déjà la quatrième fois que Larme envoyait paître son supérieur depuis le début de la semaine. « Dans la guilde, cela ne se fait pas. » C’est vrai, « cela ne se fait pas. » Mais les ordres et la morale, Larme les avait oublié il y a bien longtemps. Probablement en même temps que son nom. Alors pourquoi restait-il auprès des Boros ? Il ne le savait pas très bien. Ce qui était sûr, c’est qu’il était nourri, blanchi, logé, et avait un travail. Et puis, après 100 dans la garde, on ne s’en va pas comme ça. D’ailleurs, il devait aller boire un verre ce soir. Sébastian l’attendait à la taverne. « Agent Larme, je vous mets à pied ! La voix de son capitaine le fit sortir de ses pensées. Une semaine, vous m’entendez ? Une longue semaine ! Et vous avez interdiction de revenir à la caserne avant cette période ! Maintenant, disparaissez ! Encore une impertinence de ce genre, et je vous assure que je ne donne pas cher de votre carrière ! » Le vieil homme sortit en grommelant. Insulter son supérieur, il l’avait fait des dizaines, voire des centaines de fois, mais être mis à pied, ça, c’était un coup dur pour lui. Une semaine à ramper entre les différents bars. Cela risquait de se terminer ainsi. En attendant, Sebastian l’attendait. Il ne tenait pas à le faire attendre. Et puis, boire le ferait oublier.

« Gnn… Encore mis à pied… Une semaine…
- Encore ? s’étonna son ami. T’avais pas d’jà réussi c’t’exploit y a pas longtemps ?
- Si si… M’en parle pas…
- J’comprends pas vraiment... De longues minutes planèrent entre les deux compères. Autour d’eux, l’espace grondait des voix autour d’eux. Ils s’entendaient à peine. Finalement, Sebastian reprit la parole. Dis-moi… Tu m’as jamais dit pourquoi qu’t’étais entré dans les Boros. A t’voir, on jurerait voir un d’ces sans-guildes mendiant dans la rue… Et pourquoi qu’tu restes ? J’comprends pas…
- J’ai pas fini c’que j’ai commencé. Quand on commence, on finit.
- Ouep, mais là, t’es en train d’finir le trou qui t’servira d’tombe !
- Oh, ta gueule un peu… Laisse-moi m’bourrer la gueule en paix, merde…
- Pff, ça finit toujours pareil avec toi… »
De longues, très longues minutes passèrent sans que ni l’un ni l’autre ne prononçâmes un seul mot. Larme fixait sa bière sans bouger les yeux, et Sebastian finissait le fond de sa chope sans bruit.
« Y f’sait froid. Trop froid, lança spontanément Larme. J’étais tout gosse encore. Un de ces putains de drakon m’aurait bouffé en une bouchée. Y’avait du vent. Trop de vent. J’me rappelle juste qu’y’avait mes vieux. Y’a des connards de Golgo qui sont passés. Ils ont rien d’mandé, et ils ont lâché les saloperies d’insectes. Après, plus rien. J’sais pas pourquoi j’suis encore en vie. J’sais juste que c’jour-là, j’ai renié mon nom. J’me suis appelé Larme quand on m’a demandé. J’ai r’joint les Boros parc’qu’ils me formaient. C’est tout. Maintenant, c’est d’l’habitude. Pourquoi j’partirais ?
- Tu t’fous de ma gueule là ? C’est tout ?
- Nan. J’avais 30 ans. J’allais m’marier. Un jour, j’rentrais du boulot. J’avais arrêté des bouffe-salades et des fanatiques durant la semaine. Quand j’suis rentré, y’avait plus rien. Plus de maisons. Plus qu’un cadavre – ma future femme – accroché sur un pic en bois, violée et lacérée. J’crois qu’ce jour-là, j’ai perdu mes sentiments.
- ‘tain mais comment tu racontes ça… On dirait qu’ça coule sur toi. Ca t’touche plus ?
- Nan, c’est du passé tout ça. Il finit sa bière d’une traite avant de la faire claquer violemment sur la table. J’m’en fous du passé. »
Plusieurs heures passèrent avant que les deux ne se quittent. Sebastian était de garde. Larme avait toute la nuit. Et toutes les autres nuits. Durant sept longues journées. En jetant un œil dans la salle, il put rapidement zyeuter deux trois prostituées qui passaient par là. Il en siffla une qui passait près de lui, et qui lui plaisait un peu plus que les autres. Un air de ressemblance avec sa défunte épouse.
« Combien ?
- Désolé mon gars, j’suis déjà prise.
- Je quadruple. Et tu passes la nuit avec moi. »
La prostituée ouvra des yeux ronds comme des pastèques et acquiesça sans comprendre. Sans plus de complaisance, Larme agrippa la femme par la taille, et l’emporta vers une chambre à l’étage, prenant soin de payer rapidement une nuit à l’aubergiste.

L’orgasme commençait à se répandre dans tout son corps. Meryl – tel était le nom de la femme – s’agitait avec une habitude et une aisance magnifique sur son sexe turgescent. Sans comprendre tout ce qui se passait, Larme vivait un des meilleurs moments de sa vie. Il n’avait probablement jamais goûté à ça. Les préliminaires avaient été exquis, et entendre les cris de joies de sa partenaire – simulés ou non, il n’en avait cure – le comblait de joie. Tout ça accroissait d’autant plus son excitation. Il avait l’impression de retrouver sa jeunesse d’antan.

« Johanne… » souffla-t-il sans s’en rendre compte. La femme l’entendit et sourit gentiment, comme une mère envers son enfant.
« Cette nuit, je serais celle que tu veux. » lui répondit-elle.
Alors que son corps s’agitait de soubresaut de plaisir, les yeux du Boros se teintèrent de larmes, et alors que le corps de la femme retombait gracieusement sur son torse, il l’embrassa sans réfléchir.

« Je peux revenir quand ?
- Quand tu veux mon mignon. »

Le soleil commençait tout juste à se lever sur le paysage bien sombre lorsque Larme franchit le seuil de l’auberge. Il passa sa langue sur ses lèvres pour essayer de conserver le goût de Meryl. Il la quittait à regret. Mais il devait sortir. Prendre l’air.
Sa marche fut de courte durée. Il aurait dû y penser : cinq viashinos s’avançaient vers lui avec assurance. Ils l’encerclèrent bien trop rapidement à son goût, et l’acculèrent dans un coin.

« Alors… Perdu… ? siffla un des lézards.
- Nan. J’me d’mandais juste si j’allais d’voir vous buter ou pas.
- Tss… Reste calme le vioque, et file nous c’que t’as, on te fera pas mal… Enfin, pas longtemps… »
Le coup parti trop vite. La pointe de Sanglots, son épée préférée, sa seule épée, pointue et tranchante au bout, mais quasiment émoussée sur les bords – on distinguait même encore des tâches de sang sur la petite garde ne dépassant même pas sa main – partit se ficher dans le cœur de son interlocuteur. Lorsqu’elle ressorti, le corps de sa victime tomba au sol dans un geyser de sang, qui recouvra des pieds à la tête le Boros. Ses agresseurs reculèrent quelque peu, alors qu’un sourire se dessinait sur le visage du gardien de la justice.
« J’vais vous saigner comme des porcs, fils de pute. »
Une lueur rouge sang luit dans la main du soldat, puis vint illuminer la lame de son épée, avant de remonter dans son bras, et atteindre son œil. Le corps du soldat frémit d’excitation. De sa main libre, il prit rapidement un petit tube qu’il approcha de son nez avant d’inspirer un grand coup sec. Malgré ses 116 ans, le corps frémissait toujours autant sous l’effet de la drogue. Mais l’effet de cette dernière combiné au mana brut circulant dans les veines du soldat le transportait totalement dans un autre univers. Les viashinos purent voir distinctement l’œil droit du Boros rougir totalement sans raison apparente, alors que ses bras semblaient quasiment doubler de volume. Le deuxième coup partit de la même façon sans prévenir, et vint se ficher dans la gorge de sa deuxième victime. Le sang commençait à couler du cou de sa victime, et le liquide écarlate se répandit sur la lame de l’épée. Cette dernière semblait littéralement fondre de plaisir. Les runes gravées dans le métal n’avaient pour seul but qu’effrayer les ennemis. En effet, sous l’action du sang, la magie ancestrale de l’arme se réveillait, et la lame donnait tout simplement l’impression de bruler d’excitation. La seconde victime s’effondra au sol, et, pas assez satisfait, l’homme se rapprocha pour planter de nouveaux plusieurs coups dans les yeux de sa victime : lui perforer les deux yeux et le cœur. C’est ce moment que choisirent les créatures pour attaquer. Toutes trois, elles se jetèrent sur l’homme de dos. Ce dernier réagit incroyablement vite pour son âge, un mana blanc rayonnant dans la paume de sa seconde main. Il para avec aisance la première lame, asséna un coup de poing qui fit voler un opposant et se débrouilla pour recevoir la dernière épée dans le biceps, qui sembla encaisser le coup sans broncher, avec une simple ouverture superficielle. Sanglots fondit de nouveau à toute vitesse sur ses ennemis, sans prévenir. Enfoncée dans un œil, elle perfora le cerveau d’une créature, avant de s’aplatir de toutes ses forces sur le cou du second. Larme entendit le cou se briser avec satisfaction. Un cou de chance cette fois, il ne s’attendait pas à ça. L’épée avait beau être émoussée, sa puissance ne changeait pas. Le Boros se rapprocha tranquillement du viashino à terre encore sonné. Sans même écouter ses pitoyables demandes de pitiés, Larme souleva son épée, et alors qu’il s’apprêtait à l’enfoncer dans son cou, sa main s’arrêta. Le malheureux portait un écusson Rakdos. Le sourire de Larme s’agrandit, et l’épée fusa dans la cheville de l’homme, puis dans la seconde. Le cri de douleur claqua dans l’air. Les cris continuèrent ainsi pendant presque une demi-heure. Il avait beau hurler, rien ne changeait. Le son de l’épée s’abattant, inexorablement, résonnait régulièrement, alors que les hurlements continuaient. Puis soudainement, les cris diminuèrent, puis stoppèrent. Le viashino reposait dans son sang, sa poitrine se soulevant légèrement. Son état était déplorable. Sa mort serait proche.

Lorsque Larme s’assit, il sentit les dernières bribes de magie quitter son corps. Sa tête tourna immédiatement, alors que son souffle s’accéléra au même instant. Il s’effondra sur le bar de la taverne, haletant. La magie lui faisait toujours cet effet-là après coup. Une fois, il avait frôlé la mort.

« Bonjour mon ami ! Je me présente, Vladimir, Orzhov de mon état. Je recherche un agent de sécurité pour une journée. Cela vous intéresse peut-être ? »





Physique et psychologie :

Larme est un vieil homme, au physique devenu peu flatteur de par ses trop nombreuses marques. Pourtant, du haut de ses 116 ans, le doyen des Boros semble toujours exhaler un charisme fou et une assurance peu commune. Malgré ses cheveux argentés et ses rides marqués, le vieil homme a pourtant conservé des attitudes et des expressions de jeune homme, le faisant parfois passer pour 50 ans de moins qu’il n’en a réellement. Ses yeux verts semblent éteints, mais toujours élégants. Le reste de son visage se structure agréablement. Durant sa jeunesse, les dames se pâmaient pour son sourire. De nos jours, il ne sert plus guère qu’à plaire à ses interlocuteurs, rien de plus.
Pour un homme de 116 ans, Larme est un homme incroyablement bien conservé. Des pieds à la tête, son physique semble s’être fixé à l’âge de ses 50 ans, le temps n’ayant visiblement plus d’emprise sur lui. De fortes épaules carrées viennent soutenir un large cou, des bras longs semblent capables de perforer à mains nues la carapace du plus fier ennemi pour lui arracher son cœur encore chaud et battant de sa poitrine, et son buste fier sont soutenu par des abdominaux encore robustes. Sur ses mains, on peut constater un nombre effarant de marques et cicatrices en tous genres. Ses joues et son front ont visiblement également subi le passage du temps, de la tristesse et de la souffrance.
Pourtant, malgré ces multiples avantages, le corps de Larme a bel et bien subi les assauts répétés du temps sur son mental et sa force. Son cœur s’est fait plus faible, et son endurance bien insignifiante comparé aux heures qu’il pouvait auparavant tenir. Son souffle s’est atténué, et son organisme réclame de plus en plus souvent sa dose de stupéfiant tant désiré.

Mais le pire qu’il pouvait arriver à Larme était la perte de cette volonté qui l’avait tant amené à avancer. Aujourd’hui, les yeux de Larme sont ternes, et ont perdu cet éclat de vie et de joie qui les animaient tant. Auparavant jeune homme énergique, fougueux, un peu tête brulée, qui avait envie de tout, avide de découvrir tout ce qui l’entoure est devenu un vieil homme triste au passé douloureux. N’étant plus poussé par rien, il se laisse vivre comme il le peut, tentant au maximum de ne pas trop faire de bavures afin de conserver son poste plus de quelques mois. Mais son tempérament agressif ne l’a pas quitté, et Larme n’est pas homme à se faire marcher sur les pieds. Il n’hésite donc pas à briser ceux qui se dressent sur son chemin et à envoyer paitre les autres ; Déterminé dans ce qu’il entreprend, Larme est empli d’une vengeance froide qu’il compte mettre à exécution en assassinant un à un tous les membres du culte de Rakdos. Dernière des volontés le maintenant en vie, Larme fera tout pour venger sa chère et tendre avant de la rejoindre en Agyrem, afin de pouvoir enfin couler des jours heureux avec elle.






Inventaire, magie et caractéristiques :

Larme possède une épée unique, Sanglots, marqué de runes. Lorsque cette dernière entre en contact avec du sang, elle semble vibrer de plaisir dans la main de son propriétaire. L'arme semble trembler en tout sens et une grande excitation et une envie de tuer inextinguible semble s'emparer de la lame. Le porteur ne ressent ni ne perçoit rien de tout cela, et l'épée reste toujours aussi aisée à manier. Au contraire, le propriétaire ne voit alors que la grande satisfaction de sa lame et ne ressent qu'un immense plaisir s'emparer de lui. Le deuxième effet se situe en effet à ce niveau : la lame accentue l'envie de tuer du propriétaire et augmente la puissance de ses folies guerrières. Le porteur peut donc parfois l'entendre lui susurrer de doux mots à ses oreilles, paroles pouvant entraîner la folie chez les esprits les plus faibles. L'arme est une arme de maître et est difficile à briser. Elle tue à coup sûr tout ennemi qui passe par sa lame, pourvu que la pointe rentre en contact avec lui : le reste de la lame est émoussée et ne peut être affuté quel que soit le moyen utilisé. [Note :] L'arme inflige la mort si jamais la blessure se fait sur un coup critique.

Larme possède quasiment toujours quelques doses de drogues de combat sur lui. Sous forme d'une poudre à aspirer par le nez, elle a pour effet de décupler ses forces au combat, devenues maintenant assez faibles. Elle accroit également ses réflexes mais peut lui faire perdre le contrôle de son corps. [Note :] Augmentation de 2 de Force, Constitution, Dextérité et Agilité durant 30 secondes environ. (L'équivalent de 3 passes d'armes.) Chaque dose de drogue augmente son addiction et diminue de 1 point ses caractéristiques mentales pour une journée.

Larme possède un flacon de larme gracieusement offert par les Boros. L'utilisation est unique. La bourse de larme est malheureusement relativement vide. [Note :] 5 Zinos.

La magie utilisée par Larme est une magie instinctive qui consiste à insuffler du mana dans ses muscles et son épée afin d'augmenter les effets meurtriers de ces armes potentielles. L'augmentation est variable selon les moments. [Note :] A discuter avec le Maître du Jeu.

Caractéristiques :

  • Force : 2
  • Constitution : 3
  • Endurance : 4 ([Note :] Limitation due à l'âge de Larme. Ne peux dépasser ce niveau sans bonus.)
  • Agilité : 0
  • Dextérité : 0
  • Charisme : 2
  • Eloquence : 3
  • Esprit : 1
  • Intelligence : 0
  • Concentration : 1

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Mjokkoto l'Assoupie
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MessageSujet: Re: Prétirés   Ven 27 Mai 2016 - 23:31

Najaï-Kamu, la Grise

Une jeune fille. A peine quinze ans, orpheline, inapte à la magie, sans l'ombre d'un talent, toute petite, crasseuse, simple d’esprit… Bref, aussi intéressante qu’une fleur sous le talon d’une botte; encore une brebis égarée au sein de la Ville-Monde. Pourtant, sa petite condition ne l’empêchait pas d’aimer sa petite vie, tant qu’elle pouvait regarder les nuages à l’aurore et qu’elle restait une grande amie des chats. C’était encore une enfant, une rêveuse sans ambition qui laissait aux autres les pouvoirs dont elle ne voulait pas.
Ce jour-là, durant un clair et rude hiver, pas de travail payé trois sous pour l’orpheline ; elle s’en alla donc voler sa pitance. Elle était douée pour l’escamotage et ne tarda pas à récolter un bon butin sur un inconscient rebord de fenêtre; Des pommes, un peu de lait, une tourte à la viande, quel festin pour cet appétit d’oiseau! Il y en aurait presque pour deux, se disait-elle. Et cette pensée assombrit sa journée ; car si elle tolérait les insultes, le mépris, les coups, les sortilèges répulsifs, les hivers glacés et les étés pollués de magie, le fait détestable de sa courte existence était la solitude. Même les chats qu’elle aimait tant la quittaient au bout de quelques jours. Les félins menaient leurs propres vies, et la gamine concluait non sans chagrin qu’elle n’en faisait pas partie. Que ne donnerait-elle pour vivre une seule journée où l'un d'eux demeurerait à jamais son ami !
Ainsi donc, personne avec qui partager son butin. La jeune fille s’en alla sur le toit d’une tourelle délabrée savourer incognito ses trouvailles. Oubliant les pommes et le lait, elle plongea ses doigts dans la tourte encore chaude et gloutonna sans retenue face au soleil couchant. Tout en mangeant, elle adorait jouer à critiquer son manger comme une adulte:

**Elle est un peu trop salée… Et pis, la pâte est pas bien cuite. Et y’a pas assez d’poulet… J’irai pus là-bas alors, et en plus, la vielle Pikkeri, faut pas croire mais elle tape dur ! Quand j’serais grande, j’interdirais aux vieux du coin d’avoir une canne aussi pointue, j’suis sure que tous les aut' orphelins m’diront merci… Et pis, quand elle parle, on dirait trop un dromade malade ! Ouais. Ouais, ça fait comme ça : « Rendez-moi çaaaaaaaaaaa, J’m’en irai vous arracher la laaaaaaaaaaaaaangue, Bandes de petits grediiiiiiiiiiiiiiiiiins, Rev’nez vooooooooir que j’vous fasse un deuxième… »**
« Mrrrââââoooouu. »
Elle ne s’attendait pas le moins du monde à avoir de la compagnie ! Manquant de tomber par-dessus le toit, elle se retourna vivement pour rencontrer…
Un chat. Un énorme félin Nordique, au pelage noir tigré de gris. On aurait cru voir charbons et cendre s’animer sous la forme d’un chat.
Ils se tenaient face à face, la jeune fille aux doigts gluants de viande debout face à au grand chat immobile. Assis à quelques pieds, ses yeux brillaient telles deux lunes d’émeraude. Cela déstabilisa l’orpheline qui détourna timidement le regard.
Mais malgré la peur, elle réfléchissait à toute allure :

** Si j’l’ai pas entendu, c’est qu’y voulait pas m’faire d’mal, chuis sûre que c’matou aurait pu d’puis longtemps m’bouffer pour chiper mon fond de tourte… Malgré la densure de sa fourrure, chuis sûre qu’il est affamé… Il est pt’-êt trop faible pour m’faire du mal… **
Et un éclair illumina alors son esprit :
** S’il est comm’ça, c’est pask’il a besoin d’moi… Alors… Alors on pourra dev’nir amis !**
Et un sourire ravi se dessina sur les lèvres de la jeune fille. Elle se retourna vers le chat - qui n’avait toujours pas bougé -, prit le plateau de tourte qu’elle posa près de lui, et lui parla d’une voix douce :

« Tu peux finir, si t’as faim. Et pis j’ai aussi du… »
Elle n’avait pas pu finir sa phrase ; l’énorme chat s’était déjà précipité sur les restes qu’il dévora sans ménagement. Et bien que la jeune fille eût à nouveau manqué de tomber de surprise du toit, elle continuait de sourire.
Elle qui ne vivait que dans l’espoir d’un ami, voilà qu’une chance en or lui tombait des cieux…

Le couchant. Enfin. Comme ces réunions sont fastidieuses… Je suis pourtant assez douée pour toutes les fuir, car elle me laisse la fâcheuse impression de gâcher ma jeunesse. Moi, une mage, une « Chatte-des-feuilles », condamnée à écouter les chatons trembler d’impatience et les vieux croulants se remémorer leurs nuits de chaleur ! Hors de question que je me souille de cette paresse propre à notre foutue race.
Mais aujourd’hui, tous ont fait le déplacement. Même moi, et les dieux savent comme je hais ce simulacre de solidarité entre chats ! La seule chose qui nous unis, c’est l’instinct ; et tous ont senti que quelque chose de grave se tramait au cœur de la tribu des Sans-Racines. Et nous voici tous là, écrasés par notre nonchalance naturelle sur les branches fournies de l’Arbre-Sans-Racines. Notre repère, abri, forum, école… Je ne vois aucun intérêt à ces choses au sein d'une tribu de prédateurs, mais nombre d’entre nous se plaisent malgré tout à croire en la valeur de ces mots ; des Chats qui jouent le jeu des Hommes…il est grand temps que je fuis ces crétins.
Hélas, cette réunion risque de retarder mes plans… Il ne faudra pas traîner ; certains se doutent que j’use de ma magie d’une manière qui leur échappe. Si les Enfers sont avec moi, je serais « morte » avant qu’ils n’aient compris…
Mais il manque encore l’un des nôtres, et non des moindres ; Tous attendent Tobber, notre Morry, ou chef. Pour peu que nous puissions prétendre à un chef. Après tout, ces réunions ne sont pas si courantes, justes fondées sur une idée stupide ; je n’en reviens pas que nous autres, chats, tenons tant que cela à croire en une république pour animaux sauvages ! Mais pour l’heure, je me laisse quand même aller à l’intrigue. Après tout, l’instinct ne saurait réunir autant de chasseurs en un seul lieu sans raisons…
Mais voilà que le plus colossal d’entre tous, plus pâle que le lait que nous volons, sort finalement des ténèbres de la Branche-haute, ses lourdes pattes se posant sans l’ombre d’un son; Tobber-Morry, le « Chat-de-la-Lune». Je me sens déjà partir à l’idée d’entendre son fastidieux laïus d’introduction, mais quelque chose a changé : des cicatrices qui n’étaient pas là avant. Son œil gauche est zébré de fraîches traces écarlates sur la gueule… et je ne peux alors m’empêcher d’écouter :
« Bienvenue, frères et sœurs noctambules. Je vous salue à l’aube de la nuit.
Comme tous ici le savent, l’Arbre-Sans-Racines ne luit qu’à ceux qui veulent bien le voir. Pas à ces humains prétentieux, ces elfes hypocrites ou ces dryades qui ne rêvent que d’amour platonique. Seuls les vrais enfants de la forêt, descendants des Géants qui peuplait la Terre avant que la Ville ne les tue, peuvent voir quand luit les étoiles terrestres.
Et aujourd’hui, plus que jamais, notre astre tellurique brille à nos yeux. Son éclat est signe de changement. »

Plus un son ne résonnait au sein de l’Arbre. Tout le monde, même les plus jeunes, sait ce que signifie l’usage du mot « éclat » quand il sort de la bouche d’un Morry.

« Vous m’avez permis d’être votre guide pendant plus de 20 hivers. J’ai vu plusieurs d’entre vous devenir des « Chats-Traqueurs », « Chats-des-feuilles », « Chats-Hurleurs »… Et cette nuit, vos talents vous seront des plus utiles.
Comme beaucoup le savent, j’ai affronté et tué la Commandante des Effraies, qui convoitaient notre arbre, au nom des Sans-Racines. Mais j’ai perdu l’usage de mon œil gauche au cours du combat. Tous ici savent donc à quel point cette victoire fut chèrement payée ….»
Et un bruissement fit soudain frissonner le cœur de l’Arbre-Sans-Racines ; le murmure d’une centaine de têtes baissées de chats. En l’honneur de sa victoire et de son sacrifice, tous s’inclinaient respectueusement devant notre chef.
Sauf moi, bien sûr.
Si j’avais pu sourire, je ne me serais pas gênée dans l’obscurité. Tout était clair désormais, mais Tobber-Morry se devenait de prononcer les mots fatidiques. Je pourrais moi-même susurrer la seule sentence désormais possible :
« On ne peut être bon meneur qu’en étant bon chasseur, sinon le meilleur d’entre tous. Mais tout chasseur a besoin de ses deux yeux et, hélas, je ne pourrais plus voir que d’un seul.
Ce soir, un nouveau chef sera désigné. »


Doucelette.
Quelques semaines s’étaient écoulées depuis la fabuleuse rencontre de ces deux âmes perdues. La jeune orpheline avait découvert par la suite que le chat s’avéra être une femelle, et décida alors de la nommer Doucelette ; sa fourrure lui rappelait l’emballage de ces bonbons qu’elle chipait dès que possible au Marché voilé.
Quel bonheur pour cette orpheline, de savourer la présence d’une nouvelle amie ! Et pas des moindres ; La chatte avait repris des forces grâce aux bons et malhonnêtes soins de la jeune fille, et le félin ne la quittait plus depuis. Elle lui rendait même de grands services ; cela faisait des jours que la fillette ne volait plus, tant Doucelette rapportait ou pistait de bonnes choses à boire et à manger. Dès lors, le glacial hiver de la ville-monde devenait la fraîche saison de cristal d’un pays de cocagne. La jeune fille vivait enfin son rêve, et savourait ce qui lui semblait être le début d’une amitié digne des contes les plus mémorables ; Les vrais idylles sont ceux qui savent émerveiller les cœurs les plus humbles…
Le soir, quand le soleil jetait un dernier regard sur sa complice lunaire, les deux amies se reposaient sur les hauteurs des avenues de la Montagne rieuse, dégustant ces festins qui devenaient habitudes ; la jeune se découvrait gloutonne de luxe, tandis que Doucelette se contentait d’eau claire et d’une viande juteuse. Et la jeune orpheline parlait à son compère, se plaisant de ces conversations qui lui semblaient emplies de la sagesse des rues :
« Et t’vois Doucelette, j’suis sûre qu’la vie c’est comme ça : un repas comme souv’nirs, et le soleil d’vant comme vue du monde… C’est super trop poétisant, tu crois pas ?
-…
- Tu crois, hein ? Ya qu’un chat pour comprend que c’que j’dis. On est trop trop bien ensemble ! Mais c’est dommage, chuis pas sûre que tu comprennes tout… Tiens, si j’te dis : ‘faut toujours j’ter un r’gard optimistisant sur l’monde, pour bien voir tout c’qui est beau dedans !
-…
-Ca te dit rien, hein ma Doucelette ? Enfin, comme t’es qu’un chat, c’est normal que tu piges pas tout. C’est pas grave, paske tu vois, moi je t’aime et tu sais t’rendre utile, et c’est que ça qui compte. Et pis t’as pas besoin de tout comprendre dans la vie ; faut toujours se contentir de ce qu’on trouve par terre, c’est ma d’vise. Elle est super, hein ? Tiens, prends-moi par exemple ; moi j’ai rien, et chuis super heureuse comme ça. Et pis j’ai pas besoin de rien faire, puisque j’ai volé ce que les autres font pour moi ! Ca, c’est la belle vie, tu vois ? C’est un peu… comme si, moi aussi, j’tais un chat !
-Mrâââouuuu…

- Ah, tu vois comme t’es trop d’accord ! S’exclama l’orpheline, ravie d’une réponse. Alors voilà, c’est ça ; chuis trop un chat trop intelligent ! Et pis les autres, c’est que des z’imbéciles ! Whoa, j’vis trop une vie merveilleuse ! Hein qu’elle est merveilleuse ma vie, Doudou d’amour de chat ?
-… »

« Najaï-Bassika, « Chatte-des-feuilles » ! Maîtresse ! Laissez-moi traquer avec vous ! »
Je sais que me retourner est une terrible erreur, mais il faut bien que je continue à jouer mon rôle de bonne professeure. Car celui qui ronronne d’impatience dans mon dos, c’est Zakori, le seul élève au monde capable de s’imposer à lui seul. Aussi bruyant que roux, chétif et simple d’esprit, on ne peut même pas l’envoyer chasser une caille sauvage sans qu’il trébuche sur toute les grosses branches de la piste ! Si seulement un talent caché pouvait compenser sa maladresse… Trop bien caché, je suppose.
Pourtant, le hasard veut qu’il me soit utile… comme couverture. Heureusement qu’il est trop bête pour le voir ; Il est tellement facile à berner ! Je n’ai même pas besoin de sur-jouer le rôle de la maîtresse protectrice avec lui :
« Tieeeeeens, mais c’est le petit Za ! Minaudais-je. Alors comme ça, tu veux traquer ? Tu veux être chef ?
- Non, bien sûr que non, maîtresse vénérée, dit-il en baissant timidement les moustaches. Mais je ne comprends pas pourquoi le Morry a choisi comme épreuve de « chasser le feu-Noïndéim » pour choisir le nouveau chef? On ne peut pas chasser le feu, si ? »
Quand je pense que je daigne te dispenser des cours sur la magie. A croire qu’il fait exprès d’être ahuri… Je m'en amuserais presque, si je n’étais pas aussi pressée :
« Allons, mon garçon, c’est une image ! Évidemment qu’on ne chasse pas le feu… mais le feu-Noïndéim est un lézard qui vit sous la terre, et qui s’enfuit telle une flamme sous la menace du vent. Les humains ignorants appellent cette créature «salamandre»; c’est la seule habitante de la forêt à disposer d’une magie rouge. Elle est très rapide, très agile et très rusée ; je crois bien n’en avoir vu qu’une dans ma vie, c’était le trophée de Tobber-Morry avant qu’elle ne retourne à la poussière… Et pour désigner un nouveau Morry, il faut savoir chasser une proie impossible à chasser pour pouvoir choisir le meilleur chasseur, et donc le meilleur chef.
- Qu’est-ce que vous en savez des choses ! Mais à quoi ça sert de savoir tout ça ?»
… Par le Soleil souterrain, es-tu stupide au point d’ignorer les principes les plus élémentaires d’un bon traqueur ? Même les mages se doivent de le savoir ! Je n’arrive même pas à avoir pitié de toi, tant tu me laisses vraiment l’impression de le faire exprès :
« … Un bon chasseur voit clair dans le jeu de sa proie. C’est ce qui fait des Sans-Racines des chasseurs hors-normes, tu le sais ça ?
-… Oui, maîtresse, ça, je le sais.
- Bieeeeen, lui sifflais-je lentement. Et pour connaître le jeu de sa proie, il faut bien apprendre ses leçons auprès de son maître. D’ailleurs, où en sont tes devoirs sur les arcanes principales ?
-Oh, maîtresse, ne puis-je pas traquer avec nous ? Je ferais mes devoirs une autre fois ! S’il vous plaît, laissez-moi apprendre sur le terrain, j’ai tellement hâte de vous voir chasser… »
Tu es à peine fichu de faire semblant d’apprendre les cours que je consens à t’enseigner… Et tu oses te prétendre prêt à traquer ? Dieu que tu m’es inutile; Ta présence provoque à peine un remous dans une flaque d’eau, alors ta disparition…

… Mais bien sûr… Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Tu vas être la touche finale de mon plan !
« … C’est d’accord.
- Vrai ? Je peux venir ?
- Bien sûr ! Les arcanes peuvent attendre ; il est vrai que tu as besoin de voir, et tu es un si bon observateur….
-Vrai de vrai ? » Les oreilles de Zakori frétillaient tant elles ne revenaient pas d’entendre ses mots.
« Tout à fait, mon chaton. Je vais même te révéler un petit secret, puisque tout le monde est parti… Mais te sens-tu à la hauteur de ne rien dire à personne ? »
Za n’en pouvait plus d’attendre ; il tournait sa tête dans tous les sens, comme pour être sûr que tout le monde était bien parti. La forêt n’était plus qu’un instant de silence, pétrifiée dans la lumière de la Lune en chasse. Un moment idéal pour dévoiler un secret.
« Maîtresse, je ne vis que pour vous montrer que je suis à la hauteur ! Je le sais, maîtresse, je le sais, je le sais ! Quel est ce secret ? Je serais muet comme le cadavre d’une proie !»
Moi-même, je n’aurais pas dit mieux, petit idiot de Za.
Je m’approche doucement de son oreille, exécutant la sentence :
« Mon secret, c’est que je suis la seule chatte de cette forêt à maîtriser la magie noire. »
Les moustaches du petit félin se figent de surprise. Il me regarde, étonné, et croit que le regard que je lui adresse est le signe d’une plaisanterie :
« Vous m’avez bien eu, Maîtresse ! Ha ha ha… Aucun chat n’a jamais été autre chose qu’un mage de la forêt, tout le monde le sait ça !
-J’ai trouvé un moyen d'arranger ça… J’ai découvert une incroyable vérité, et elle s’est mêlée à ma magie verte… Mais au lieu d’éradiquer cette pitoyable confrérie de Sans-Racines, je vais juste échapper à son jugement…
-… Maîtresse ?
- Mais je sais que je suis crainte parmi les autres… Tobber-Morry soupçonne même quelque chose ! C’est qu’il a été moins bête que je ne voulais le croire…
-… Maîtresse ?
- Silence ! Je n’ai que faire de cette stupide confrérie, pas plus que ce lézard de malheur… Alors, je vais rejoindre la ville des Hommes pour affiner ma force auprès de mon vrai maître…
-…
-Mais si je pars sous cette apparence, je serais de suite traquée et certainement rattrapée pour que vous exerciez sur moi vos simulacres de sermons… mais j’ai un plan, vois-tu ; Je vais faire croire que je suis morte durant cette traque, laissant mon cadavre bien en évidence… Tandis que j’aurais transposé mon âme dans un nouveau corps!
-…
-C’est pour cela que je dois m’enfuir sous la peau d’un autre chat… et pour ce faire, je vais devoir te tuer, Zakori.
-… Maîtr…
Tu n’as même pas le temps lever une patte pour m’arrêter ; tu n’étais décidément pas un chasseur digne de ce nom. Ne pleure pas ta propre perte, petit idiot de chat ; ta mort changera ma vie…
De la pâleur de la Lune, je vois le monde passer au noir à mesure que je plante mes crocs. Quand il devient rouge…
Oh ! Si rouge…
Si j’avais su à quel point le plaisir que l’on ressentait à tuer l’un des siens était si… excitant… si jouissif…
Prrrrrrrrrrrrrr.


« Doucelette ? Où que t’es passée ? Chatchat ? »

Une année s’était déjà écoulée. L’hiver revint, toujours autant chargé de froid et de neige. Mais l’orpheline se souciait à peine de ces nuages posés en douceur sur la terre gelée ; son matou n’était plus là.
Un an d’une vie des plus heureuse ; on croirait à peine qu’elle vivait toujours comme une vagabonde sans le sou ! Toutes les bonnes choses que lui avait apporté Doucelette des jours durant lui avait apporté de nouvelles rondeurs sur son corps juvénile ; chaque jour, le chat l’incitait à voyager de place en place plus loin, plus vite et plus longtemps, lui prodiguant ainsi une excellente condition physique ; sans compter qu’elle était devenue la plus inestimable des amies dans cette Ville-monde saturée de magie, tant elle se confiait à son merveilleux chat….
Elles avaient vécu chaque jour de cette année ensemble, passant chaque seconde à portée du regard de l’autre, et voilà que Doucelette disparaissait un beau matin !
L’adolescente paniqua rapidement ; le quartier dans lequel elle se trouvait avait été récemment témoin d’affrontements sanglants. Et si le chat s’était retrouvé entre une hache et un marteau de guerre ? Comment pourrait-elle aussi bien vivre et se nourrir sans les sens aiguisés de Doucelette ? L’idée arracha à elle seule un sanglot d’effroi à l’orpheline. Elle passa alors toute la matinée à courir désespérément à la recherche du chat, en vain. Quand midi sonna des innombrables clochers de la Cité, l’orpheline tomba sur un groupement de rescapés, occupés à se soigner les coups de ces derniers jours. Elle continuait de chercher comme une possédée. Elle était tellement désemparée qu’elle rabrouait sèchement le peu de personnes valides qui voulaient l’aider ; Aucun adulte ne serait à même de lui porter secours, c’était entre elle et Doucelette !
Quelques heures s’écoulèrent de nouveau, et toujours pas la moindre trace de son chat. A bout de souffle et profondément attristée, l’orpheline se laissa aller aux larmes devant les rescapés. Elle savait que l’on se moquerait d’elle ou qu’on lui ferait la morale ; cela lui signifiait à quel point les autres n’étaient que des ignorants à sa souffrance, et pleura davantage à cette idée :
**V’z’êtes rien que des z’abrutis, j’vous déteste ! Ma Doucelette à moi elle vaut vingt fois de plus que vous tous, pask’on était deux chats supers intelligents inséparab’, et vous vous valez que dalle ! Moi j’ai des vrais souffrances, et vous z’êtes trop des débiles pour vous rend’ compte ! ... *sniff* j’veux mon chaaaaaaaaaat…**

-Douceleeeeeeeeeeeeette ! Ou que t’es passé ? Dis-moi ou que t’es !

- Mrââââââââouuuuuu….

Le cœur de l’orpheline manqua quelques battements tant sa surprise fut grande. Ce miaulement ne pouvait que celui de Doucelette ; Quelle joie de retrouver son amie de toujours ! Doucelette était simplement de l’autre côté du mur où l’adolescente s’était adossée !

-Mrââââââââââââââouuuuuuuuuu… Mrâââââââââouuuuuu…
Mais la joie de l’orpheline laissa aussitôt place à une vive inquiétude :

** Doudou a jamais miaulé deux fois d’suite ! Elle doit êt’ en danger grav’ !**

Et oubliant toute fatigue, l’orpheline se jeta d’un puissant coup de détente sur le mur et l’enjamba d’un bond. Elle ne se sentit même pas surprise par sa performance, tant elle était persuadée de la menace qui pesait sur son chat.
Mais après quelques pas, l’orpheline vit au détour d’une ruelle sombre une silhouette familière, penchée sur une forme étrange dans un jet de lumière ; ce petit mais imposant profit n’était autre que sa meilleure amie, Doucelette. La masse informe devant elle… était un jeune soldat à l’agonie, la gorge saillante de chair tranchée. Doucelette semblait observer le corps avec un intérêt tout particulier…Mais l’orpheline passa ce détail avec grand plaisir ; elles se seraient retrouvées dans un hangar de boucherie purulents de rats que son bonheur en serait inchangé ! Et faisant fi de la mare de sang glacé, l’orpheline attrapa son compagnon et l’étreignit sans retenir son émotion :
« Oh ma Douc’ douceur de chat, comment qu’tes en vie ! Trop trop trop trop trop trop trop bieeeeeeeeen ! Qu’est-ce que ch’uis heureuse que j’t’aime ! J’t’e quitterais pus, mon chat, pus jamais jamais pus ! Chuis sûre que t’était que super trop triste sans moi et que… »
Un violent pincement au bras droit pétrifia l’adolescente dans son élan, et dans sa surprise elle lâcha Doucelette ; elle venait de lui mordre le bras jusqu'au sang. Le félin retomba sans un bruit sur le cadavre, crachant et montrant crocs et griffes à l’orpheline.
Mais ce tour de force n’était rien comparé à ce qui sortit de la bouche du chat :

« Misérable petite idiote ! Comment oses-tu interrompre ma renaissance ? »
La jeune orpheline mit un certain temps à avoir mal ; le sang perlant la morsure de Doucelette sur son bras se mettait déjà à s’écouler sur le sol détrempé… Et ces paroles sonnaient comme le plus fatal des glas…
«… Douc’lette ?
-Si je t’entends encore m’affubler de ce nom stupide, je t’arrache les yeux ! Je suis Najaï-Kamu, « Najaï la grise », celle qui dévore le cœur des siens pour en prendre la force ! Et voilà que tu interromps mes plans alors que je fais tout pour que tu me laisse tranquille ? Tu m’es tellement inutile…
-… Chatchat, mais t’es possédée ! J’vais t’sauver ! »
L’adolescente ne pouvait se faire à l’idée que non seulement son chat parlait, mais qu’en plus elle lui parle comme ces adultes qui la grondait sans cesse ! Sans attendre, elle sortit son petit canif rouillé et traça en l’air des gestes précis et anguleux ; un glyphe blanc. C’était un sort très simple, et bien le seul qu’elle pouvait prétendre à maîtriser ; Elle avait déjà vu des dryades purifier des sources d’eau croupies et elle avait trouvé cela tellement beau qu’elle s’était persuadée que cela marcherait aussi toute personne qui lui voudrait du mal :
« Esprits bienfaisanteurs, entendez moi priérer comme si qu’on voit la loupiote dans l’noir ! J’vous appelle d’mes vœux déspérés, pour rend’ à cont’courant sa purorigine grâcà vôt’ puissance salvateurice et que…
-Ah, fit Najaï d’un air agacé, ça suffit. »

La chatte fixa le bras en mouvement de sa « maîtresse », et d’un coup l’air devint plus froid qu’il ne l’était auparavant.
Soudain, l’orpheline arrêta son incantation et s’étrangla d’effroi devant le spectacle qui se présentait à elle : son bras droit tenait toujours son canif, mais ne ressentait brutalement plus rien, comme s’il s'était soudainement endormi ; et ses ongles se mettait à noircir rapidement, juste avant que ses doigts ne se mettent à pâlir, se dessécher puis se rétracter comme une feuille piégée par les flammes… Et elle ressentait comme un froid la glacer jusqu'à l'os, qui courait le long de son avant-bras... Les yeux rivés dessus, l'orpheline voyait sa peau commencer à se fissurer peu à peu, avant de s'ouvrir en plaies plus larges, pour finalement laisser apparaître un sang noir, épais... mort.
Le bras de la jeune fille mourrait sous ses yeux, dévoré par une nécrose galopante…
Mais la jeune orpheline parvint à grande peine à lever les yeux pour voir le chat… ricaner ?
« …J’ai mal… Arrête…
- Tu n’as aucun intérêt à me mentir ; je sais que tu n’as pas mal. C’est plutôt le moral qui prend un coup, n’est-ce pas ? Ce n’est jamais agréable, un monde qui s’écroule… Je n’aimerais pas que ça m’arrive !
-Mais pourquoi ? Quoi c'est que'je que t’ai fait ?
- A part constamment violer mes oreilles par ton affreuse syntaxe ? Rien, je l’avoue. Tu as juste eu la malchance de t’accrocher à moi. Si tu ne m’avais pas offerte cette nourriture, j’aurais vite passé mon chemin ; mais tu t’es immédiatement ouverte à moi, et en échange j’étais ce que tu voulais que je sois… Parce que j’en avais besoin. Tu veux que je te raconte ? Tu n’iras pas bien loin de toute façon…
L’orpheline regarda à nouveau son bras avant de vite se détourner avec un violent haut-le-cœur : si la blessure s’était arrêtée juste avant le coude, un sang noir et nauséabond s’échappait déjà des blessures…
-Mais… ça pue et c’est tout moche… Tu peux arrêter ça, hein ? J’te connais trop bien, t’es juste une trop gentille de chat et …
- Je pourris ton corps de l’intérieur, et tu crois encore y survivre ? Tu parodies tellement bien le genre humain que c’en est à peine drôle… Et puis, il n’y a ni « gentil », ni « méchant » chat : C’est tout de même de ta faute si tu vas mourir !
-…Non… j’ai rien fait… J’voulais que t’aider…
- Tu ne te serais pas mêlée de mon rituel que je serais loin depuis des lustres… mais je reconnais que je ne te savais pas si désespérée, sinon, je ne me serais jamais approchée, un parasite comme toi…
La nécrose courait aussi vite que le désespoir qui brisait un peu plus fort le cœur de l’orpheline, plus terrifiée que jamais. Elle en perdit son équilibre et ses jambes s’effondrèrent en la laissant tomber lourdement sur le sol ensanglanté. Elle sentit ses genoux s’écorcher sur le coup, mais elle le vit comme un événement bien loin de la réalité. La chair morte dévorait son épaule sous ses yeux écarquillés ; le choc émotionnel affolait grandement le cœur de la malheureuse orpheline, la rendant trop confuse pour parler clairement…

-Ughhhhh… Arrrrr…ête… Arrê… te…
-Bornée jusqu’aux derniers instants de ta vie donc, siffla le félin dans un grondement mauvais. Tu crois vraiment qu’il suffit de le dire et d’y croire très fort pour que tous tes souhaits s’accomplissent ? Je vais devoir consacrer les derniers instants de ta vie à t’expliquer une triste vérité sur le monde…
-… Ughhh… qu…qu…q…quoi…hhhhhhhhhhh…
- Vois-tu fillette, à force de se laisser convaincre que le monde tourne selon ses moindres désirs, on finit par oublier à quel point ce mensonge est stupide… Et dangereux ; après tout, on ne sait jamais quand son matou adoré va vouloir vous tuer en distillant une nécrose par une morsure au bras ! A croire qu’elle maîtriserait la magie Noire… mais comme il n’y a pas de magie Noire dans ton « univers », tout cela n’est qu’un mauvais rêve, n’est-ce-pas ? Si seulement tu pouvais te réveiller ; ouvrir les yeux sur les nuages lourds d’une neige cotonneuse et sucrée, dans la douce chaleur d’une paillasse infestée de bestioles, prête à chasser tous ces bons petits plats que ces gens laissent aux rebords de leurs fenêtres rien que pour toi…
-Ughhhhhhhhh… hhhhhhhhhhhhhhh…hhhhhhhhhhhhhhh…Ughhhh…hhh…
-Mais ta vie ne se finira pas en vain, puisque tu serviras à mes plans… Je voulais posséder le jeune soldat que tu vois, mais ton interruption malvenue lui a permis de rendre l’âme avant que je puisse achever le rituel. Mais, en y repensant, tu feras l’affaire.
-Ughhhhh…Ughhhhh… Pour…Ughhhhhhhhhhh… P... Pourquoi… Ughhhh… Pour…
-Maintenant que tu sais qui je suis, tu te doutes – enfin, ça m’étonnerais - qu’un être vivant aussi capable en magie noire que moi n’aura jamais la paix s'il s’expose aux yeux des craintifs du bétail… Il doit se cacher, se camoufler, se fondre dans la masse pour en atteindre le noyau, avant de le tuer à petit feu. J’ai donc tous les chats magiciens à mes trousses… Tiens, je viens de t’apprendre que d’autres chats sont plus intelligents que toi ! Comme c’est risible ! Ha ha ha ha ha ha ha…
Et tandis que le félin continuait de méchamment ricaner, l’orpheline sentait ses larmes se mettre enfin à couler : la douleur, le désespoir et sans doute la peine d'avoir à faire face à tant de cruauté venait d’achever son cœur si simple. Et même une analphabète guère futée pouvait se rendre compte à quel point elle avait été idiote de croire en une telle idylle ; mais n’ayant cru qu’au fait que le Monde ne tournait qu’autour de sa vie, comment aurait-elle pu s’imaginer qu’il se retournerait subitement contre elle ?
Son bras commençait à être exsangue à force de perdre ce sang putride. Il bougeait à peine en convulsions nerveuses, mais la nécrose était déjà en train de s’en prendre à la poitrine… L’orpheline continuait de pleurer à chaudes larmes, lorsque le félin s’approcha en susurrant :
« Allons, ne pleure pas, petite. Je peux arrêter la gangrène si tu veux.
-… Oui ! Ugh... ; Arrête ça… Arrête ça ! Ughh… Ughhhhh… Pitié…
-Je m'abstiens de pitié, ça gâche mon plaisir. Non, supplie-moi, appelle-moi par mon nom et tout ce que tu pourras trouver comme louanges, et ton bras sera comme neuf ! Ou même mieux; que dirais-tu de revenir à ta vie d’avant ?
-Oui… Ou…iiiiii… Uggghhhhh… J’t’en… supplie… Ughhhhhh… Naji… Nïa... Naïja… S’teu plaît…
-C’est « Najaï ».
-… Ughhhh… Na… Najaï… Najaï… Ughhhhhhhhhhhh… Ughhhhhhh…Najaï, rends-moi mon…
- C’est « Najaï-Kamu ».
Un douloureux sanglot s’échappa de la gorge de l’orpheline ; elle se rendait parfaitement compte que le félin jubilait devant son agonie. Comment ce chat pouvait-il être aussi vicieux avec elle ? Après tout ce qu’elles avaient vécu, et surtout tout ce qu’elle avait fait pour que le félin vive une vie heureuse et bien nourrie ? Mais si elle s’inclinait pour cette fois, elle pourrait vivre comme avant, toujours libre mais juste un peu plus méfiante devant ceux qui viendraient la voir « gentiment »… La nécrose galopait sur son buste, approchant dangereusement du cœur; et l’orpheline était prête à toutes les bassesses que voulait ce chat pour rattraper sa naïveté d’antan :
- Najaï… Ughhhhhh… Najaï… Kamu… Najaï-Kamu… Gand’super chat… Meilleur’ magi.. chat.. Ma… Irrrrr… Ughhhhhhhhhhh… Ar… ttt… aaaaaaa… aaaaaaaa…
- La nécrose a déjà atteint tes cordes vocales ? A moins que tu ne sois juste en trop piteux état mental pour parler, je suis plus douée que je ne le croyais… Mais tu as dit mon nom, et tu t'es même donnée du mal pour trouver des compliments ! Je vais donc te faire une fleur, parce que je suis gentille… »
Le chat descendit sans un bruit à portée de l’oreille de la jeune fille, le nez dans la boue pour ne pas sentir (ni voir) les chairs mortes… Mais l’orpheline voulait vivre, à tout prix. Il suffisait d’attendre désormais ; elle s’était humiliée juste comme le chat le désirait. Elle n’avait plus qu’à attendre que tout redevienne comme avant, redevenir innocente, libre et heureuse et…
« Pour ton bras et ta vie comme avant… J’ai menti. »
Et les canines plantées dans sa gorge qui suivirent ses mots firent encore plus mal. Elle ressentit en cet instant la plus violente douleur qu’elle n’avait jamais subi de sa courte vie.
« Je… voulais… que… viv'… »
Mais plus un son ne sortit de sa bouche ; voir sa jugulaire fraîchement arrachée par un chat aux yeux enragés l’a laissé sans voix… Puis rapidement sans vie.
Et ses yeux la laissaient quitter ce monde en fixant Najaï-Kamu mâchouiller un épais morceau de sa gorge, qui semblait sur le point de se débattre tant il s’en écoulait du sang… Et cet animal qui se baignait dans cette fontaine de rouge n’était plus un chat… Mais un démon ayant pris l’apparence d’un chat trempé de sang.
Silence.

L’aube point. Un soleil rouge, faisant chatoyer les feuilles de tâches écarlates, comme éclaboussées par le sang des proies de la nuit passée. Pas un souffle de vent sur ce champ de bataille invisible ; Et pourtant, l’Arbre-Sans-Racines frissonne, pris dans un souffle venant de son cœur. Une myriade de cris réunis en une seule voix qui fait trembler chaque fibre de l’Arbre… et de chacun de mes poils.
« Coupables, coupables ! Crièrent les chats en cœur. Najaï n'est plus une « Chatte-des-feuilles » ! Najaï n'a plus de couleurs ! Najaï-la-grise, Najaï-la grise ! »
Le sifflement de leurs voix m'emplit la boîte crânienne à une vitesse... ahurissante. Quelle idiote j'ai été. J'aurais dû emmener Za plus près de la Ville, là où son cri se serait mêlé à ceux des victimes des abattoirs. Mais j'avais tellement hâte de transposer mon âme dans son corps, de le tuer et m'enfuir, enfin... Je n'ai pas su garder la tête froide pendant ce délicieux moment, auquel cas j'aurais remarqué que nous n'étions pas seuls. J'ose à peine me laisser croire qu'il pourrait même s'agir d'un traquenard. Non, impossible. Pas eux.
Il n'empêche que je paye mon excès d'assurance en étant accusée dans un procès. Toute la horde des Sans-Racines semble être venue pour le premier procès de son histoire. Il faut dire qu'un chat tuant l'un des siens vaut un peu plus la peine de se déplacer que des élèves grossiers devant le Morry...
Je me tiens donc tout en bas, tenue en respect par deux musculeux « Chats- Coubriseurs » ; leurs dos ronds et leurs pupilles dilatées me montrent que je ne m’enfuirais pas facilement. Les autres se sont installés hors de portée, à l'abri dans les branches médianes : je vois Tsukuto, le père de Zakori, un vieux malingre qui me fixe de ses petits yeux tristes, des chatons pelotonnés de terreur derrières leurs Maîtres qui tâchent de se montrer vaillants pour donner l'exemple, les vieux chats obèses crachant à bonne distance leurs insultes («honteuse ! », « vilain chat ! », « aucun honneur ! », « démoniaque ! »...)... Et bien sûr, au-dessus de la foule, Tobber assiste l'assemblée comme président de cette mascarade.
« Najaï, annonce-t-il dans un souffle, tu as été vu en train d'exécuter de sang-froid ton propre élève. Pourquoi as-tu fais ça ? »
Le vieux ne veut pas perdre de temps en phrases-rituel et autre introduction pompeuse, cette fois-ci ; peut-être que quand c'est trop grave, il va enfin à l'essentiel, comme un vrai chasseur, et comme un vrai chat sauvage. Mais bon, ce n'est pas comme si cela me concernait désormais. Toujours est-il que ni lui ni les autres ne doivent être au courant de mes projets d'avenir :
« Je l'ai tué... pour avoir un concurrent en moins à la place du Morry, bien sûr. »
Cette fois, des feulements se font entendre. En même temps, je ne m'attendais pas à ce que ça marche. Et s’ils n’étaient plus capables de voir que je fous ouvertement d'eux ?
« Zakori n'était qu'un enfant. En quoi était-il une menace pour la place de chef à tes yeux ? Et quand bien même il l'était, comment as-tu pu le laisser faire jusqu'à ce jour, où tu as décidé de commettre ce meurtre ? »
J'ai peut-être parlé un peu vite. Tobber est un malin, peut-être est-il déjà au courant de mes intentions et qu'il essaie de me forcer à avouer en public. Mais il en faudra plus pour espérer une réponse de ma part ; et puis, il me reste encore un atout à jouer :
« … Vénérables Sans-Racines, soufflais-je d'une voix faussement craintive, j'ai découvert un triste secret au sujet de Zakori, et je ne pouvais le laisser impuni. Mais je ne voulais pas le tuer, seulement l'immobiliser, afin que vous constatiez cette vérité de sa propre bouche... »
Je vais devoir inventer un mensonge à toute vitesse, peut-être qu'ils y croiront en étant assez bêtes...
« Zakori... m'a avoué avoir des penchants pour la magie noire. »
Un frisson de terreur s'empare de l'assemblée, des yeux s'ouvrent de surprise, des têtes s'agitent nerveusement en claquant leurs oreilles avides et apeurées à la fois. Si je m’en sors bien, je devrais tirer ce procès à mon avantage ; en voulant créer sa République pour chasseurs, Tobber a décidé de laisser « le jugement à l’avis du peuple ». Si je pouvais le remercier de me faciliter autant la tâche… Ce doit pour cet instant qu’il a inventé ce principe ! Il me faut donc apporter mon public là où il faut :
« Il voulait tuer toute la communauté des Sans-Racines afin d'accroître son obscur pouvoir, et s'en est donc pris à moi. Il était en train de préparer un sortilège, alors j'ai voulu le tenir en respect ; mais je ne voulais pas la tuer, c'était de la légitime défense ! »
Le vent que les nombreux feulements forment fait trembler jusqu'à l'écorce de l'Arbre. Je n'ai pas l'impression d'avoir convaincu mon public. Peut-être que je peux sauter à cette hauteur ? Mes deux gardes m'ont l'air assez lent pour...
« Zakori a menti ? » lance une petite voix aigüe.
Le vent se tait, et les chats se tournent peu à peu vers le responsable d’un tel revirement : le père de Zakori a enfin parlé.
Les rumeurs sur ce vieillard de Tsukuto disaient donc vrai ; il n'aimait pas son fils (comment pourrait-on ne serait-ce qu'apprécier un tel fardeau?), et ne pouvant croire qu'il soit aussi incompétent, il le soupçonnait de cacher quelque chose de grave. Et me voilà, lui offrant une occasion de souiller son innocence de ma vérité empoisonnée. Il est prêt à croire à toutes les rumeurs douteuses... Foutu sénile. Quoi que je ne m'en plaigne pas, cela dit ; ça arrange même plutôt bien mes affaires. Il chauffera mon auditoire. Je profite de la fin des cris pour enfoncer le clou sur la tombe de ma victime :
« Sache que je suis la première à le déplorer, Tsukuto-Ji l'Honorable, dis-je d'un air compatissant. J’ai pourtant tout fait pour l’intéresser aux arcanes sylvestres, mais je sentais qu’il était réticent… ce qu’il voulait me faire savoir par sa fausse incompétence, je suppose. Je regrette de ne pas avoir été en mesure de déceler ses véritables intentions, car je me rends bien aujourd’hui à quel point il nous a tous dupé. Je n’ai eu que très peu de temps pour essayer de le raisonner ; j’aurais voulu trouver les mots justes et l’empêcher de commettre l’irréparable, mais sa mort n’est que le résultat de ma volonté à vouloir protéger ceux qui auraient pu être ses victimes ; et au vu du peu de magie qu’il m’a fait entrevoir, la mort qu’il aurait propagé dans nos rangs aurait été lente et douloureuse. Il était bien plus puissant et enveloppé de magie noire que je ne voulais le croire, et je te demande humblement pardon pour la mort de ton fils, et aussi pour ne pas avoir percé sa vraie nature à temps. »
Le vieux détourne le regard, en proie à une intense réflexion. Il semblerait qu’il découvre son fils sous un nouveau jour, avec même l’espoir d’un talent caché, histoire de faire un peu briller sa défunte mémoire, et apporter du baume à son cœur flétri par le désespoir de son inutile descendance, qui sait ? Il s’avère qu’il soit même prêt à avaler que son fils était un éventuel génie du mal, vu qu’un enfant malveillant lui convient bien mieux qu’un enfant inutile. Si en plus je peux lui apporter un peu de joie juste avant qu’il n’aille s’allonger entre les racines blanchies et creuses comme son âme… Et il n’est plus le seul à douter désormais ; j’en vois certains qui se regardent en cherchant le doute dans les yeux de l’autre, les petits interrogent leurs aînés pour savoir si je ne suis pas finalement innocente, et les Maîtres restent là, mâchoires ballantes, vains puits de science devant l’illusion de vérité qui se tient devant eux. Seul Tobber-Morry reste impassible et me fixe avec son œil clair, pourtant fermé à la moindre émotion ; pas facile de se cacher du « Chat-de-la-Lune », celui qui traque la lumière jusqu’au cœur de la nuit. La légende est absurde, mais elle rappelle malgré tout l’instinct exacerbé du meilleur chasseur du Clan. Je ne crois pas qu’il m’ait cru, mais je sais qu’il est coincé, forcé de se plier à l’avis du peuple que je manipule par la menace d’une âme innocente. Et ces idiots se targuent du titre de chasseurs… vous ne méritez même pas que je vous tue.
Un détail m’intrigue, cela dit ; qui diable exécutera la sentence ? C’est au Morry de le faire, et Tobber ne l’ait plus. Je me rends compte que j’avais complément oublié la chasse au Feu-Noïndéim ! Et nous sommes à l’aube, la chasse est finie. Faute de prêter attention à mon public désormais pantois, et me pose la question dont tout le monde à la réponse, sauf moi ; qui peut-être ce nouveau Morry ?
L’ancien chef me fixe et je soutiens son regard, car je le soupçonne d’avoir compris que je m’interrogeais et que je demandais une réponse. Et quelle réponse ; d’un geste presque digne d’une mimétique humaine excessivement appuyée (du « théâtre », comme ils disent), Tobber jette un coup d’œil sur sa gauche, tandis que la foule suit son regard d’un seul chat. Car un membre était resté à l’écart tout le long du « procès », attendant patiemment le moment adéquat pour son entrée… et celle de son trophée, un maigre Feu-Noïndéïm d’ambre et d’onyx qui brillait de son aura de magie rouge exalté par la panique. Et la patte blonde ourlée de noir qui la tenait fermement n’allait pas la rassurer sur son sort.
Une patte blonde… ornée à son bout d’une empreinte noire, comme marquée par la Mort… celui qui n’aurait pas dû être Morry l’a finalement été, contre le peu d’attente que j’avais là-dessus. Une brute épaisse comme Annara (le vigile Coubriseur à ma gauche) m’aurait presque laissé comme un espoir que le clan partirait dans une direction plus digne de chasseurs sauvages, un imbécile comme Hirko, l’élève de Tobber, m’aurait laissé la joie de voir le spectacle de ma soi-disant famille se déchirer devant un chef inapte à respecter ses propres règles.
Non, il a fallu que ce soit le plus imperturbable, le plus agile et le plus sage d’entre nous ; Vel, le chat le plus détestable de la création. Moi qui le croyait trop parfait pour se laisser prendre au jeu de pouvoir, voilà qu’il se tient au côté de l’ancien Morry pour prendre peu à peu sa place, comme un soleil mourant éclipsé par le flamboiement d’un astre dévoreur de lumière, de gloire et d’attention. Il me semble qu’il est lui aussi attiré par une magie autre que sylvestre ; la magie blanche, celle qui doit le faire briller de cet aura si juste, si perçante dans l’aube fraîche… si humaine. La fin des Sans-Racines est donc imminente avec un chat aussi proche de la servilité. Ce sera donc un énième combat entre la sainte et juste lumière de Vel, tandis que je me ferais l’étendard de nos sombres instincts, ceux qui nous font assassiner pour notre faim insatiable de ténèbres. Je n’ai pas hâte d’entendre son verdict, mais ce n’est pas comme si on me laissait le choix :
« Najaï-Kamu, toi qui est devenue grise comme la brume où les âmes damnées se perdent, tu es une meurtrière de tes innocents semblables, annonce Vel-Morry. Je prônerais la peine de mort comme sentence. »
… En voilà une surprise. Qui contredit fortement mes plans d’ailleurs. Dois-je me préparer à fuir ? Ce sera serré…
Mais le public se tourne vers mon juge… et commence à rouanner de mécontentement. Les petits fixent les hauteurs de leurs yeux humides, les Maîtres tentent de les calmer sans vraiment y croire, les vieux prennent un air compatissant en mon égard dans l’espoir de faire acte de rédemption pour les insultes que j’ai reçu… injustement.
Je n’en étais pas sûr, mais maintenant c’est clair comme une rivière de cristal ; le peuple est sénile depuis la naissance et son cas s’aggrave à chaque seconde qui la vieillit. Il suffit du plus fantaisiste des mensonges pour m’assurer de mon innocence immaculée : pour un peu, je me lancerais dans un discours poignant sur pourquoi il faudrait me laisser les clés du pouvoir ! Mais pour l’heure, je me satisfais de pouvoir mettre une foule condamnée à l’avilissement en ma faveur, et la vue d’un semblant de surprise sur cette perfection incarnée qu’est Vel-Morry illumine un peu ma journée. Mais le nouveau chef réclame le silence qu’il obtient d’un seul feulement pour mieux reprendre la parole :
« … Il semblerait que le peuple Sans-Racines ait pitié de toi et que la condamnation à mort soit un châtiment trop sévère à ses yeux. Mais ton seul témoignage ne peut pas te rendre totalement innocente, car tu as malgré tout tué un enfant de sang-froid, en faisant ainsi la proie de ta propre chasse. En conséquence, tu deviendras à ton tour le gibier d’une traque sans fin ; Je te chasse à tout jamais de cette forêt et, loin de tous tes repères et tes souvenirs, je te contrains à vivre au sein de la Ville-Monde. Dans cette forêt de pierre où nul enfant des bois n’a jamais survécu sans devenir un monstre semblable à ceux qui y sont nés, nous enverrons nos plus fins limiers qui, s’ils te trouvent, seront tes bourreaux et reflèteront la mort que tu as toi-même attribué à l’un de tes pairs, à moins que les Ancêtres ne décident de te faire trépasser d’une manière qui leur plaira. Que mes mots demeurent dans l’immuable mémoire des Sans-Racines et qu’aucune larme ne soit versée face à la juste sentence, reflet de la digne prédation de nos frères et sœurs ! »
Quand je pense que je le croyais moins stupide faute d’être appréciable, mais il est aussi enfoncé dans ce cloaque de bêtise que les autres. Une chasse alors ? Soit. Tant qu’il me laisse un peu de marge pour courir… et mettre en place mon nouveau plan. Je l’ai échafaudé un peu vite, mais il doit se placer dans un cadre aussi vaste que précis, et on me le donne sur un plateau ; Me voici donc, Ville-Monde ! prends garde à Najaï-Kamu, la Mort Bannie !


Un grand être encapuchonné se glissait dans les tréfonds de la terre, au cœur des égouts plongés dans les ombres immortelles. Elle pouvait se réfugier dans ces mêmes ténèbres pour ne faire plus qu’un et s’enfuir de la vie grouillante et angoissée de la Ville-Monde aussi longtemps qu’elle le souhaite, pour en sortir comme l’émissaire des Ténèbres, en étant soi tout en devenant un autre, en se transformant en une ombre assoiffée de lumière, vivant de la mort pour mieux en renaître, et permettre à un Tout empli d’ombres voraces de se nourrir de l’infime lumière qui l’entoure pour enfin créer une vie nouvelle, la plus belle et la plus affamée de toute… Mais l’Encapuchonné savait déjà tout cela, bien avant de s’allier au Seigneur Liche, bien avant de prêter serment à Savra, et quelques temps avant d’offrir sa vie à la nécromancie Golgari. Tant de décennies se sont écoulées au service de la vie surgissant de la mort, et il craignait d’avoir à rejoindre à son tour le cycle de résurrection, et donc de laisser son corps entraîné à la magie pourrir dans la Citerraine, sans avoir pu former un disciple qui puisse reprendre ses propres méthodes et se former à son tour à ce sens immuable de l’existence. Mais le hasard lui avait accordé une chance des plus inattendues ; une élève appliquée, prête aux sacrifices qui rebutent la plèbe, peut-être un nouveau membre au potentiel inégalé. Maître et élève devaient se retrouver dans une alcôve précise des égouts, le septième à l’entrée du branchement Grefferite, où l’initiation commencerait enfin.
Un spectacle inhabituel se présenta alors à l’Encapuchonné ; un chat, un jeune homme, une jeune fille, tous inertes dans les flaques de sang gelé. En s’approchant, il constata que seule la fille et le félin respiraient encore, mais le jeune soldat n’avait aucune chance au vu de la profondeur de sa plaie à la gorge. Mais c’était la fille qui l’attirait en premier ; quelque chose émanait de son corps, comme une aura tangible évoquant, pour ceux qui savent voir, une poussière d’émeraude ourlée de noir. Il semblerait qu’il ait trouvé son disciple. Elle a d’ailleurs beaucoup changé : prise de poids, taille… perte importante de poil… l’épreuve est plus que réussie !
« Lève-toi, Najaï la Grise, toi la vraie Sans-Racine. Ton maître t’appelle. »

Et la fille ouvrit les yeux.
Il lui fallut un certain temps avant de pouvoir de se lever. Elle parvint péniblement à bouger ses bras, puis ses jambes, pour finalement s’asseoir lentement dans la boue ensanglantée. Après avoir massé sa mâchoire encore un peu douloureuse, elle put enfin s’adresser à son locuteur :
« … Bonjour, Maître. Vous n’avez pas changé, depuis la dernière fois.»
L’Encapuchonné sourit ; il est vrai que la Vie conservée après la Mort offrait l’avantage de préserver sa prime jeunesse… mais ce n’était pas le coup d’éclat le plus impressionnant de la journée :
« Toi par contre, te voilà bien différente. Si je n’avais pas fait attention, tu aurais été méconnaissable à mes yeux. La Transcendance s’est déroulée à merveille, on dirait.
-Oui Maître, mais je voulais prendre le corps du soldat, dit la fille en désignant le cadavre égorgé. Cette idiote a contrecarré mes plans, quoique je pense qu’elle fera l’affaire.
-Cela reste une victoire assez conséquente. Même au sein de la Citerraine, peu de mortels sont capables de transposer leurs âmes dans un nouveau corps. Mais toi, tu as presque réussi en un coup ! C’est un exploit particulièrement difficile à accomplir, ce qui fait de toi un élément des plus prometteurs. Vraiment, je suis admiratif et ravi de t’enseigner ce que je sais. Mais te souviens-tu de ce que je t’ai dit ?
-Que Je vais devoir tout recommencer, n’est-ce pas ? Je me souviens de ce que vous m’avez appris, mais je sens que mon corps n’est pas aussi… « Capable » de faire de la magie…
-C’est parce que ce corps ne s’est jamais entraîné à le faire. Il va falloir reprendre presque depuis le début. Il est dommage que tu n’aies pas pu posséder un corps plus intéressant, mais je te crois assez douée pour rattraper ce retard.
-Merci, maître. Grâce à vous, je vais pouvoir m’accomplir, et peut-être découvrir quelques secrets entre les doux bras de la Mort qui redonne la Vie…
-Ton ambition fait plaisir à voir, dit l’Encapuchonné d’un air satisfait. Mais avant toute chose, il y a quelque chose à régler…
-Quoi donc ? Il y a encore quelqu’un à tuer ?
-Et non des moindres… »


La chatte avait tout entendu, et voulait s’enfuir à toute vitesse.
L’animal terrifié savait que s’il elle ne partait pas très vite, ces deux inquiétants personnages allaient s’en prendre à elle. Mais quelque chose n’allait pas ; son corps refusait de lui obéir. Il restait là, froid et immobile, collé à la boue détrempée. Elle pouvait cligner des yeux, remuer faiblement la tête, mais tout le reste la maintenait inexorablement au sol. Rien ne répondait, c’était comme parler à quelqu’un qui ne voulait ni l’entendre ou même l’écouter… une situation étrangement familière. Mais elle cherchait malgré tout à se lever, à résister, à survivre juste assez pour s’échapper et retrouver une vie simple, comme avant…
C’est alors qu’elle sentit qu’on la soulevait. Sans aucune délicatesse, pas même une once de pitié dans le geste. Avant même qu’elle n’ait pu émettre un miaulement implorant de pitié, elle conservait malgré tout l’espoir qu’ils la laisseraient tranquille, et comme ça elle pourrait vivre une vie nouvelle et…
Mais la fille lui brisa la nuque d’un geste net. Elle jeta le misérable cadavre sans ménagement dans la boue infecte.
Le Maître laissait s’échapper un sourire satisfait ; c’était une élève qui n’hésiterait jamais à se salir les mains, et qui saurait obtenir ce qu’elle convoite, que ce soit de gré ou de force. Une nouvelle dévoreuse de vie naissait des ombres, et son héritage serait enfin transmis.

« A présent, fit l’Encapuchonné, c’est ta nouvelle vie qui commence. Quel nom souhaites-tu te donner pour inaugurer ce nouveau départ ? »
Najaï-Kamu fixa son cadavre, le temps d’une courte réflexion. Décidemment, ce pelage gris était vraiment hideux. Elle ne put toutefois se résoudre à totalement renier son passé :
« …Maître, je m’appellerai Namu. »

Le reste est à venir, mais ça fait déjà pas mal ^^
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