Magic The Gathering-Jdr

Jeu de rôles inspiré du jeu de cartes
 
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 Mjokkoto l'Assoupie

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Ishmæl
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MessageSujet: Re: Mjokkoto l'Assoupie   Lun 27 Juil 2015 - 12:11

Je trouve ça cool, une histoire épisodique que l'on attend tant que l'on l'attend presque plus, et qui quand elle arrive nous donne l'impression de retourner en arrière et de faire disparaître l'attente. Comme un épisode de Reflets d'acide, comme kaamelott.. Je suis content que tu aies posté la suite ! J'avais pas vu l'extrait précédent, alors j'ai eu une double dose ! o/ Merci de continuer à écrire, t'arrête pas !

_________________
Alors, je me plantai devant elle en souriant de toutes mes dents, et dis d'un air joyeux:
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Mjokkoto l'Assoupie
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MessageSujet: Re: Mjokkoto l'Assoupie   Jeu 6 Aoû 2015 - 22:10

OKAY.  Cool

La gueule du cadavre s’animait lentement sous ses yeux, articulant péniblement une voix gutturale, basse et grave ; aux oreilles d’un autre mortel, une telle voix aurait semblée venir tout droit de la gorge des Enfers, délivrant la parole d’un être divin, autant lourde d’orages que de pluie miraculeuse sur les terres stériles que sont devenues les âmes de ses adorateurs. Mais la jeune voyageuse, elle, le voyait tout autrement ; elle voyait ses épaules lasses, ses yeux rivés sur le sol à cause de sa tête alourdie par un chagrin sourd et immuable, son corps décharné encore animé de légers tremblements. Une fois sa surprise passée, elle associa cette voix non pas à une déité à craindre, mais plutôt comme celle d’un vieillard avec qui pleurer son deuil invisible. Le meneur de la tuerie de masse la plus violente qu’elle n’est jamais connue, cet être fabuleux pour qui l’on avait offert sa seule raison de vivre sur un autel sacrificiel déjà saturé de sang n’était autre qu’un cadavre animé qui suppliait qu’on lui retire la vie. Si elle l’avait vu plus tôt, elle aurait certainement ri à la folie de voir l’ironie d’un être aussi pitoyable lui arracher une personne aussi précieuse. Mais en cet instant fatidique, elle savait qu’une réponse aussi futile n’y changerait rien, et sut, faute d’une réaction logique et sensée digne d’un esprit sain, qu’il ne restait plus grand-chose à faire, si ce n’est savoir, juste savoir.

« Peut-être, répondit Grande-Sœur. Mais pourquoi commettrais-je tel crime ?
-Un crime ? Est-ce un crime de laisser un mort mourir ?
-Pas plus que de forcer des vivants à vivre ce que tu leur as promis de vivre…
-Tu sais qui je suis ?
-Non, et j’aimerais le savoir avant que tu ne partes.
-Alors tu mettras fin à mon calvaire ?
-Pas si tu t’obstines à poser autant de questions ; et puis, tu ne veux pas savoir qui je suis ?
-Je meurs de le savoir…
-Ha,ha ! »

L’absurdité du moment fit rire Grande-Sœur d’un éclat sincère, comme elle n’en avait entendu depuis une éternité ; elle l’entendit comme des parents auraient vu un très vieux dessin de leur enfant fraîchement enterré, et cette idée la ramena à cette image Petit-Frère qui riait entre les branches, ce qui raviva davantage son rire. Le lion semblait ravi de ce spectacle inattendu, et attendit que son rire se calme :

« Ton rire me plaît, il a l’écho de ces choses perdues depuis des lustres que l’on revoit un instant avant de les perdre à nouveau… on ne se serait pas déjà rencontrés ?
-Pas que je sache, et pour tout dire, je ne voulais pas te voir, ni même savoir que tu existes.
-Hum, soupira l’animal, tu n’es pas la seule.
-Je ne savais pas que tu avais des adorateurs qui te détestent…
-Ce ne sont pas les adorateurs, tous me prennent pour la Lumière qui éclaire leurs vies.
-Alors je veux bien croire que les soldats n’aiment pas que tu traînes dans leurs pattes…
-Ce ne sont pas les soldats, je n’ai jamais quitté cet endroit et ils n’y sont jamais venus.
-Alors les familles des morts ont dû venir chercher vengeance…
-Ce ne sont pas les familles, elles sont trop occupés occuper à pleurer leurs défunts, ou à traquer leurs meurtriers sans même connaître mon existence.
-Alors je ne vais pas te mentir, je ne vois pas qui.
-C’est qu’il ne reste plus que moi. »

Grande-Sœur sentit un peu plus de lassitude alourdir ses épaules et s’assit sur le sol froid. Il est vrai qu’elle ne s’était jamais posé la question de son amour propre, même si la question ne valait pas d’être posée à ses yeux ; mais en voyant celle qu’elle avait toujours considérée comme son ennemi mortel, elle constata que lui avait dû trop se la poser, quelle que soit les crimes qu’il ait commis, et que ses erreurs mêlés à ses doutes le dévoraient aussi bien que les vers avaient grignoté son pelage et ses os.

« Qu’as-tu fais pour te priver jusqu’au pardon de toi-même ?
-J’ai laissé mon âme sœur trépasser face à l’injustice, conduit des enfants à la mort, laisser traîner derrière moi l’opportunité d’une vie meilleure à qui voulait bien le croire pour ne leur offrir en échange qu’une vie creuse et sans espoir de revenir en arrière… tous ceux qui me fréquentent rêvent de devenir autres, et ils obtiennent à la fois ce qu’ils veulent et son exact opposé.
-Tu as voulu toutes ces choses ?
-A une autre époque, je t’aurais dit non ; aujourd’hui, je revois toutes mes victimes défilé dans le cours de ma vie, et je me dis « peut-être », puis non à nouveau. Et puis, je n’en reste pas moins coupable, et fatigué de le savoir.
-Coupable…
-Oui.
-Pas responsable…
-Non.
-Tu es coupable de ce que tu n’as jamais voulu infliger à d’autres ? S’étonna Grande-Sœur. Tu n’as pas toujours vécu comme ça, on dirait…
-Que veux-tu dire ?
-J’étais dans l’armée…dans une autre vie. Et des gens qui se savent « responsables » de leurs crimes sans admettre d’être « coupables », j’en ai vu tellement que j’ai fini par comprendre que c’est parce qu’ils n’ont connu que cette manière d’être. Toi, tu as vécu au moins une vie, avant de finir ici et maintenant ; et dans cette vie, tu étais tout autre, ça se voit que tu n’as jamais voulu ce qui pèse sur tes épaules, je dirais même que n’as jamais voulu de mal à personne.
-…
-Tu ne serais pas d’humeur à parler, par hasard ? »
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MessageSujet: Re: Mjokkoto l'Assoupie   Mer 19 Aoû 2015 - 13:29

plus, plus, plus ! :x

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MessageSujet: Re: Mjokkoto l'Assoupie   Lun 21 Sep 2015 - 1:16

J'accoucherais de ce texte en pissant le sang, j'en ai rien à foutre, JE LE FINIRAIS BORDEL!!

Le cadavre observa longuement son invitée, comme si il voyait en elle le reflet d’un ancien souvenir dont il n’arrivait pas vraiment à se remémorer, puis leva subitement la tête :
« Pourrais-tu redire cette phrase ?
-…Tu ne serais pas… d’humeur à parler, par hasard ?
-J’ai déjà entendu cette phrase.
-Naturellement, ironisa Grande-Sœur, puisque je viens de la répéter…
-Ton sens de l’observation doit t’être des plus utiles, répondit le lion.
-Je crois bien que c’est la première fois que je m’en sers. Tu as déjà entendu cette phrase ?
-Ces mots, ce ton, cette occasion, cette intention… j’ai l’impression de revivre un souvenir passé. Tu es bien sûre qu’on ne s’est jamais rencontrés avant ?
-C’est du moins ce que je pense.
-J’aurais pourtant juré… mais je te crois.
-Quelle ironie ! Toi, le divin porteur de chance, celui à qui on a offert mille sacrifices pour seulement croiser son regard, tu te souviendrais de moi, une anonyme sans importance qui passe dans ta vie comme une goutte de pluie en plein désert !
-Chaque goutte de pluie qui tombe sur le désert de mon âme résonne dans tout mon être, même si ce n’est que pour un instant ; tout le long de ma longue vie, rien de ce qui vient du ciel et brise cet assourdissant silence ne me paraît sans importance, et je me souviens de chacun d’entre vous comme je me souviendrais de la toute première à m’avoir jamais atteinte…
-…Qui était-ce ?
-C’était…Il était… le seul qui pouvait me voir, m’entendre, alors que je m’approchais du vide, et que personne ne pouvait m’aider. A moins que personne n’ait voulu le faire, qui sait ? Je n’ai aucun souvenir de comment j’étais devenu un esprit, peut-être que je n’ai jamais eu de forme physique, où peut-être que j’étais un effroyable tyran et que j’avais mérité mon sort, entre l’oubli et la conscience d’être oublié… Mais lui ne voyait rien de tout cela ; il m’aimait de toute sa sincérité, et nous sommes devenus des compagnons de jeu. C’était tout ce que nous voulions ; jouer… »

Ainsi commença le récit du Lion bleu. Il tâcha de n’épargner aucun détail ; la rencontre fugace des deux amis au cœur de la forêt, leurs prestations dans le village voisin où les attendais leur public d’enfants, jusqu’à leurs effroyables déchéances, l’un frôlant le néant sans jamais l’approcher et l’autre l’embrassant après une lente et cruelle agonie. Puis il évoqua son crime, celui qui lui refusa le réconfort glacé de la mort, quand les enfants qui lui avaient offert leurs cœurs innocents furent tués par ce qui devint son pouvoir de malchance.
Mais alors qu’il contait sa malheureuse aventure, un infime mouvement ondula dans les ténèbres dans le dos de la médecin ; d’abord de vagues traits surgirent entre ombre et lumière, puis une forme humaine émergea peu à peu, suivie par d’autres silhouettes qui prirent lentement place autour des infortunés protagonistes. Il s’agissait des cultistes, barbares aux lourdes haches ensanglantés ou enfants en haillons de peau, tous s’installèrent en silence à mesure que leur prophète égrenait son histoire telle une flaque de sang invisible qui s’écoulait lentement dans les airs. Aucun d’eux ne voulait interrompre ce rituel où le cadavre divin s’offrait à la plus-morte-que-vivante, qui n’en perdait pas une seule once, sans même s’être rendue de son fantomatique public, puis reprit la parole :
« Alors, c’était bien cela ; ni toi ni ton pauvre ami le lion ne vouliez une telle infamie, vous ne désiriez que vivre un peu pour rendre tout autant en retour…Vous étiez parmi les êtres les moins hargneux de ce bas monde, et pourtant c’est vous que le destin a le plus sévèrement punis. Quelle tristesse.
-Vivre et laisser vivre… je n’y faisais pas attention, et maintenant c’est tout ce que souhaiterais.
-Mais alors, comment es-tu devenu un dieu ?
-Je me laissais mourir dans ma grotte et la forêt qui m’a vu naître dépérissait à son tour, s’abandonnant à cette sylve de pierre qui vous a vu naître. Quand il n’y eut plus rien à abattre, on me prit comme un morceau de bois sec, sans même une once de sympathie pour le vieillard que j’étais. Quand je me suis manifesté, les hommes qui me tenaient se mirent à hurler en me lâchant, puis me fixèrent avec un grand effroi, comme si ils voyaient leurs propres cadavres. L’un d’eux eut un semblant de courage et me demanda si je leur voulais du mal pour m’avoir délogé de ma tombe ouverte. Mais avant que j’eu pu prononcer le moindre mot, le mur en construction qui le surplombait s’effondra sur le malheureux, en le tuant sur le coup. Il allait de soi que les témoins de cette scène ne me laissèrent pas la moindre chance d’expliquer qu’ils hurlèrent au démon et s’enfuirent en toute hâte, en me laissant ici.
-Tu n’as jamais quitté cet endroit ?
-Même si je le voulais, mes jambes ne me le permettraient pas. Et puis, à quoi bon, si ma forêt n’est plus ? Peut-être dans une forêt, me diras-tu ; mais je les sais prises de folie, trop occupées à se dévorer de l’intérieur pour devenir le prédateur naturel de la ville.
-…
-Le temps s’écoula lentement depuis cet incident… puis mes premiers adorateurs virent à ma rencontre. Ils ne me demandaient rien, tenaient seulement à me voir, en ayant certainement entendu parler de ce tragique incident, et me prenant pour un dieu courroucé d’avoir été délogé. Une vielle femme s’approcha alors de moi, prit le lapin qu’elle gardait enfermée dans un panier, puis l’égorgea avec sa feuille de boucher. Et rien ne se passa ; pas un mort sinon le pauvre animal, pas une chute de pierre mortelle, pas une fissure dans le sol, rien. J’en fus le premier surpris, et c’est ainsi que ce contrat tacite entre les adorateurs et moi se fit ; en me voyant régir, ils… comprirent que le sang des victimes empêchaient le malheur de se produire, et peut-être furent-ils convaincus qu’un heureux évènement émergerait dans ces fontaines sanglantes… »

La foule qui se tenait autour des protagonistes s’agitait d’un souffle de chuchotis inquiets et désorientés ; la vérité commençait à lui apparaître, son divin porte-bonheur n’était qu’un esprit vieillissant, alourdi par le chagrin et l’apathique solitude qui composait sa vie depuis tant d’années. Certains dans la masse, des vieux javeliers comme des plus jeunes porteurs de couteaux de chasse, laissèrent des larmes amères couler silencieusement sur leurs joues pâles devant l’effroyable vérité qui emplissait l’air, changeant l’oxygène en un poison insidieux, brisant autant l’énergie qui aurait donné à leurs muscles la force de lever les armes que l’éventuelle volonté de se battre. Pourtant, tous étaient attentifs, car d’aucun n’ignorait qu’il s’agissait d’un moment décisif, et que ce nouvel Héraut qui se tenait au creux de la cour tenait dans son discours à venir le dénouement de cette tragique symphonie.
Mais alors que de plus en plus se laissait aller au chagrin, leur dieu releva subitement les yeux vers son auditoire. Si grande-Sœur ne leur avait pas spécialement accordé, elle se doutait que le lion bleu ne l’avait jamais ignoré ; peut-être un souvenir de sa vie de trublion, celle qui ne saurait vivre sans un public et qui lui garde cette affection toute particulière, comme un esclave qui ne saurait vivre sans son énième coupe de poison salvatrice :

« Hélas, fit-il en balayant lentement son regard, je n’aime pas décevoir un public, mais la vérité devait être dite. Je ne peux vous demander de refouler votre déception, mais restez auprès de nous, car j’aurais besoin de vous tous pour notre épilogue. Et maintenant, malheureuse camarade, nous ferait-tu l’honneur de ta propre histoire ?
-Vraiment ? Mais, comme tu l’as dit, je ne suis qu’une malheureuse camarade ; mon histoire comme ma personne n’ont que peu de valeur…
-Il n’est pas question de valeur, mais de rendu. Tu as appris à nous connaître, alors permets aux vieux êtres las que nous sommes,  de nous permettre de savoir qui tu es.
-… Ainsi-soit-il. Je ne crois pas que mon nom vous soit nécessaire, ni ma naissance où mes origines. A vrai dire, il y a peu de choses dignes d’intérêt à mon sujet. Mais il y a bien une chose qui donnait un sens à la vie, et qui me poussait à survivre chaque jour. Voyez-vous, ma famille n’était rien d’autre pour moi qu’un attroupement d’inconnus qui ne cherchaient que leurs seuls gains dans la Ville-Monde, et espérer atteindre… Comment disaient-ils, déjà ? « Une gloire immortelle dans le cœur des Hommes. » Foutue ineptie. Mais j’avais bel et bien un être cher parmi ces étrangers : mon petit frère, le seul être pour qui j’avais autant d’amour à donner qu’à recevoir… »

Ainsi commença le récit de Grande-Sœur. Elle tenta de rester fidèle aux faits qui avaient fait son infortuné périple ; sa vie pénible sous le joug de ses parents, la promesse de deux enfants qui leur permirent de grandir au sein d’un monde bien trop cruel, la tragique tournure prise durant l’affaire du Quartier des Vieillesses, jusqu’à la perte de son frère, puis finalement d’elle-même. Elle évoqua enfin son pèlerinage, cette plongée dans les ténèbres dans laquelle elle marchait entourée d’une lumière spectrale, l’aura du manque d’espoir qui dévoilait cette part sublime et intime de l’âme des intervenants de son périple, avant d’atteindre cet instant fatidique où son voyage était en train de prendre fin.

« Alors toi aussi, tu ne voulais que vivre, soupira le lion. Choisir ta propre voie, y vivre sans t’en prendre à celle des autres, chercher l’harmonie par toi-même.
-Je ne pensais qu’à vivre ; je ne voyais pas plus loin qu’espérer m’enfuir de chez mes parents, et à emmener mon frère loin de cet enfer. Je me disais que lui méritait de choisir son point de départ, et que son destin serait semblable à un verger inondé de soleil, un printemps sans fin… et tout cet espoir est mort dans une guerre que même toi tu rejettes.
-…
-Mais moi, je n’avais pas vraiment envie… ou intérêt de vivre. Je voulais l’encourager, puis peut-être disparaître ? Moi –même je l’ignorais. J’ai fait tout cela pour lui.
-Alors ce n’est plus une coïncidence ; tu es la sœur de cet enfant que j’ai rencontré il y a quelques années et qui m’avait demandé d’exaucer son souhait. »
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Mjokkoto l'Assoupie
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MessageSujet: Re: Mjokkoto l'Assoupie   Ven 1 Jan 2016 - 17:50

Après 2015, certifiée bonne année de merde aux années de merde awards, permettez-moi de ranimer le cadavre qui nous sert encore de forum pour vous souhaiter la bonne année 2016, mes petits chats de Schrödinger! amis
Alors voilà, la bonne santé, plein de boustifaille, des licornes partout et tout ce qui s'ensuit. et comme on est des guedins, devinez ce que je vous ramène d'entre les morts: la fin de l'histoire, toute fraîche de ce matin, si si même que c'est vrai d'abord.
Bonne route donc!


Ce fut comme si l’air s’était transformé en une masse d’aiguilles, s’insinuant lentement dans les pores de Grande-Sœur, puis ses poumons, et enfin ses yeux, qui, après n’avoir été rien d’autre que des miroirs ternis de son âme moribonde, firent enfin couler des larmes. Et quelque chose de brisé essaya de reprendre forme dans son esprit, un souvenir oublié qui avait traversé les Limbes pour revenir auprès de sa créatrice ; au cœur de l’Arbre de l’Impasse des Pendus, Petit-Frère se laissait guérir de ses nombreuses plaies, et se ravisait de lui avouer un poids sur sa conscience avant de la remercier pour soulager son fardeau. Elle se souvenait ne pas avoir insistée sur ce secret qui pourtant semblait le blesser de l’intérieur, mais elle ne voulait pas accabler son frère aux épaules déjà si alourdies par le devoir… Mais il n’était plus l’heure de s’en vouloir, et autant creuser jusqu’aux racines de cette étrange tragédie :
« Qu’est-ce qui te fait croire cela ?
-Permets-moi de te raconter cette rencontre. C’était un jeune homme, un soldat qui portait son armure comme un ours porterait un plumage ; d’une allure aussi surprenante qu’inappropriée. Mais il n’avait pas peur de s’avancer et de sortir des ténèbres pour me faire face, faisant fi de mes adorateurs qui l’avaient blessé sur son trajet. Il avait tes yeux, ton absence de crainte, ta voix, tes mots, même ta gentillesse pour le vieillard que je suis… Mais il y a malgré tout quelque chose qui vous différencie ; il avait un souhait à me formuler. Il voulait s’enfuir de cette infime partie du monde qui faisait sa vie pour en découvrir une autre, où il serait loin des choix d’une autorité qui le dépassait pour prendre le risque de vivre libre, ou de mourir en essayant de l’être. J’ai été touché par sa sincérité, et je n’ai pas osé ouvrir la bouche de peur que mes mots, même pour une bénédiction, ne se change en cette malédiction qui contamine quiconque les écoute ; lui ne le comprenait pas, et commençait à insister sur son souhait, et cette fois-là il m’a parlé de toi, sa seule famille, celle qu’il fallait sauver pour peut-être faire prospérer sa lignée une nouvelle fois. Dès lors, au-delà de la sympathie vint une empathie sincère des tréfonds de mon esprit, car il ne s’agissait plus de lui seul mais le serment prometteur  d’un espoir de survivre jusqu’à demain. Et mon cœur, déjà touché par une empathie acérée, laissa des larmes s’écouler de mon œil vide ; dès lors qu’il comprit que ses mots n’étaient pas prononcés en vain, il s’approcha de moi et tendit sa main en espérant me toucher, comme pour me convaincre encore un peu plus… En s’approchant, il prononça cette phrase qui vous lie dans le passé et le présent :
« Tu ne serais pas d’humeur à parler, par hasard ? »
Et l’irréversible s’est produit ; j’ai laissé ma pensée se changer en un murmure qui s’écoula de ma bouche avant de faiblement résonner dans les airs.
A cet instant, je sus qu’il était condamné à une mort prochaine, tout comme lui comprit que son vœu ne serait pas exaucé. Il me demanda pardon de m’avoir forcé à accomplir quelque chose que je ne pouvais réaliser, et la foule qui était présente vit cet échec comme un affront en mon égard, et ils ont commencé à s’échauffer, à sortir les crocs, à vouloir sa mort… Il a réussi à s’enfuir, mais je l’ai vu dans les yeux de mes adorateurs que sa prochaine escapade dans ses lieux serait la dernière. Ils ont passé les jours suivants à le chercher, et j’ai ressenti que cette traque s’était fini en bain de sang pour beaucoup de mes adorateurs.
-Alors, toutes ces attaques étaient faites pour le chercher ?
-Je le crains, oui. Lorsque que ton frère est mort, je l’ai ressenti dans chaque parcelle de mon être ; aucun adorateur n’est  mort depuis, mais je me sentais dépérir un peu plus. Et te voilà, à essayer de me réanimer alors qu’il est bien trop tard… »

Bien loin de cette tragédie, le ciel nocturne palissait et s’emplissait peu à peu de la lumière de l’aube. La nuit se laissait mourir en silence, tout comme les malheureux héros qui se tenaient dans cette cour ; qu’ils soient dans le public ou au milieu de la foule, chaque protagoniste se tenait là, se laissant aussi un peu mourir dans le silence lumineux qui les englobait tous peu à peu. Le cadavre divin gardait les yeux baissés après avoir avoué son dernier meurtre, les adorateurs demeuraient comme des statues attendant leur retour à la poussière, et Grande-Sœur avait les yeux vers le bleu pâle qui se mêlait harmonieusement au vert sépulcrale de la lampe, qui elle aussi se laissait mourir en faveur de l’inévitable ; car un nouveau jour apparaissait, après cette longue nuit que fut son existence, et l’aube éclaircissait enfin sa le puits sans fond qui lui faisait office de vie, il n’y avait plus de mystère, plus d’obstacle, pas de regrets ni même l’ombre d’un doute sur son avenir. Son meurtrier était enfin épinglé, et ses aveux ne lui apportaient pas la moindre source de colère, mais enfin l’impression que son frère soit parti avec son dernier sourire aux lèvres, malgré sa mort absurde… Mais il restait encore une chose à faire : car le culte venait de mourir, mais l’idole demeurait encore en vie, et il fallait mettre fin à ce paradoxe, aussi bien de la vie du cadavre que de l’agonie de ses adorateurs :

« Alors, nous y voilà, soupira Grande-Sœur. Tu ne veux plus vivre, et je ne peux pas mourir.
-En effet, acquiesça le Lion. Mais je ne veux pas mourir seul, c’est un châtiment que j’ai déjà subi et que je ne saurais supporter une seconde fois ; et puis, je ne veux pas que ce soit une fin triste, pour toi ou pour personne ici. J’aimerais que ce soit un nouveau départ, une ode à la vie pour ceux qui demeureront sur terre : je veux que ma mort devienne votre sort porte-bonheur.
-Une ode, hein ? Penserais-tu à une dernière valse ?
-Je ne pensais à rien en particulier, mais ton idée me plaît. Cela dit, une valse n’implique que deux personnes, et nous avons tout un public avec qui jouer… Une danse de groupe irait bien mieux.
-Je ne voulais pas mettre ton… notre public à l’écart de tout cela. Dansons tous alors. »

Alors, Grande-Sœur se leva et s’adressa à la foule massée autour d’eux :

« Y’a-t’il parmi vous des joueurs d’instruments de musique ? »
Un vieil homme se fit une place dans le premier rang :
« Honorable Messagère du Monde Alentour, je manie assez bien le tambour, et je me ferais une joie de jouer pour cette dernière danse. »
Sitôt cette annonce faite, quelques autres adorateurs se manifestèrent, instruments de peaux tendues à la main.
Deux adolescentes se firent à leur tour une place dans le premier rang :
« Pour notre ancien dieu et pour toi qui nous a dévoilé la vérité, nous jouerons nos plus beaux morceaux de nos flûtes à os. »
A l’instant où elles s’annoncèrent, un petit groupe se présenta à son tour, sortant leurs propres flûtes et autres instruments à vent de leurs ceintures.
Un homme à l’âge indéfinissable se fit à son tour une place au premier rang :
« En hommage à ce nouveau départ pour nous tous, permettez-moi de vous offrir ma voix ;
puisse-t’elle vous entonner des chants aussi clairs que ce jour nouveau. »
En quelques instants, un chœur hétéroclite se forma autour du chanteur annoncé. Ceux qui ne jouaient pas commencèrent à s’animer ; le cortège fut formé.

Alors le Lion bleu réunit ses dernières forces pour se lever de toute sa taille, et même la Mort n’avait su lui retirer entièrement la splendeur de son allure passé ; Il semblait même reprendre un semblant de vie, tant dans sa posture que dans sa voix. Ainsi pris d’un souffle de regain, le faux divin prit la parole une dernière fois :

« Enfants de tous bord, amis aux mains horizons, frères et sœurs, entendez mes mots ! Gravez dans vos mémoires les paroles que je vous entonne, car nul malheur ne les assombrit. La malédiction est rompue, vous n’aurez plus à craindre le venin de la malchance, ni le poids de vos morts, je vous absous de vos crainte et vous somme de vivre ! A vous qui êtes venus me voir le désespoir aux chevilles, ne vous laissez plus dévorer par le sort, car il n’est pas un fardeau, mais un présent déguisé ; n’attendez plus rien, vous qui ne voulez que survivre jusqu’à demain ! Ne craigniez plus les regards et les attentes du Monde, car c’est ainsi qu’il vous dévorera. Vous n’avez pas besoin de chance ; vous avez besoin d’un premier pas dans votre nouvelle vie, comme pour ce jour nouveau encore plongé dans l’obscurité. Frères et sœurs, vous êtes venus à moi couverts de l’essence même de la folie ; vous avez vécu la perte de l’un, la perte de soi, la perte de tout. En vous recherchant dans le vide, vous vous êtes égarés dans le sang sans avoir pu m’entendre combien je regrettais que vous vous plongiez encore plus profondément dans les ténèbres. Aucun de nous ici-bas ne saura ranimer les morts tombés depuis lors, mais vous morfondre ne serait qu’un gâchis de leurs vies perdues. Chatoyez de l’éclat qu’il vous plaira, ainsi renaîtront ceux qui se sont perdus dans ces ruelles effroyables ! Dansez, chantez, vivez encore un peu, je vous offre le peu de magie qu’il me reste, faites-en autant de félicité ou de désastre qu’il vous plaira ! Et maintenant, que ma joie demeure !! »

Grande-Sœur ne put s’empêcher de sourire devant son discours enfiévré qui perdait un peu de sens logique, mais elle ne voulait pas remettre en question le moment le plus intime que le lion n’ait jamais eu avec son public. Ce dernier, comme ravivé par la dernière formule de son imposteur bien-aimé, fit savoir son existence à grand renfort de chants et musique, et commença sa dance dans des mouvements endiablés.
Alors que le soleil se laissait encore désirer dans le ciel, un infime grain de sable secoua toute sa masse au vu et su des dernières étoiles de la nuit, qui certainement se demandaient au loin comment une si petite chose bougeait bouger avec autant d’énergie devant leurs yeux immortels et omniscients ; car cet amas de poussière vivante, cette petite multitude de fragments engoncée dans son impasse au cœur d’un énième quartier en ruine perdue dans l’infinitude de la Ville-Monde, s’agitait telle la dernière cellule vivante d’un corps mourant, hurlante de vie avec le souffle d’hystérie qui la rendait aussi insensée que sublime, ne pouvait être que le groupe constituant les membres déchus de leur propre culte, dansant comme si ils ne le feraient plus jamais, laissant la vie circuler librement de l’intérieur comme de l’extérieur. Initiés et néophytes s’unissaient pour déployer une énergie nouvelle, chargée d’une spiritualité animale, insensée et salvatrice, une source de magie infaillible, la seule qu’ils soient en mesure de maîtriser et qu’aucun autre ne saurait manier avec autant d’ardeur ; il n’y avait ni vieillesse ni colère ou ignorance au cœur de ce chaos merveilleux, seulement une onde qui percutait la terre et faisait vibrer l’air au point d’en fracasser le os de la raison avec un plaisir qui ne tentait même pas de se dissimuler.

Parmi les chanteurs, une petite fille tapait de toute la force de ses pieds, faisant fi des coups involontaires qui la heurtaient fréquemment tant elle pleurait de joie pour n’avoir tué personne, ayant compris qu’elle pourrait vivre la vie qu’elle voulait sans répandre le sang comme ses parents avaient voulu lui apprendre : quelque part près des tambours, un jumeau ayant perdu son frère lors d’un raid contre les gardes entonna le seul chant qu’il ait jamais connu (se joignant ainsi à la cacophonie générale, puisque chacun chantait sa propre chanson), se laissa à rêver qu’il déclarerait enfin sa flamme à cet homme qui se tenait à quelques mètres et qui chantait le même chant que lui: près du cœur battant de la foule, un vieillard se laissait bercer par la pulsation battue sur les peaux de tambours, et sentait que son propre cœur le lâchait peu à peu, et se disait qu’après avoir tué quelques couples d’amoureux transis, il lui paraissait d’une ironique logique que son cœur se brise à nouveau après la perte de sa propre bien-aimée auprès d’une passion déchaînée au cœur de cette cathédrale improvisée. Chaque chanteur, musicien et danseur se découvrait une harmonie nouvelle, qu'ils composaient avec le chaos environnant afin que leurs renaissances commencent comme un regain brut et intense de la vie qu'ils avaient tant cherché.
Grande-Sœur se laissait ranimer peu à peu par l'envie de vivre, à mesure que les chants gagnaient en force et que les tambours faisaient vibrer l'air. Alors qu'elle abandonnait son corps à cette valse insensée qui l'entourait, la médecin grava dans sa mémoire cette phrase qui formait désormais cet avenir qu'elle cherchait désespérément ; la perte de l'un, la perte de soi, la perte de tout. Cette phrase, qu'elle se répétait comme un mantra pour qu'il se grave dans son esprit, lui fit comprendre à quoi ressemblerait demain ; détachée du monde sans en être partie, libérée des divers carcans qui avaient oppressé sa morne jeunesse, distante mais compatissante, Grande-Soeur savait qu'elle passerait sa vie à agir pour elle-même sans mal aux autres, à ne survivre qu'en dépendant de l'essentiel sans sacrifier quiconque aurait besoin de son aide, à choisir où elle vivrait et comment elle y parviendrait sans plus jamais emporter une âme malheureuse dans son périple dans l'inconnu.
Enfin, le lion bleu usa ses dernières forces dans cette bataille entre lui-même et l'univers ; lui qui se croyait condamné à une vie de misère à apporter la malheur à tous ceux qui avaient voulu l'en sortir, ne put contenir sa joie de voir cette scène de joie primale et salvatrice, et surtout d'en être l'un des acteurs pouvant en profiter pleinement. Il se remémora ces moments d'allégresse qu'il avait eu avant la mort de son regretté comparse, avant sa soif de vengeance, avant les conséquences de son erreur pour s'être laissé emporter par une colère aussi sourde et dévastatrice. Au cœur de ce moment aussi sacré qu'impie, dans cet élan ou chaque corps formait un tout uni dans la même anarchie qui inaugurait l'aube, le Lion divin, épuisé par cette si longue vie malheureuse, eut une vision ; il aperçut, dans le couloir qui s'illuminait peu à peu de la lumière du jour, son ami le lion, auréolé de sa joie de vivre et entourée des enfants du bourg, chacun souriant et riant dans une ronde chantée au loin. Le lion bleu se figea de surprise, croyant à une hallucination ; mais le lion l'appelait de son nom que lui-même avait oublié, et les enfants l'invitaient à se joindre à eux, comme si, enfin, ils pouvaient le voir tel qu'il était. N'y tenant plus, il se mit à bondir pour les rejoindre, arrêtant la danse autour lui ; comblé d'une joie nouvelle, il versa une larme dans son saut, la dernière qui lui restait. Mais la goutte d'eau chargée d'azur tomba avant qu'il n'atterrisse, et l'Aïeul, prisonnier dans cette dernière larme, s'en libéra dans un brouillard éclatant de saphir, juste à l'instant où les premiers rayons du soleil s'engouffrèrent dans la cour ; L'esprit avait rejoint les siens et, enfin libéré de la prison qu'il avait crée lui-même, passerait avec eux leurs nouvelle éternité dans un rêve entre les vivants et les morts, dansant et jouant avec leurs éternelles âmes d'enfants jusqu'aux confins de l'éternité.
Mais dans la réalité ou demeuraient encore Grande-Sœur et les membres du culte, quelque part au fin fond de la Ville-Monde, le lion bleu était mort alors qu'il dansait pour sa première et dernière fois.
Plus personne ne dansait ou ne jouait ; le temps de cette interlude était terminée, et les cultistes, toujours ravivés par cet élan qui leur avait donné un nouveau souffle de vie, s'en allèrent peu à peu, pour ne laisser que Grande-Sœur qui contemplait le cadavre du faux-divin. Alors qu'elle se tenait auprès de lui, la médecin ne put se résoudre à laisser le corps se décomposer jusqu'à ne plus être, car il ne méritait pas d'être oublié après avoir tant vécu. Il ne lui vint alors qu'une seule idée qui lui semblait le plus apte à conserver sa mémoire ; Grande-Sœur déferra la lame de son défunt frère, et commença à retirer la peau du lion, qui se détacha des os sans difficultés. Lorsqu'elle commença à s'en revêtir, la fourrure conservait une part de sa magie ;  quand elle était portée par un être vivant, la peau devenait à nouveau dure et solide comme un argent bleuté. La jeune médecin commencerait alors son nouveau pèlerinage ainsi armurée, mais dut envisager de laisser l'épée de son frère car elle ne pouvait pas le manier avec l'armure.

Quand elle sortit de la cour, quelques membres du cultes l'avaient attendu à l'autre bout du couloir, et l'aidèrent à transporter le squelette de leur idole qu'elle avait pris avec elle. Ils partirent l'enterrer avec l'épée du Petit-Frère, et gravèrent sur une pierre un dernier épithète :
« La perte de l'un, la perte de soi, la perte de tout ; ici demeure le Dieu le plus malchanceux et le plus aimé comme tel. »
Et les cultistes, avant de partir sur leurs propres routes, demandèrent à Grande-Sœur de raconter son périple, ce qu'elle fit sans qu'aucun n'entende la même histoire. Alors, tous prirent leurs différents chemins, et racontèrent leur propre conte à qui voulait bien l'entendre.
Quant à Grande-Sœur, elle s'en alla nourrir ses propres légendes, avant de mourir à son tour. Mais un homme, qui avait partagé une part de sa vie, reprit l'armure et la modifia un peu avant de transmettre son précieux protecteur à un autre, et ainsi de suite. Peu d'élus la virent, et encore moins d'entre eux furent en mesure de la porter, car la malédiction qui l'entourait demeurait la seule condition pour la porter ; seul quelqu'un qui a tout perdu au point de se perdre soi-même saura la porter, quelle que soit sa forme au fil des âges.
Les diverses légendes au sujet du Lion, son Aïeul, Petit-Frère, Grande-Sœur et l'armure demeurèrent, aussi changeantes et insolites que les reflets de la peau métallique du lion. Mais un jour, dans une taverne de quelque coin perdu, un vieil homme au patois qui aurait du mourir voilà des années entendit cette légende qui lui rappela l'histoire du chat Bonne-Fortune, un conte qui avait bercé son humble enfance ; alors, en souvenir de sa langue oubliée et de cette étonnante coïncidence, il décida de donner un nouveau nom à la légende, qui plut à ses auditeurs au point d'en devenir un élément immortel de l'histoire originelle : ainsi ce fameux lion et l'armure qui compose son héritage furent rebaptisés « Shichishito », Celui-de-Mésaventure.
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Yarkol
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MessageSujet: Re: Mjokkoto l'Assoupie   Ven 29 Jan 2016 - 13:23

Je peux mourir en paix, j'ai eu la fin !
Ah ben non, c’est que le début... Argh. Je vais devoir tuer tout le monde pour qu'on puisse enfin vivre loin de MTG !

_________________
« Et certains craignent le Temps, quand moi je crains les Hommes. S’ils craignent les âges, c’est qu’ils n’ont plus peur des autres, mais je sais que la poigne qui mettra fin à mes jours n’est pas celle du Temps.C’est celle de mon meurtrier, mon Glorieux sauveur, l’Être que je haïrais de toute mon âme pour avoir été meilleur que moi. »  


« Que craintes et cries crèvent les croix,
Le souffle siffle un soulèvement sanglant
Et pleurent les prêtres prônant les Lois

Brièvement, la brise les brise brillamment
Et chante enfin la liberté. »    A.C/ Yarkol.
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MessageSujet: Re: Mjokkoto l'Assoupie   Ven 29 Jan 2016 - 23:37

Je me demande de quoi je devrais le plus halluciner; d'avoir enfin fini cette histoire, ou d'avoir mis 5 fucking années à l'accoucher? On dira ce qu'on voudra, mais le travail d'écriture me paraît l'un des plus difficile que la race humaine s'est mise en tête d'accomplir :/
Et le pire, c'est que j'ai d'autres en stock... afro
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MessageSujet: Re: Mjokkoto l'Assoupie   Lun 16 Mai 2016 - 23:26

Un grand merci à toi Mjokkoto d'avoir fini cette histoire ! Une fin merveilleuse, d'une écriture lyrique et géniale, c'était vraiment parfait d'avoir cette fin au détour d'un retour sur le forum.
Également, de plates excuses de n'avoir pas lu cette fin plus tôt.
Encore merci ! Le forum n'est pas mort, mwahahaha ! Il sera hanté jusqu'à la fin des temps ! Une agonie est encore une vie, et une agonie qui ne finit pas, c'est l'immortalité ! A bientôt !

_________________
Alors, je me plantai devant elle en souriant de toutes mes dents, et dis d'un air joyeux:
-"Bonjour madame ! Je m’appelle Ishmæl, vous auriez des biscuits pour moi ?!"
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Mjokkoto l'Assoupie
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MessageSujet: Re: Mjokkoto l'Assoupie   Mar 31 Mai 2016 - 16:52

fiche éditée, mein General!
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MessageSujet: Re: Mjokkoto l'Assoupie   Mar 31 Mai 2016 - 20:20

Prima, liebe Eingeschlafende ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Mjokkoto l'Assoupie   

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