Magic The Gathering-Jdr

Jeu de rôles inspiré du jeu de cartes
 
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 Drôles de circonstances.

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MJ06
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MessageSujet: Drôles de circonstances.   Dim 23 Jan 2011 - 16:20

Un peu partout dans le quartier neutre, on pouvait voir des affichettes annonçant que Foenix Ket’osarc, le marchand Orzhov, venait d'acquérir sa deuxième armurerie, et cherchait par conséquent un ou plusieurs assistants pour l'aider. Les tâches à remplir allant de la comptabilité jusqu'à l'entretien des lames, toutes sortes de niveaux de qualification étaient admis. Seule condition : cette annonce était destinée aux sans-guildes, que l'Orzhov savait pouvoir contenter avec un salaire plutôt ... modeste. Le rendez-vous était fixé dans la plus grande auberge du quartier dit neutre.
Marchant d'un pas lent et sûr le long de la rue, l'Orzhov regardait avec vanité les sans-guilde s'écarter prudemment de son passage. Son alter ego n'aimait pas un tel orgueil, mais il n'avait pas son rôle à jouer aujourd'hui. Il était là pour des affaires tout ce qu'il y a de plus officiel, et se comportera comme un Orzhov tout ce qu'il y a de plus banal. Aucune de ses personnalités ne voulait véritablement attirer l'attention sur lui. L'humain se comportait donc comme tout bon membre de la guilde spectrale et spéculative, et entra d'un air décidé dans l'auberge de la Tranche.


--------

"Je te préviens, c'est la dernière fois que je te fais crédit ! Je ne veux pas entendre tes prétextes, je les connais par cœur ! Déjà la semaine dernière, et aussi la précédente ... La dernière, tu m'entends !"
La jeune humaine n'avait pas eu le temps de lancer la demie-douzaine de répliques cinglantes qui lui brûlaient les lèvres que l'aubergiste avait déjà claqué la porte. Refoulant sa colère, Elryann décida de sortir. Il était vrai que son dernier travail, en plus d'être plutôt mal payé, datait un peu. Elle devait trouver un moyen de remonter un peu ses finances. En sortant de sa chambre, la sans-guilde entendit un brouhaha monter de la salle qui faisait office de bar-taverne. Intriguée, Elryann descendit voir. Elle y trouva un attroupement peu commun. Un grand gaillard en chemise de toile avec le symbole de Haazda tatoué sur les biceps, une multitude de gamins des rues, un petit homme replet portant une cape ridiculement ornementée, deux femmes assez âgées mais souples, portant un corset de cuir sous leur cheveux grisonnants, et bien d'autres personnes qui semblaient issues de toutes les couches sociales. Il n'y avait pas un seul membre de guilde. Elryann n'avait encore jamais vu certaines de ces personnes, et pourtant, elle connaissait le quartier neutre comme sa poche. Tous semblaient attendre quelque chose, à en juger par la façon qu'avaient certains de fixer leur chope vide. Quelques habitués de la taverne s'étaient également joints au groupe par simple curiosité. Les conversations étaient rares et discrètes. Elryann alla au bar pour demander plus de renseignement sur l'évènement qui attirait tant de monde, mais la femme imposante qui servait les clients était débordée. C'est alors que la porte de façade s'ouvrit.
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Foenix
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Dim 23 Jan 2011 - 21:55

* Ah là là, que j'aime être moi ! *

L'Orzhov traversait les rue du Quartier Neutre avec une vanité qui ne cachait pas ses pensées : le plastron ornementé, la longue cape rouge vif et l'épée à la ceinture prouvaient son niveau social dont il était si fier ; le torse bombé et la tête haute démontraient cette fierté ; enfin, le pire de tous, ce sourire sur ses lèvres, qui disait tant de choses que finalement rien n'était perçu. Montrant légèrement ses dents blanches, ce sourire empli de prétention imposait clairement sa supériorité face à ces personnes "de bas étage", comme il disait. Et pourtant, son contrôle des esprits jouaient ici un rôle majeur. Autant certaines de ces sans-guilde nécessitaient réellement d'un emploi, autant étaient-ils persuadés que ce sourire était celui du sauveur, du gentilhomme qui vient ici pour donner une chance aux plus besogneux. Autant le marchand était satisfait du respect que lui portaient toutes ces personnes, autant l'assassin, caché au fin fond de son esprit, était profondément dégoûté par un tel comportement. Profiter ainsi des gens dans le désespoir, tout en leur adressant ainsi une prétendue supériorité dont ils étaient aveuglés, un comportement indigne de tant d'orgueil.

* Regarde tout de même de temps à autre le sol, lorsque tu te déplace ainsi la tête haute. Tu viens de marcher sur une crotte... *

Ne prêtant guère attention aux propos de ce misérable petit jaloux, Foenix ouvrit la porte de l'auberge de la Tranche. Il passa doucement l'enceinte, laissant le battant ouvert, afin que la lumière entre le plus longtemps possible dans ce bar, éblouissant ainsi son magnifique et ravissant visage. Il balaya l'assemblée du regard, analysant rapidement les différentes personnalité. Il aperçu une table vide, sûrement laissée là pour lui. Le marchand décida donc de s'y diriger, non sans continuer d'observer les personnes qui l'entouraient. Malgré le brouhaha infernal des lieux, dans l'esprit de Foenix c'était calme divin. Il n'entendait que ses pas, et il lui semblait par moment de percevoir les pensées des sans-guildes présents. Son esprit devint encore plus tranquille, lorsqu'il aperçut une jeune femme, aux abords du bar. Elle, comme les autres, le fixait. Et pourtant, l'Orzhov eut l'impression qu'elle était la seule à le regarder marchant vers sa table d'honneur. Il vit soudainement l'assemblée, ainsi que le lieu disparaître, ne laissant que lui et cette femme seuls dans une étendue infinie de néant. Leur regard se croisèrent, malgré la foule nombreuse. Foenix parvint également à lui adresser un petit clin d'oeil, accompagnant un sourire de charmeur. Ce minime instant de quelques petites secondes lui parut ne jamais finir. Mais tout à une fin, il détourna donc enfin le regard pour n'observer à présent que sa table. Une fois arrivé à destination, il s'assit sur la chaise, sortit de sa sacoche des feuilles de papier, une plume et une fiole d'encre. Finalement, il s'adressa à l'assemblée d'une voix forte, énergétique et pleine de bonté chrétienne qu'il voulait transmettre à ces gens.

« Pour la demande d'emploi des armureries Ket'osarc, c'est ici messieurs dames ! Je vous demanderais de faire une queue et de ne pas bousculer ni dépasser. Car même si l'emploi ne sera offert qu'à une ou deux personnes, tout le monde aura sa chance ! »

Avec un paradoxe effarent, l'Orzhov parvenait à dissimuler ce désespoir gargantuesque de ne pouvoir peut-être pas avoir ce travail par une minime lumière d'espoir, celle d'avoir... une chance. L'opportunité, une arme capable d'être servit dans de viles fins...
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Elryann
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Lun 24 Jan 2011 - 11:58

Elryann avait toujours adoré la foule, les silhouettes multicolores qui se pressaient les unes contre les autres, les éclats de voix superposés. La vision de ce mystérieux empressement lui fit promptement oublier l'haleine fétide de ce cuistre d'aubergiste. Elle était pratiquement certaine que ce personnage rondouillard ne lui aurait pas posé de problème si elle avait répondu à ses suggestions par des roucoulades encourageantes. Il faudrait vraiment qu'elle songe à la boucler, de temps en temps : se moquer de son créancier n'était pas la preuve d'une très vive intelligence. Elle songeait à cela lorsque la rumeur s'intensifia et que quelqu'un lui écrasa l'orteil droit, coupant net ses remontrances intérieures. Elle se tourna vers l'échalas qui l'avait bousculée pour se diriger vers une table curieusement abandonnée. Elle en profita pour tendre la jambe et lui faire un croche-patte discret, et détourna vertueusement le regard lorsqu'il se retourna, furieux. Elle se dressa sur la pointe des pieds pour apercevoir la source du mouvement général. L'attention se portait sur un homme, richement vêtu, qui traversait la salle comme s'il en possédait l'intégralité, individus y compris. Sa bouche s'étirait en un sourire narquois, quand leurs yeux se rencontrèrent. Après s'être faite la réflexion qu'il était physiquement mangeable, elle le détailla plus attentivement. Il avait le même accoutrement que les amis de ses parents, mais il était bien plus jeune que ces derniers. Il lui adressa un clin d'oeil, ce qui fit lever les siens au ciel. L'homme s'installa donc à cette table, qui lui semblait réservée, et, d'une voix qui sembla particulièrement fausse à Elryann, fit sa petite déclaration. Elle ne réfléchit qu'une fraction de seconde.

* Du travail ! J'ai entendu parler de ces armureries. Je connais ce milieu et je suis qualifiée. Euh, un instant. Toutes ces personnes sont donc ici pour obtenir cet emploi ? Bonté divine. Je vais encore devoir me faire remarquer. *

Elryann s'accorda quelques secondes supplémentaires pour s'inspecter. Le hasard avait voulu qu'elle porte sa jupe la plus seyante, la rouge mouvante, sous un corsage lacé sur le devant, piqué d'une jolie fleur séchée. Dommage, elle n'avait pas songé à enfiler des bottines...Ses chaussures plates en cuir ne pouvaient pas donner l'illusion d'une silhouette intimidante - tant pis.

* Réfléchis, que recherche cet homme ? Je connais assez les Orzhov pour deviner que toutes ces mimiques de désespoir l'indiffèrent. La misère l'insupporte, tout comme les doléances. Eh bien, voilà comment se présentent les choses : je ne demande pas du travail, j'en offre. Moi, je n'ai pas grand chose à perdre, et pas autant à gagner qu'eux s'ils me prennent. Pas l'intention de faire la moue de la nécessiteuse moyenne, j'ai choisi d'être ici et personne n'a quoi que ce soit à y redire, pas même moi. La vie est passionnante, ma parole ! *

Elle ébouriffa son épaisse chevelure, comme elle en avait l'habitude, et se faufila jusqu'à la file des demandeurs, non sans avoir tiré la langue au grand sac d'os de tout à l'heure qui venait de se faire propulser hors de la queue par une vieille femme aux airs patibulaires. Les mains sur les hanches, un sourire joyeux aux lèvres, elle attendit patiemment que son tour vienne. Elle n'était pas une sauvage, tout de même ? En surveillant les expressions de l'homme assit derrière la table, elle en déduisit que personne n'avait réellement attiré son attention.

* C'est le moment de faire ce que tu fais le mieux, ma belle. Tiens, c'est moi ou il n'est décidément pas repoussant, celui-là...? *

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Foenix
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Lun 24 Jan 2011 - 18:52

« Veuillez me donner votre nom, votre prénom, ainsi que vos qualifications pour cet emploi, je vous prie. »

De cette façon commençaient les entretiens d'embauche de l'armurier. Il accompagnait sa demande avec un sourire tellement faux qu'il paraissait sincère. Il ne parlait pas lorsque le demandeur répondait à sa question et l'écoutait attentivement, cherchant de détecter des informations supplémentaires. Il put remarquer que parmi les personnes qui prétendaient être dans la misère beaucoup mentaient. Les différents tics nerveux étaient un véritable sérum de vérité pour l'Orzhov. En une dizaine de minutes, il passa déjà pas mal de sans-guilde. Tous avaient une histoire différente à raconter et vantaient des qualités de forgeron. Sauf un. Un Haazda. À en juger par sa corpulence et sa force apparente, Foenix le voyait parfaitement comme garde de nuit ou s'en serait volontiers servi pour le transport de matériel. Sous l'étonnement de l'Orzhov, le grand homme aurait été ravi de nettoyer le sol ou polir les armes. Sa voix rauque et grave contrastait avec ces dires, plutôt efféminés. Avec un petit sourire embarrassé par la situation, Foenix lui répondit comme à tous les autres : "Je vous contacterai ces prochains jours. Au suivant ! ".
Sur sa première feuilles étaient notés une dizaine de noms, accompagnés d'une rapide description. La plupart étaient tracés, d'autres avaient une vaguelette sur la marche, indiquant le possible intérêt si rien de mieux ne s'annoncerait. Le Haazda était parmi ces derniers. Une femme de ménage ne serait effectivement pas de refus... Arriva ensuite le tour de la jeune femme que Foenix remarqua en entrant. Dès qu'il finit de tracer le nom d'un petit gobelin unijambiste dont l'arrière-arrière-arrière-grand-oncle était un forgeron de renom chez les Boros ("Ca me fait une belle jambe !", pensa-t-il), il leva les yeux vers la sans-guilde et lui adressa le même sourire que tout à l'heure. Il l'observa avancer au ralenti dans sa direction. Comme tout à l'heure, il n'entendit que des bruits de pas harmonieux, qui cette fois-ci n'étaient pas les siens. Si le mercure ne se dilatait pas par l'élévation de température, mais par la concentration de vanité, le liquide aurait brisé sa prison de verre, si approché à proximité de Foenix. Il passa sa main gantée dans ses cheveux foncés, gonfla son torse et changea de position sur sa chaise, de telle sorte à sembler plus grand. Dans son esprit, il put distinguer le profond soupir de l'assassin suivi d'une réplique.


* Je te rappelle qu'elle a un toit, cette auberge... *

Comme il le fit lors de sa marche impériale dans les rues du quartier neutre, le marchand ne prêta guère attention à son alter-ego, qui commençait sérieusement à le gonfler, plus qu'il ne l'était déjà. Ce ne fut que lorsque la jeune femme arriva devant de sa table, qu'il prit la parole. Il prononça les mêmes mots, la même phrase, mais d'une façon si différente que si les demandeurs précédents l'eurent entendu, ils aurait cru que la sans-guilde était favorisée. Il s'adressa à elle avec un ton particulier et hors contexte. Une voix de charmeur qui, selon lui, ferait tomber toute les femmes à ses pieds. D'une douceur sans égal, les paroles sortirent de ses lèvres comme une déclaration d'amour. Mais ce n'était qu'un entretien d'embauche.

« Veuillez me donner votre nom, votre prénom, ainsi que vos qualifications pour cet emploi, je vous prie. »
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Elryann
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Lun 24 Jan 2011 - 20:31

* Ciel. Eho, ma belle, il est temps de réagir ! Déjà, ne fronce pas les sourcils de cette manière, souviens-toi qu'il n'est ni un de ces crétins décérébrés de Boros, avec lesquels tu peux te permettre toutes les insolences, ni quelqu'un de parfaitement inoffensif. Ne sois pas stupide, et arrête de lui sourire, ce n'est même pas une conversation galante : il s'agit d'un entretien d'embauche. Professionnelle, décidée et fière. *

Elryann soutint le regard de l'Orzhov avec une courtoisie malicieuse, réprima un sourire qu'il aurait pensé provocateur, et s'approcha légèrement. Elle prit la parole sur un ton ferme mais dégagé, illustrant ses propos de légers mouvements des mains.

" Bonjour ! Puisqu'il faut que je me vende, me voilà. Ayez l'obligeance, dans un premier temps, de considérer que je désire ardemment cet emploi, mais qu'il ne s'agit pas d'un besoin vital - cela nous permettra d'être au clair sur nos attentes respectives. Je suis Elryann, et j'ai plus d'énergie qu'un Gruul devant une cage thoracique fracassée. J'ai des compétences en comptabilité, en stratégies de vente, en communication - ne me regardez pas comme ça, je ne suis pas en train de me moquer ! - en négociation, et pour ce qui est de tout le reste, j'apprends très vite. Oh, et je suis également de bonne compagnie, si vous êtes à la recherche de rhétorique. On ne sait jamais, n'est-ce pas ? C'est tout ce que je mets sur le marché pour le moment, j'ai peut-être oublié un détail, mais c'est sans importance. Oh, permettez-moi d'ajouter qu'on s'ennuie rarement avec moi. Vous aviez l'air plus que las, vous ne devriez pas en être à ce point, c'est triste."

Elryann s'empourpra légèrement en prenant conscience qu'elle venait, une fois de plus, de se montrer d'une vivacité qui pouvait passer pour de l'irrespect auprès de l'élégant personnage. Une véritable tête à claques : qu'avait-elle besoin de faire remarquer à cet homme l'expression étrange qu'il avait eu, une fraction de seconde ? Oh, ce n'était pas si grave, elle n'aurait aucun problème à se dégoter un emploi quelconque. Elle haussa les épaules comme pour signifier que le sort en était jeté, adressant un passage un sourire espiègle à l'Orzhov, pour s'excuser d'avoir tant parlé, et tourna les talons.

* Hum...Prochaine étape, déguerpir de l'auberge pour me rendre à la Taverne du Rat Crevé. Mal fréquentée, mais je suis sûre de m'y débrouiller. *


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Foenix
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Mar 25 Jan 2011 - 17:06

« Attendez. »

Foenix arrêta la nommée Elryann, dès qu'elle lui tourna le dos pour repartir. Son alter-ego savait pertinemment que s'il réagit ainsi, ce n'était point seulement pour les soi-disant capacités de la jeune femme. Il ne se remua pas, pourtant, jugeant que ce n'était au fond pas un enfant, qu'il avait le droit de faire ce que bon lui plaisait, si pour autant cela ne nuise ni à l'un ni à l'autre. Ainsi, l'Orzhov reprit la parole en s'adressant à la sans-guilde, avec un ton plus formel que tout à l'heure, mais qui ne manquait pas de charme. Disons qu'il manquait cette fois-ci un certain fanatisme dans sa voix, qui était reprit par son sourire charmeur.

« Vous vous doutez probablement qu'il est difficile pour moi de croire que vous avez tant de capacités requises pour être engagée. Néanmoins, si le scepticisme serait maître de ma situation, je n'embaucherais personne. Vous semblez avoir la parlotte facile, ce qui prouve deux de choses que vous m'avez dites : vous avez une certaine faciliter pour communiquer et vous êtes de "bonne compagnie". Ce sont je dirais les bases, d'un bon commerçant. »

Dans cette coquille créée par le ton de la voix de Foenix, se cachaient les paroles de Masque de Lune. Une analyse pertinente de la situation. Ce dernier était néanmoins perplexe quant à la véridicité des propos de la jeune sans-guilde. Son alter-ego le contredit sur ce point. Une sorte d'intuition lui disait qu'elle serait fort utile pour son armurerie. Considérant finalement que la boutique appartenait à Foenix et qu'il ne devrait même pas s'en mêler, l'assassin décida de le laisser faire.
L'Orzhov reprit donc, d'une voix moins formelle.


« Si tout ce que vous me dites là est vrai, j'ai en face de moi le coéquipier parfait ! Je vous contacterai, lorsque ma décision sera prise. Comme vous le voyez, d'autres gens attendent, derrière vous. Il serait dommage de leur priver de cette chance ! »

Il marqua une pause, montrant en même temps d'un geste du bras la file de personne qui attendait d'être leur entretien avec l'Orzhov. Lorsque ce dernier reprit une nouvelle fois la parole, son ton changea. Ce n'était plus une demande de travail, mais une séduction. L'atmosphère sembla changea, l'auberge devint plus colorée et le visage de Foenix s'illumina par ce large sourire. Tout ceci ne se passa que dans son esprit, ce qui fit soupirer l'assassin. Un voix de séducteur accompagnait ainsi les paroles du marchand.

« Quoi qu'il en soit, je désirerais volontiers avoir un ultérieur entretien avec vous. Mais cette fois-ci hors du contexte professionnel, si vous voyez ce que je veux dire. Je ne serais que Foenix, le petit Orzhov, et vous Elryann, la ravissante sans-guilde... »

Il termina son discours avec son célèbre clin d'oeil. Son alter-ego était toujours impressionnés par le paradoxe de Foenix. Son fanatisme semblait toujours s'évanouir lorsqu'il essayait de séduire une femme. Alors que selon lui, au contraire, il devrait plutôt se vanter en ces circonstances, plutôt que devant une foule de pauvres gens qui doivent supporter la vision d'un prétention sans honneur. Le marchand répondit immédiatement à son interrogation.

* Ah, mon pauvre ami ! Les femmes, ça t'y connait vraiment pas ! Peut-être qu'un jour tu comprendras... peut-être... *
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Elryann
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Mar 25 Jan 2011 - 18:17

* Moineau, c'est parce que je suis d'une modestie indécente que je n'ai pas dressé la liste exhaustive de mes talents. Tu voudrais voir ce dont je suis capable ? Je suis capable de vendre la vie à ceux qui en sont dégoûtés, "petit Orzhov". C'est une chose qui t'est hors de portée, parce que tu n'as pas une once de sensibilité. Je prie pour garder un coeur dont tu sembles dépourvu. Oh, tu es plaisant, mais sais-tu ce qu'est le feu ? Brûler de passion, brûler d'empathie ? S'enflammer pour la vie et les vivants, en somme. Les Orzhov sont tous les mêmes, et tu es pareil. A quel point me méprises-tu ? Je serais curieuse de l'éprouver. Tiens, d'ailleurs, j'aimerais également savoir si j'ai cet emploi. Attendre n'a jamais été mon fort, et on ne me promène pas comme ça. Aventurière et fière de l'être, ne t'en déplaise. *

Fidèle à elle-même, et insoucieuse des conséquences potentiellement graves, elle contourna la table en bois massif, et d'un mouvement désinvolte, s'assit dessus, faisant face à l'Orzhov. Elle ne prêta pas attention aux exclamations outrées des sans-guildes qui attendaient leur tour. Elle dégageait ainsi une aura de gaîté face à laquelle il était difficile de rester stoïque.

* Le monde est fait pour qu'on s'amuse avec. *

" Ce que j'ai dit est vrai en tout point; cela dit si j'étais à votre place, je n'y croirais pas. Ne faites pas cette tête, personne ne prend jamais de libertés avec vous ? Le fait est qu'il me faut une réponse rapide. Et que si vous avez réellement envie d'un entretien privé avec moi, c'est maintenant, autour d'une chope. Parce que la ravissante sans-guilde ne se fait pas convoquer par un petit Orzhov. "

Elryann avait prononcé ces phrases penchée vers l'homme, parlant assez bas pour qu'il en soit l'unique destinataire. Ses lèvres carmin s'étirèrent en un sourire réjoui, comme toujours lorsqu'elle provoquait ses interlocuteurs. Elle avait déjà prévu les réactions possibles de l'Orzhov. Soit il serait furieux, auquel cas il crierait au scandale (Elle pourrait à ce moment là passer un moment agréable à jouer les filles enceintes éplorées); soit il répondrait d'un ton coupant, histoire de la remettre à sa place comme il se doit (Et là, elle était libre de le conduire à la crise de nerfs); soit il rougirait, confus, et la congédierait en balbutiant. Auquel cas elle ne manquerait pas de lui retourner son clin d'oeil.

* Même prévisible, l'action sera amusante. Dans tous les cas, il est choqué, indigné, et va s'arranger pour refuser de la manière qui conviendra le mieux à son orgueil. Tssst. Pourquoi suis-je la seule à aimer jouer et prendre des risques ? Ne devrait-on pas être en perpétuelle exploration de notre nature ? Pour ma part, je suis peut-être tarée, mais je ne m'ennuie pas. Je me demande quelle couleur son teint va adopter. Hummm...Non, je crois qu'il va pâlir et me traiter de gueuse, et de petite prétentieuse, c'est bien l'genre. C'est parti. *

Elryann, sur cette dernière réflexion, balança doucement ses jambes à quelques centimètres du sol, en gratifiant l'Orzhov d'un sourire candide.

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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Mar 25 Jan 2011 - 21:24

Foenix poussa un petit rire, apréciant les réactions de la jeune Elryann. Sentiment qu'il partagea avec son alter-ego, pour une fois. Sans nul doute que cette sans-guilde ferait une parfaite commerçante. Imprévisible et pleine d'énergie, en plus d'avoir assez de cran pour défier son destin. Lui qui fut jadis orphelin comprenait cette sensation, de vouloir sans cesse faire ce qui passe par la tête, sans forcément penser aux possibles conséquences. Lorsque l'on est abandonné dans ce monde dur et cruel, l'orgueil est la seule chose qui reste à défendre. Et sans un sou, sans les moyens, la seule chose que l'on peut mettre en jeu est la vie.
L'Orzhov observa attentivement son interlocutrice, analysa ses gestes, chercha à en déduire sa personnalité. Une chose était certaine, elle cherchait à le provoquer. Action qu'il n'aurait guère toléré venant d'un homme. Comme quoi le machisme n'a pas que des pensées négatives, selon les points de vue. Foenix n'effaça pas ce sourire. Il fixa Elryann avec un regard intéressé. Le ton de sa voix, lui, ne changea point.


« Et bien, vous ne manquez pas de courage, on dirait ! Pourtant, je prends aisément le risque de dire que j'ai les moyens de vous faire payer cet affront. Vous faire perdre votre actuel emploi, si vous en avez effectivement un, vous faire enfermer, ou dans le pire des cas vous faire tuer. »

* Surtout quand t'as pas à payer un assassin, pas vrai... * soupira son alter-ego.

« Mais je ne suis de loin pas ce genre d'homme. Alors je satisferais très volontiers vos désirs. Car voyez-vous, j'ai une certaine hiérarchie, concernant les choses qui me sont chères. »

Il accompagna ses prochaines paroles par des gestes des mains, afin de mieux illustrer son propos. Il alterna donc, par conséquent, son regard, par moment sur le visage de son interlocutrice, par d'autres sur les images illustrés par ses mains.

« Je me représente tout cela comme une pyramide. À la base, il y a tous mes biens matériels. Mes armureries, mon or, mon appartement (vous ai-je déjà dit que j'ai un bel et grand appartement ?). Juste au dessus, il y a mon orgueil, mon honneur, ma dignité, tout ce qui m'a donné la force de continuer à avancer, de devenir ce que je suis aujourd'hui et ce que je serai demain. Et au sommet, il y a le plus beau bijou que les Dieux n'ai jamais offert à nous les hommes : la femme ! Cet être merveilleux qui peut apporter le sourire à mes jours les plus odieux ! D'une beauté qui défie l'imaginable et d'une tendresse qui pourrait adoucir le plus féroce des Rakdos. »

Finit son rapide discours, Foenix se posa confortablement contre le dossier de la chaise avant de reprendre.

« Donc, je voulais un entretien privé avec vous, vous le voulez maintenant, alors qu'il en soit ainsi. Comme vous le savez sûrement, je suis Foenix Ket'osarc, propriétaire des armureries portant mon magnifique nom. Quant à ma personnalité, je suis très social, j'aime discuter avec les gens, je peux être généreux, honnête, et fort sympathique. Ah oui, je suis très fier de mon fanatisme ! »

L'Orzhov était surpris que son alter-ego ne réagit guère à toutes les idioties qu'il était entrain de raconter. Il venait de dresser un masque, empli de mensonges, mais lui-même dissimulé par une vérité incontestable, sa vanité sans égale. Telle une goutte de sang dans une flaque d'eau, la vérité se dispersa lentement sur l'étendu de mensonges, rendant le tout uniforme. Pas parfaitement rouge, mais assez pour qu'on le considère comme tel. Ainsi, toutes ses qualités qui n'étaient qu'une vulgaire panoplie du parfait gentilhomme, paraissaient aux yeux de la communauté comme étant des réalités, bien que quelque peu négligés.
Sous toute cette mascarade, l'assassin ne sembla pas porter réclamation, contrairement à son habitude de moralisateur. C'était comme si, depuis le début de la conversation, il était parti de son esprit, laissant derrière lui la porte entrouverte, signe de sa sortie. Passant par dessus ce détail, Foenix reprit.


« Mais voyez-vous, planché grinçant, odeur de bière, faible lumière, lamentations, cet endroit n'est guère l'idéal pour ce genre de discussions ! Que diriez-vous si je passais vous cherchez chez vous, ce soir ? Nous pourrions ainsi tranquillement discuter sous le clair de lune. Cet astre sur notre ciel étoilé est tellement magnifique ! Dieu sait quels mystiques secrets il nous cache ; perché là-haut toute la nuit, avant de redescendre dans son mystérieux nid, cédant la place à la boule de feu qui illumine nos journées. »

Durant tout son discours, il gardait sa voix de séducteur, restant dans une tonalité assez basse pour que seule son interlocutrice l'entende. Tel un acteur de théâtre, il cherchait par sa voix à séduire l'ouïe de la jeune femme, si ses mots ne parviendraient pas à séduire son esprit.
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Asmodée Baxu
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Mar 25 Jan 2011 - 21:58

Une des femmes d'âge indéfinissable - le Masque de Lune nota les pattes-d'oie qui contrastait avec le sourire jeune et éclatant, et se sentit troubler de ne pouvoir donner un ordre de grandeur - s'avança soudain. Son corset luisait d'un éclat mat sous la lumière qui entrait à flot par les fenêtres. Elle attendit que le brouhaha environnant, revenu depuis que Foenix n'était plus à son poste, s'abaisse de nouveau en voyant cette nouvelle protagoniste aller vers l'Orzhov.

"S'il vous plaît, Messire Ket'osarc ! ", l'interpella-t-elle."Moi et ma sœur avons une famille à nourrir, et d'autres occupations requièrent notre présence, plus pressantes que de vous voir faire la cour à cette jeune femme. Si son bagout vous a convaincu de l'engager, alors que grand bien vous fasse, mais dites-le nous, que nous n'attendions pas jusqu'à la prochaine fête du Pacte des Guildes !"

Son ton était poli même si ses paroles étaient cinglantes, et son élocution claire. Les nombreux sans-guildes de la file (qui était encore longue, elle allait en effet jusqu'à la moitié de la salle) approuvèrent discrètement la sortie de la femme, et des murmures passionnés sur l'orgueil des guildés, leur manque de respect et leur insouciance enflèrent, montant de nouveau le volume sonore à un seuil élevé. Le petit homme, resté en retrait, hocha la tête aux paroles qui restaient en suspens dans les airs, et le Haazda fronça les sourcils, mais nul ne saurait dire laquelle des trois parties en présence l'irritait.

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Les vivant meurent, les morts vivent, les vivants s'occupent des morts, les morts nourrissent les vivants, la loi de la nature...
"Quoi de plus naturel que des racines se nourrissant de cadavres ? [...] La beauté de la nature à l'état pur se retrouve dans le Cercle : une continuation parfaite, aucune interruption entre la mort et la vie." Matka Savra
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Elryann
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Mer 26 Jan 2011 - 11:37

* Me faire enfermer, me faire tuer...C'est cela, oui. Une effrontée te prends de court, et la première chose à laquelle tu penses, c'est quel supplice tu pourrais lui infliger. Je suis sûre que tu adores effrayer tes interlocuteurs pour qu'ils sachent à qui ils ont affaire. Dommage que je sois difficile à impressionner, sinon j'aurais répondu à tes attentes : des battements de cils affolés, une moue pour t'apitoyer...Pouah. *

Elryann se tenait toujours assise sur la table, tout à fait détendue jusqu'à ce que l'Orzhov évoque sa fameuse pyramide. Elle pris brutalement conscience de sa posture vaguement provocante. Ses jambes, qu'elle tenait croisées, étaient nettement discernables dans cette position, trahies par les plis de sa jupe. Quand à son corsage...Elle avait oublié qu'on ne penchait pas, lorsqu'on était une jeune fille de bonne famille. Elle se redressa et ébouriffa ses cheveux, sa méfiance éveillée par le discours de Foenix. Cet homme était d'une prétention imbuvable. Non, il n'avait pas osé...?

* Bien joué. Non, vraiment. Non seulement il ne s'est pas offusqué, mais il ne semble pas le moins du monde découragé. Et à présent, le message est limpide, l'obtention de ton emploi dépend d'un rendez-vous qui n'a rien de professionnel. Il s'agit de réfléchir très vite - plus vite que ça. D'une grande honnêteté, hein ? Tu vas te prendre ma propre honnêteté dans la face, ça va te faire tout drôle. Ton fanatisme ? Me dis pas qu'en plus de jouer aux irrésistibles, tu veux me faire croire que tu es dangereux ? *

Extérieurement, Elryann conserva son expression affable, qui se troubla légèrement lorsque l'Orzhov évoqua leur promenade au clair de lune. Ses sourcils se froncèrent imperceptiblement, et elle réprima un sourire narquois.

* Voyez-vous ça. On veut me montrer les étoiles. La dernière fois, c'était les remparts. La fois d'avant était particulièrement originale, il s'agissait de...Oh, ce n'est pas la question. Moi, je voulais un emploi, pas un traquenard. Je suis prête à lui adresser tous les sourires éperdus qu'il voudra, mais je ne suis pas convaincue que mes sourires l'intéressent. D'ailleurs, doit pas y avoir grand chose qui l'intéresse chez moi, à l’exception de cette captivante "discussion", cette nuit. *

Lorsque la sans-guilde à l'aspect ambigu prit la parole, Elryann haussa des sourcils approbateurs. Sa dignité était admirable, et la situation pas franchement concluante. Sans réfléchir une seconde, elle plongea la main dans la sacoche qu'elle portait en bandoulière, en extirpa une petite bourse qui contenait ses dernières économies, qu'elle avait conservé au cas où. Elle la lança à la femme jeune-vieille, qui en avait sans doute un besoin plus urgent qu'elle. Ce n'était pas si grave - dans un contexte critique, elle pourrait toujours vendre les pendentifs précieux de sa mère. Elle se tourna vers l'Orzhov, et posa sur lui un regard chargé de colère.

" Mes compétences sont tout ce que j'ai à vendre. Je distribue également des gifles, si vous avez de quoi les payer. Oui, je suis une bonne commerçante, et oui, je suis multifonction au point de pouvoir exercer des dizaines de professions. En revanche, celle d'amusement pour riche armurier m'est inconnue. "

Elle sauta sur ses pieds, épousseta fièrement le tissu de sa jupe, et profita de la stupéfaction de Foenix pour lui écraser le pied, d'un coup de talon exercé.

* Oups. Euh, c'était improvisé, ça. Le moment de courir, peut-être ? *

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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Mer 26 Jan 2011 - 21:18

L'Orzhov écouta la femme, jeune ou ancienne, d'un faux intérêt. Les sourcils légèrement levés, le coude posé sur la table et la main caressant son menton poilu dissimulaient le je-m'en-foutisme total de l'homme. S'il était là, c'était aussi pour que des personnes sans emploi puissent en trouver un. Néanmoins, son comportement enfantin et irresponsable en se pliant ainsi aux provocations de la sans-guilde restaient inadmissible. Le problème était que ce minimum de morale ne l'effleurait même pas. Victime de ses pulsions et de sa fierté, le marchand était incapable d'admettre le moindre tort venant de sa part. Chose que l'assassin n'acceptait guère. Ce dernier estimait qu'un homme d'honneur savait principalement reconnaître ses fautes, au lieu de sans cesse les éviter. Une fois encore, le paradoxe était omniprésent dans l'esprit de Foenix. Prenant tant de mal pour préserver son orgueil, il ne pouvait remarquer qu'il montait en bas.
Lorsque la femme acheva son discours, l'Orzhov s'apprêtait à prendre la parole, quand Elryann le fit à sa place après avoir donné sa bourse à la sans-guilde. Alors qu'il avait l'intention de commencer de parler, il sentit une douleur aiguë à son pied. Il grimaça et se retint de crier sa douleur. Distrait par cela, il remarqua à peine ce qui suivit. La jeune ou vieille femme rendit sa bourse à Elryann, lui adressa un sourire courtois, avant de repartir d'un pas léger avec sa soeur. Foenix reprit rapidement ses esprits et s’apprêtait enfin à défendre sa cause. Soudain, il sentit comme un coup de poing à l'estomac. L'attaque ne fut pas physique, mais mentale. Dans son esprit, l'assassin, vêtu de sa longue cape venait de le frapper violemment, une main sur son épaule droite, l'autre s'enfonçant dans sa chair spirituelle. Il approcha ensuite sa bouche à l'oreille de son alter-ego blessé et lui murmura ces mots avec une colère indéfinissable.


* T'as fais assez de bordel comme ça, espèce d'idiot ! Laisse-moi prendre le relais, si tu veux sauver ton précieux orgueil, ainsi que ta peau ! *

Dans la réalité, l'Orzhov ne bougea pas d'un pouce. Il restait là, assis, sans bouger, lorsque son petit sourire s'effaça net. Il leva la tête vers Elryann, qui lui tournait le dos. Et s'adressa à elle d'un ton plus sévère. Il n'était pas pour autant impoli, ni ne manquait de courtoisie. Il ne cherchait pas à réprimander la jeune femme, ni même à défendre son misérable alter-ego. Il voulait simplement mettre les choses au clair. Foenix avait quelque peu perdu le contrôle de la situation, il comptait bien la dominer à nouveau. Malgré la sévérité dans son ton, ses mots semblaient inspirer une certaine douceur.


« Et c'est bien pour vos prétendus compétences de commerçantes que je vous engagerais volontiers, et non pas pour ce que vous appelez "amusement pour riche armurier". Vous êtes venus vers moi pour demander un emploi, je vous ai dit que je vous contacterai dès ma décision prise, comme je l'ai fait avec tous ceux qui vous ont précédés. Les rôles s'inversèrent par la suite. Ce fut à mon tour de vous demander quelque chose, à savoir de mieux vous connaître. Vous étiez en droit de refuser et repartir, sans pour autant réagir... de cette manière... »

Il prononça ces trois derniers mots avec une certaine amertume, tout en caressant avec sa botte le pied douloureux. Il continua ensuite, du même ton que tout à l'heure.

« Ce n'était certainement pas le moment idéal pour vous faire ce genre de demande, je vous le concède. Mais voyez-vous, je trouve que la vie est plus agréable si nous avons quelqu'un avec qui partager des beaux moments. Car avec des pièces d'or on ne peut acheter l'éternel bonheur, bien qu'elles aident passablement. J'avais pensé que vous auriez pu jouer ce rôle, ce qui ne semble pas être votre avis. Soit, je ne vous demanderez rien de plus. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, des personnes attendent encore... »

Il adressa un petit geste de la main en direction de la file de personnes qu'attendaient leur tour pour l'entretien d'embauche avec Foenix. Contrairement à ce dernier, Masque de Lune ne cachait aucun sous entendu dans sa voix. Pas de manipulations, pas d'intentions cachées entre les lignes. Une simple exposition des faits, voilà la seule chose qu'il estimait comme réellement utile. Il ne prétendait pas une réponse en retour et se fichait des possibles réactions. Il ne fit que donner son avis sur cette situation délicate, exposa ses idées et c'était tout. Il ne désirait qu'une chose, mettre les choses au clair avant que cela ne dérape d'avantage. Il estimait son travail accompli, espérant avoir réparé aux réactions puérils de son alter-ego.
Il adressa à nouveau un sourire cordial à la personne à la tête de la file d'attente et s'adressa à elle avec une voix tout aussi douce et amicale que son sourire.

« Au suivant ! »
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Elryann
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Sam 12 Fév 2011 - 19:52

L'expression d'Elryann devenait progressivement radieuse. Tout en écoutant le discours de l'Ozhov, qui ne pouvait qu'être froissé, elle battait des cils, s'ébouriffait les cheveux, et ses joues étaient rosies par l'euphorie. Ses prunelles prirent l'aspect de l'or fondu sous l'effet de son excitation, chose qui, loin d'être charmante, était plutôt inquiétante. Son sourire avait soudain des airs exaltés, sous l'influence de ses gloussements réprimés. Il avait répliqué, ô liesse ! Femme d'honneur, elle attendit impatiemment qu'il achève ses explications, dont le ton cachait mal l'irritation de Foenix.

* AHA ! AH ! Du paternalisme, à présent ! Mais descends-moi, vas-y ! Ah, non, tu ne peux pas t'arrêter ici, mon bel armurier. Que l'on s'amuse un peu, voyons, moi qui pensais que tu aimais les éclats...Tiens, ce petit filet de voix qui gémit "Elryann, arrêêêêê..." ! Je n'entends jamais la fin. Je crois qu'on cherche à communiquer avec moi ! *

Elryann profita de ce que le sans-guilde, à la tête de la file, était intimidé et n'osait encore intervenir, pour bondir auprès de Foenix. L'énergie incandescente qu'elle dégageait, sa gestuelle à mi-chemin entre la comédienne et la danseuse, le rayonnement de son sourire, tout ces éléments rendaient un portrait saisissant et étonnement effrayant de la jeune femme. A ce moment là, si l'on pouvait mettre en doute son équilibre mental, on ne pouvait nier qu'elle semblait parfaitement joyeuse. Incarnation de l'espièglerie, elle s'accouda au jeune Orzhov interloqué, et parla doucement.

" Faudra que vous m'expliquiez comment vous faites pour passer du roucoulement aux intonations glaciales, c'est assez stupéfiant chez vous. Je vous trouve bien sérieux - trop sérieux. Riez donc, la vie est trop belle pour tirer une telle figure. Tenez, là, par exemple, il ne fallait pas prendre ce ton faussement raisonnable et ferme d'homme avisé; il fallait demeurer sur la même longueur d'onde, voyez-vous ? Vous avez réprimé votre première impulsion - qui était peut-être de me scalper, si ça se trouve - et plaqué un ton de circonstance sur votre réplique. Comment voulez-vous vivre ainsi entravé ? Vous savez, votre proposition était presque ingénue tant la suggestion était limpide. Vous ne devez pas être si méchant, je pense. Ou alors c'est moi qui comprends trop bien ? Oh, peu importe. Avouez que vous méritiez qu'on vous écrabouille l'orteil. C'est vrai que si vous m'engagez, vous laissez entrer un peu de folie - du talent, certes, mais une bonne dose d'imprévus aussi - dans votre univers...Terrifiant, je le conçois, et j'imagine que votre monde ordonné n'en a pas l'habitude. "

Elle haussa les épaules, convaincue que l'Orzhov, dans sa perception figée des choses, n'avait pas la moindre imagination, et encore moins le courage de poursuivre un dialogue avec elle. Ce n'était tout de même pas éprouvant, non ? Prise d'une brusque pulsion, elle releva du bout de l'index, avec délicatesse, le menton de Foenix, comme pour mieux l'examiner. Son visage se fendit d'un sourire malicieux, et elle se demanda de quelle manière le jeune armurier s’arrangerait pour lui faire payer sa familiarité. La froideur, l'humiliation, la condescendance ? Elle l'espérait, elle avait déjà une parade explosive. La violence, peut-être. Elle était prête. Dommage qu'il n'ait pas le goût de l'aventure, ils auraient pu bien s'entendre...Au moins, elle lui aurait laissé une chance d'envisager la vie telle qu'elle la concevait, avec légèreté, passion et un soupçon de démence. Oui, c'était réellement dommage qu'il se soit offusqué. Leur collaboration aurait pu être tellement amusante ! Elle songea avec philosophie qu'elle devait se faire à l'idée que la plupart des gens étaient ennuyeux et tristes, loin de partager son entrain d'oiseau exotique.

* Oui, oiseau exotique, c'est un bon terme. Bizarre, gai, agréable à regarder et solitaire. Aha ! Bon, je suppose que je n'ai plus rien à attendre de cet échange. J'irai chercher l'inattendu ailleurs ! *
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Foenix
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Lun 14 Fév 2011 - 12:51

Dans l'esprit de l'Orzhov, Foenix chauffait d’excitation. Tel un enfant voulant essayer de suite son nouveau jouet, le marchand à la mentalité très puérile, il faut l'admettre, suppliait son alter-ego comme le père qu'il n'a jamais eu, afin de reprendre le contrôle de ce corps. Au fur et à mesure que le temps passait, l'assassin se convainc de plus en plus que ce comportement capricieux causerait la perte de ce petit marchand, entraînant avec lui dans sa chute la coquille qui retenait également son âme. Mais étant donné l'insistance de Foenix et la situation qui aurait pu difficilement empirer, il accorda ce petit plaisir au petit enfant qui cohabitait son esprit.

* Une occasion comme celle-ci, je ne peux pas la rater ! Tu verras mon vieux, tu ne seras pas déçu ! *

Tandis que la jeune Sans-Guilde souleva son menton, il resta impassible, tel un buste des anciens nobles d'une riche famille de la guilde des transactions. Ce ne fut que lorsqu'elle le lâcha, que ses traits changèrent progressivement, montrant l'exact opposé de cette personnalité sérieuse. Son visage rayonnait de bonne humeur, comme les soleils représentés par la candeur d'un enfant. Il se leva et prit l'intonation d'un acteur de théâtre. Ses bras accompagnaient ses vers en prose, tandis que la taverne se transformait en une véritable scène de spectacle.

« L'imprévu ? Terrifiant, dites-vous ? La banalité et les règles sont les ennemies du théâtre ! Pourquoi une pièce doit-elle toujours entrer dans une qualification spécifique ? Au diable le mesquin gentilhomme qui a différencié comédie et tragédie ! Quel intérêt y a-t-il à aller au théâtre, si nous savons d'or et déjà que la pièce va bien ou mal finir ? Quel démon sans scrupule que l'homme qui a donné des règles au spectacle ! N'est-il pas plus agréable de s'asseoir sur un fauteuil, voir des hommes et des femmes qui jouent un rôle défini et de rester du début jusqu'à la fin dans cette palpitante et angoissante attente que le doute universelle s'estompe comme une flamme sous le plus puissant des courant d'air : comment va-t-elle se finir ? Le héros va-t-il survivre et sauver sa muse, ou périra-t-il alors qu'il était si prêt d'atteindre son but ! »

Soudain, l'Orzhov brandit son épée, la levant au ciel, tel un soldat qui vainc son adversaire avec fierté. Il se mit à faire les cent pas autour de sa table, autour d'Elryann, autour des Sans-Guildes qui l'observaient avec cette crainte qui nous engloutit, lorsque nous sentons la mort toquer à notre porte. Il tournoyait son arme avec son poignet, donnant de temps à autre des coups dans le vide en direction du sol. Il continuait pendant ce temps à jouer son rôle dans cette pièce, en s'adressant spécialement à Elryann.

« Et vous dites que je suis trop sérieux ? Qu'un petite dose de folie casserait mon habitude ? Et bien je n'en demande pas mieux ! Chacune de nos existences est une histoire racontée par l'acteur principal, c'est-à-dire soi-même, mais dont le destin est défini par les simples figurants qui consciemment ou non décident de notre sort, tel l'être omniprésent qui contrôle tous nos faits et gestes et nous manipule comme des marionnettes. Et comble du malheur, nous connaissons la fin de l'histoire ! L'intérêt qu'il y a dans une tragédie digne de ce nom est la façon dont l'intrigue chemine finalement vers cette fin unique et toujours identique, la mort. Rien de mieux que des amours qui meurent et reviennent, des amis qui tournent leur chemises, pour donner du sens à cette fin que nous connaissons tous. L'imprévu est l'arme de tout bon tragédien. L'éternelle banalité de la routine est d'un ennuie infini ! Rien de tel qu'un bon coup d'imprévu pour fissurer, voire carrément détruire cet ordre militaire de la banalité de tous les jours !

Mais comme toute chose, l'imprévu doit être utilisé avec modération, ou nous sommes engloutis par le cercle vicieux du paradoxe. Car l'inattendu peut se transformer en cette éternelle banalité, qui, à ce stade, ne présente point de faille, si ce n'est terminer notre chemin en avortant notre existence. »


Il marqua une pause. Il fixait le sol, ne bougeait plus. La pointe de sa lame orientée vers le bas, tandis que son avant-bras désarmée était légèrement levé, serrant le poing. Le silence régnait dans la taverne. Personne ne savait pourquoi il s'était si soudainement arrêté, coupant ainsi son élan. Il relava soudainement la tête et fixait à présent le plafond, comme s'il essayait de s'adresser au ciel. Il écartait ses bras, celui tenant l'arme toujours orienté vers le sol, tandis que l'autre essayait de gratter le firmament.

« Et comble du désespoir... Le malheur a voulu qu'un homme, une femme ou un quelconque autre être, là-haut, ou peut-être en-bas, voire, peut-être parmi nous ! ... » il accompagna ces derniers mots en orientant bras et tête dans la direction annoncé, pour finalement reprendre sa position initiale « ... possède un livre, où toutes nos histoires sont inscrites. Et c'est avec la perversion d'un violeur qu'Il s'amuse à observer nos vies et notre insouciance, sachant à l'avance ce qui nous attends, alors que nous l'ignorons. Quel plaisir sadique éprouve-t-Il en voyant un jeune plein de vie et d'espoir, ayant accompli son rêve, après des années de patience et de dur labeur, devenant expert dans son domaine de prédilection, et finalement, alors qu'il rentre dans ses appartements, un assassin surgit d'une ruelle, éteignant sa vie, éteignant ses espoirs, éteignant ses rêves.

Bien que l'imprévu peuple notre existence en apparaissant de temps à autre quand cela lui chante, le tout est emprisonné dans une bulle que rien ne pourra ni transformer ni percer. Et Lui nous observe, comme Il observe une pièce de théâtre, dont Il connait déjà l'histoire dans les détails, rien que pour satisfaire son sadisme et voir s'éteindre les vies et les rêves de ces petits êtres sans défense, perdus dans cette jungle, avec cette perpétuelle illusion d'être libres, emprisonnés dans une boule de cristal. »


Ce dernier passage de son interprétation théâtrale finit en decrescendo, autant dans son intonation que dans ses gestes. Il baissait lentement les bras, tandis qu'il concluait. Sa tirade n'avait pas un réel intérêt. Au fond, il ne répondait pas vraiment à Elryann, sinon en contredisant l'idée qu'elle avait de lui, quant à son sérieux. Un éloge de l'imprévisible, qui pouvait plaire ou moins, dans une interprétation très théâtrale, ne pouvait qu'inspirait un certain doute quant à la lucidité d'esprit de cet homme. D'abord assez libertin, puis d'un sérieux très moralisateur, pour finir avec une tirade interprétée par la classe d'un acteur. Foenix savait pourtant très bien où il allait. L'Orzhov parvint comme d'habitude à attraper la chance au vol et s'en servir au mieux. Cultivant ainsi le hasard, il parvenait à mettre de la littérature dans la vie de tous les jours. Alors que les grands philosophes écrivent leur pensées pour qu'elles survivent à la puissance du temps, Foenix avait une autre façon d'illustrer ses idées. En les présentant ainsi à des personnes, comme dans un spectacle. Ainsi, son public s'imprégnera de ses pensées, et les partagera ou non avec les générations futures, aidant ainsi à la survie de ses idées contre la fureur du temps. Certes, personne ne se souviendra de qui aura illustré toutes ces idées, mais ce n'en sera que plus avantageux. Oui, car elles passeront pour des propos populaires, que tout le monde pense, que tout le monde sait, et non pas comme les simples idéaux d'un seul auteur, d'un vulgaire être qui a vécu et qui est mort. Les pensées de Foenix subsisteront, comme un patrimoine de l'humanité, et tel un trésor perpétuel dans le temps, accessible à tous, grands et petits, hommes et femmes, riches ou pauvres.
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Elryann
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Mer 2 Mar 2011 - 17:09

" Que voilà une tirade à la plastique irréprochable ! "

Elryann avait levé les bras au-dessus de sa tête pour secouer sa lourde chevelure, l'un de ses sourcils légèrement haussé. Elle posa son poing gauche au creux de sa taille, soulignant son déhanchement volontaire, laissant traîner sur ses lèvres une ébauche de sourire en coin. Ses yeux étaient un concentré de la désinvolture qui se dégageait de sa posture.
En somme, elle se moquait.
Elle avait suivi les allées et venues théâtrales de l'Orzhov avec une consternation croissante, au fur et à mesure qu'elle devinait le caractère superficiel et vaniteux de son soliloque. Peinant à masquer sa déception, elle avait jeté un coup d'oeil circulaire aux occupants de la taverne, qui, eux, n'avaient cure de ses préoccupations morales au sujet de la spontanéité, et semblaient partagés entre l'incrédulité, l'effroi et l'irritation. Ce qui se comprenait, si encore l'armurier avait eu le bon goût d'abandonner l'esthétique et le calcul...Mais là, il transpirait la volonté d'époustoufler...


* Il se donne en spectacle. Ce n'était pas ce que je voulais...Rien de spontané, rien qui soit pensé et émane des tripes. Dommage, c'aurait pu être émouvant, sa jolie diatribe sur la prévisibilité de l'existence...Tiens, j'me demande depuis combien de temps il la travaille, celle-là ? Pauvre garçon, il doit vraiment être victime de sa discipline pour faire de tels efforts de mise en scène. Ah non, ma belle, pas de ça : bientôt tu auras envie de le materner. *

" C'est c'la, oui. Vous devez vous sentir drôlement seul, tout de même. Alors très bien, si vous avez mis ne serait-ce qu'un soupçon de sincérité dans vos mots, je vous donne une chance de le prouver en m'engageant, n'est-ce pas merveilleux ? Si, comme je le crois, ce n'étaient que d'aimables mensonges saupoudrés de grandiloquence, vous n'avez qu'à choisir un assistant parmi cette foule qui s'impatiente - vous n'aurez pas l'outrecuidance de les faire attendre davantage d'une manière ou d'une autre ? Un de ces jours, j'vous apprendrai à danser la gigue, ce sera du plus bel effet lors de votre prochaine envolée verbale. "

Elryann accompagna ses dernières paroles par un clin d'oeil plein de gaîté, souleva sa jupe à la hauteur des chevilles pour sautiller jusqu'à l'Orzhov, et se dressa sur la pointe des pieds pour lui glisser les mots suivants, ses cheveux chatouillant le cou de l'armurier :

" Y'a quelque chose qui me chiffonne chez vous, et j'aimerais bien comprendre quoi. Vos velléités, sans doute, et cette attitude que je pourrais prendre comme du désespoir. Votre fameux livre n'a aucun intérêt que d'être une plaisante métaphore pour désigner l'alternative et les erreurs qui en découlent naturellement. Je suis certaine que vous le savez, mais que vous adorez épater la galerie avec des lieux-communs enrobés d'images sucrées. J'espère vous entendre parler sans détours un jour, ce serait intéressant. Enfin, en dépit de tout ce que je vous dis, je vous aime bien, pas d'inquiétude. Oh, et si vous vous décidez à m'employer, j'habite ici - je ne suis pas difficile à trouver. Sinon, je vous souhaite une vie trépidante en compagnie des gens que voilà. Bonne chance, Foenix ! "

Pour ponctuer ses salutations, Elryann accorda à l'armurier un regard des plus espiègles, et tourna les talons, non sans avoir ébouriffé ses cheveux. Elle adressa un large sourire compréhensif aux sans-guilde amassés, près de la table de l'Orzhov, en une queue désordonnée; puis sortit de la taverne, rassérénée par la lueur chaude d'une fin d'après-midi dans la quartier neutre. Elle tourna sur elle-même plusieurs fois, pour le simple plaisir de voir sa jupe onduler sous la lumière déclinante. Enfin, elle s'adossa à la façade de la taverne, suivant des yeux les passants aux accoutrements hétéroclites, extirpa de sa petite sacoche de minces feuillets et une plume, et commença à dessiner.

* Tiens, je n'ai jamais été serveuse. Je me demande si la Taverne du Rat crevé..? *

[hrp] Le MJ6, qui rencontre de sérieuses difficultés pour poster, m'a demandé d'éditer ce post et je suis à partir d'ici les instructions qu'il m'a données via MP. [/hrp]

Soudain, un bruit de cavalcade fit lever le menton d'Elryann. Quelques cris, des bousculades; comme si l'on poursuivait quelqu'un, et que ce quelqu'un fonçait à travers la ruelle, droit vers la taverne. A travers la masse intriguée de ceux qui déambulaient tranquillement, elle distingua trois silhouettes. Un jeune homme aux cheveux noirs, au moins aussi ébouriffés que les siens, courait de toutes ses forces pour échapper à ses deux poursuivants : deux gardes, un gobelin aux airs chafouins et une humaine pathibulaire. Au moment où elle notait qu'ils étaient tous deux armés, et où elle se faisait la réflexion que l'inconnu n'avait pas de chance, le gobelin lança un éclair magique. Si celui-ci manqua sa cible, la déflagration ne manqua pas de déclencher un mouvement de panique parmi les passants. Immédiatement, la foule tranquille se mua en cohue infâme où les trébuchements ne faisaient qu'ajouter au désordre. Elryann éprouva une intense envie de rire, qui s'étrangla dans sa gorge lorsqu'elle vit surgir le jeune homme dont elle ne put qu'apercevoir l'expression vaguement fanatique, avant qu'il plonge sous un étal de fruits, profitant de la confusion. Stupéfaite, Elryann réalisa, en repérant les gardes, que le fuyard se trouvait à près de trois mètres d'elle; et sa posture faisait d'elle un parfait témoin. D'ailleurs, les deux individus se dirigeaient déjà vers elle, essoufflés, l'air particulièrement mécontent. Le calme revenait progressivement dans la ruelle quand le gobelin prit la parole, en levant ses yeux déplaisants vers Elryann.

"Où est passé cet homme, que nous poursuivions ? L'avez-vous vu ? Un semi-elfe, brun...Il s'agit d'un terroriste. Il est dangereux, il a mis à feu et à sang tout un bâtiment. "

Sans attendre la réponse de l'intéressée, l'humaine tourna les talons et se précipita à l'intérieur de la taverne, tandis que le gobelin fixait Elryann d'un air benêt et farouche. Cette dernière, fidèle à elle-même, obéit à une impulsion aux origines mystérieuses et répliqua d'un ton condescendant.

"Je pense que si j'avais croisé un tel individu, j'en serais autrement plus émue. Je n'ai vu qu'un bazar indescriptible. Et cessez de reluquer ce corsage, votre fugitif ne s'y dissimule pas. "

L'hésitation était transparente, sur la face stupide du gobelin. Visiblement, il balançait entre une réplique cinglante et un coup d'éclair; mais ne semblant pas en mesure de trancher, il fit volte-face et partit rejoindre son acolyte dans la taverne, dont les vitres mal lavées ne laissèrent plus rien deviner de ce qui s'y passait. Elryann, poussant un profond soupir, s'agenouilla pour ramasser la plume qu'elle avait lâchée lors de l'hystérie générale. Elle s'interrompit, la main tendue au-dessus des pavés, en observant le semi-elfe qui entreprenait de s'extirper de sa cachette. Amusée, elle adopta son ton le plus moqueur.

" Eh là, dangereux terroriste, vous écrasez ces agrumes, ils vous ont pourtant rendu service. "
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Yarkol
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Jeu 3 Mar 2011 - 23:56

Des pointillé de couleur, et un mélange d’odeur, comme c’est bon d’être étalé ainsi dans les fruits ! Et cette chose informe, rosée et juteuse, semblait avoir roulé là sous son nez dans le seul but de le taquiné. Tout en se relevant, l’ancien Gruul enfonça ses dents dans la chair de ce délice végétal. D’un revers de la main, il balaya les quelques fruits écrasé qui s’étaient accrochés à ses vêtements. C’est à se moment, alors qu’il allait quitter l’étalage, qu’une voix moqueuse et sucrée, lui rappelant le fruit qu’il avait en bouche, l’interpella.

« Eh là, dangereux terroriste, vous écrasez ces agrumes, ils vous ont pourtant rendu service. »

Il se retourna, avalant tout rond son amuse bouche, tandis que quelques passant encore agité fusaient devant lui. Personne ne semblait l’avoir remarqué, hormis cette délicieuse créature, agenouillé, la main devant une plume.

« Les agrumes restent utiles même en compote, je ne pourrais en dire autant de votre plume si vous ne la ramassez pas très vite. Sait-on jamais, les terroriste courent les rues et sont peu regardant aux dégâts matériels qu’ils engendrent. » Répliqua t-il d’un ton enjoué.

Il ramassa deux fruits, puis s’approcha d’elle. Les gardes ne tarderaient pas à revenir, le marchand de fruit non plus d’ailleurs. Mais il n’en avait cure, son interlocutrice avait capté toute son attention. Sa robe flottait comme flotte les étendards, et même ainsi agenouillé, on avait envi de la placer sur une estrade, au dessus de tous. Ses lèvres, rouges et pétillante, avaient elles aussi quelque chose de fascinant. Il n’osait pas aller se perdre dans ses yeux et détourna donc le regard un tantinet plus bas.
Une fois à ses coté, l’œil exercé du Sans-guilde remarqua immédiatement le cimeterre à la taille de la belle. Il ne put s’empêcher de sourire. Il en avait eu un, avant. Il c’était tordu quand il avait tenté d’ouvrir une porte avec, puis il l’avait utilisé pour monter une paroi de terre trop lisse, pour finalement l’abandonner, planté dans ladite paroi.

Il lui tendit l’un des fruits, une boule tendre mais ferme au teintes aurores, qu’il serait incapable de nommer.
« Vous en voulez ? » Dit-il, tout en croquant le second fruit, porté à sa bouche avec l’autre main. Le regard embrumé, dans le vague, l’Elf se laissait aller au rêve, comme à son habitude. Elle avait l’air tout aussi jeune que lui, du moins c’est ce qu’il déduisait au clair de ses yeux et au tintement de sa voix. C’était la première fois que quelqu’un lui venait en aide sans rien demander en retour, et sans chercher à le tuer juste après, Yarkol ne voulait donc pas la laisser là sans la remercier.

De toute façon, maintenant qu’il avait repris son souffle et après s’être désaltéré avec deux fruits, il était d’attaque pour se remettre à courir au cas où ses poursuivant sortiraient inopinément de la taverne (qu’il guettait tout en dévorant des yeux la bienveillante qui avait tut sa position).

Il restait là, le bras tendu avec sa modeste offrande, le regard aussi flou que la brume flottant aux dessus des champs les matins de printemps. On ne pouvait ni savoir ce qu’il pensait ni se qu’il regardait vraiment, car s’il était plus probable que ses yeux fixaient les lèvres de son interlocutrice, vers lesquelles ils étaient dirigé, il donnait plutôt l’impression de voir au travers, comme s’il fixait quelque chose de plus loin, par transparence.


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« Que craintes et cries crèvent les croix,
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Elryann
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Ven 4 Mar 2011 - 21:07

Enfin quelqu'un que l'on pouvait regarder dans les yeux sans se dresser sur la pointe des pieds; comme c'était reposant ! Si "regarder" était un terme approprié, car en réalité, il s'agissait plus d'une prise immatérielle, comme si les prunelles du jeune homme exhalaient le brouillard qu'elles contenaient pour envelopper ses interlocuteurs. Elryann n'était pas accoutumée aux retournements de situation; aussi se retrouva-t-elle décontenancée de subir le magnétisme d'un regard fixe qui, d'ordinaire, lui appartenait. Légèrement surprise d'avoir à établir l'intimidation qui s'imposait de fait, en principe, elle lui rendit une oeillade chargée de méfiance, avant de le détailler rapidement. La musculature du fugitif compensait sa taille; et, s'il était en sale état, cette apparence semblait lui être parfaitement habituelle, comme s'il était né couvert de brûlures, de cicatrices et de vêtements déchirés. Elle décida aussitôt qu'elle aimait bien la texture de ces cheveux, mais qu'elle appréciait de façon plus modérée qu'il soit armé et tende ainsi la main vers elle - fût-ce pour lui offrir un fruit. Elle attrapa sa plume d'un geste vif, et la glissa dans sa petite sacoche tout en se relevant, puis examina avec circonspection l'offre du semi-elfe, enroulant une main autour de la garde du cimeterre. Enfin, elle battit des cils, et lui adressa un sourire teinté d'ironie.

" Au diable la prudence, je n'ai plus peur de rien depuis que je vous ai vu massacrer ces fruits, insoucieux de leur clameur douloureuse. 'Jamais rien vu de plus monstrueux, j'en déduis que vous ne sauriez me faire pire. Merci ! "

* Il n'a pas l'air beaucoup plus dangereux qu'un Boros à la retraite - c'est tout de même une engeance féroce. Tiens, c'est moi où son esprit est en train de déraper doucement sur la pente du somnambulisme ? C'est adorable; ce pauvre garçon a sans doute incendié ce bâtiment par inadvertance, il est sûrement bouleversé, peut-être un peu simple d'esprit. Mes sarcasmes n'arrangent pas les choses, si par malheur il les comprend...Je ne voulais pas être méchante. "

Sa main gauche ne pouvant se résoudre à quitter l'arme, elle tendit délicatement la droite vers la peau velouté du fruit. Un brusque sursaut d'instinct lui fit pivoter la tête vers les vitres de la taverne, et elle comprit deux choses. Premièrement, le verre avait beau être crasseux, les trois personnes qui écarquillaient les yeux derrière ne pouvaient avoir manqué la scène - les deux gardes, et le tenancier de l'étal à la calvitie agressive. Ensuite, la proximité d'Elryann avec le fuyard, son sourire et son geste cordial étaient de l'ordre de l'attitude la plus suspecte. En somme, elle avait tout d'une complice félicitant son malfrat d'ami pour son évasion menée avec brio.

" Mais...Mais...NON !"

Elryann avait poussé un véritable rugissement d'indignation, en dégainant vivement son cimeterre. Deux alternatives s'offraient à elle; attaquer l'inconnu afin de prouver sa bonne foi, ce qui n'était pas l'option la plus séduisante en tenant compte de la carrure de son adversaire, bien plus charpentée que la sienne - chose qui, même si elle n'avait rien de difficile, n'en était pas moins handicapante. Elle pouvait également attraper cet énergumène par le col et...courir, en espérant qu'il pourrait éventuellement servir de bouclier. En une seconde, elle fut tout près de l'individu, ses lèvres à quelques millimètres de son oreille.

" Je ne sais pas quand ni comment, mais tu vas me payer ça. A présent, si tu as un peu d'honneur et de réactivité, sauve-nous. "

Levant légèrement sa lame, elle referma ses doigts sur le poignet du semi-elfe, prête à courir, ses yeux papillonnant de son compagnon improvisé à l'entrée de la taverne qui n'allait pas tarder à être franchie par trois menaces très, très remontées. Tout cela s'était produit en moins de quatre secondes, autant d'instants gagnés par les ennuis qui se profilaient à l'horizon.



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Yarkol
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Sam 5 Mar 2011 - 14:55

Dévisageant les trois pleutres derrière la vitre encrassé avec un sourire des plus candide, soulignant avec une folie sans nom la promesse de mort que lançait ses yeux, le semi-Elf avait lâché son fruit et sortis sa dague au bruit métallique résonnant dans sa tête comme une sirène d’alarme : la belle avait sortis son cimeterre.
Bien sûr, lui, n’avait fait aucun bruit en sortant son arme, il la maniait comme s’il ne s’agissait que d’une extension de son bras, toujours cacher dans le l’ombre de sa cuisse. A quelques secondes près, il aurait tenté de la désarmé, heureusement pour elle, la Sans-guilde ouvrit la bouche.

Un mot frappa Yarkol en plein dans son estime. Honneur. Mais il n’eut pas le temps de rétorqué qu’ici l’honneur menait aussi bien au sommet qu’au tombeau, car la fin de sa phrase le coupa net : sauve-nous.

Nous ? Comme un coup de fouet reçut en plein visage, comme le dernier coup de bâton lacérant son dos, comme la dernière bouteille que son ivrogne de maitre d’arme lui éclatât sur la tête, ce Nous lui vrilla l’âme et le cœur. Il n’appartenait plus à rien depuis longtemps. Elle lui serra le poignet, celui avec son offrande, prête à s’enfuir.
S’enfuir…Ensemble. Elle n’avait pourtant pas accepté son fruit.

Les gens tout autour les dévisageaient, on lisait la haine et la peur dans leurs yeux. Comme toujours. Est-ce qu’elle était comme lui ? Ses vêtements pourtant, laissaient présagé une certaine prestance héritée d’un passer plus radieux. Non, quelqu’un avec des yeux comme les siens ne pouvait pas avoir les mêmes origines que lui. Mais qu’importe ? Elle hérite des mêmes regards que lui. Aux yeux du monde, ils étaient un ensemble.

La façon dont elle tenait son cimeterre ne rassurait pas l’ancien Gruul. Elle n’était pas entrainée au combat. Elle n’avait peut-être même jamais tué, bien qu’à la colère profonde émanent de ses yeux à chacun de ses sarcasmes, on comprenait qu’elle en serait capable sans hésiter si on tentait de lui nuire. Mais de toute évidence, elle n’était pas prête à tuer maintenant. Et cela se comprenait aisément : elle n’avait rien à faire dans cette histoire. Quoiqu’au fond, Yarkol savait qu’au contraire, elle était lié à lui, par le lien universelle ; commun à toute chose : le chaos.
Le chaos, ce tortueux mélange d’événement apparemment incohérent, amenant inexorablement à la fin de toute chose.
Il y réfléchirait plus tard. Sauve-nous. C’était clair et limpide. Il l’avait mis en danger, ils s’étaient liés l’un à l’autre, et elle demandait à être sortis de ce mauvais pas.

Courir, vers où ? Pourrait-elle le suivre en territoire ennemi ? Pouvaient-ils se permettre de rejoindre l’antre de Nihil ? Non.
Les territoires Gruuls ? Mauvaise idée.
Ils avaient peut-être une chance d’évité le combat s’ils restaient dans les quartiers neutres. Nous sommes en fin d’après midi, ils devraient réussir à esquivé les gardes jusqu’à la tombé de la nuit. A ce moment, il leur serait aisé de se mêlé aux ombres.
Espérons qu’elle connaisse ces quartiers aussi bien que l’ex-Psora connaît les cavernes Gruul, cela leur fournirait un avantage certain.

Tout en se dégageant le poignet, Yarkol lui chuchota
« Si vous courrez aussi vite que vous maniez les mots, nous jouerons à cache-cache toute la nuit, sinon, vous leurs expliquerez, avec une épée sous la gorge, pourquoi vous preniez la défense des agrumes. »

Il rangea sa dague, tout en poussant avec sa main libre (qui avait laissé tomber son présent sans plus d’égard) la main armée de la belle. « Suivez moi du mieux que vous pouvez, ne vous retournez surtout pas, et rangez ça avant de blesser quelqu’un. »

Puis, tout en prenant son élan pour sauter par-dessus un tas de briques, il hurla assez fort pour qu’on l’entende depuis l’intérieur de la taverne « Eh, les gars, fallait prévenir si vous étiez fatigué, je vous aurais payé votre verre ! »
Une fois sa tirade prononcé, il fit un clin d’œil à sa compagne de circonstance et lui lança « Si vous savez vous servir de vos jambes ailleurs que sur les trottoirs de taverne, c’est le moment. » Puis il recommença sa course effrénée à travers les quartiers neutres, semant la panique et la discorde partout où il passait. Fidèle à lui-même, comme toujours.

Cette provocation avait pour but de la forcé à le suivre, même si elle pouvait lui en vouloir. Il doutait que ses poursuivants l’interrogent, d’ailleurs le gobelin aurait été trop heureux de la faire cuire d’un éclair sans prendre la peine de savoir qui elle était. Il fallait qu’elle leur échappe, elle aussi, qu’elle ait décidé d’être avec Yarkol ou non, elle devait fuir.


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Foenix
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Lun 7 Mar 2011 - 18:17

Après sa petite exhibition théâtrale, Foenix fut profondément déçu que personne ne l'applaudit. Que de la grâce que ses gestes dessinaient et ses mots touchaient le plus profond de l'être, par une philosophie privilégiant la surprise et l'étonnement du spectateur. Ce n'était qu'infâme jalousie que de ne point faire ovation d'un tel chef-d'oeuvre du spectacle ! Mais au fond, son publique n'était peuplé que de gens de bas étage, une sous-catégorie de personnes qui ne mériterait tellement pas de profiter de tant de merveilles, que ce serait qu'insulte si ces déchets de la société se permettaient d'applaudir une telle splendeur. Ces pensées, qui soulageait l'Orzhov de ne pas avoir reçu de mérite de son exhibition, irritèrent l'assassin à un degré inimaginable. Dans de telles circonstances, il maudissait les Cieux et les Enfers de devoir partager un corps avec ce vil personnage, dont l'arrogance et le mérite s'éloignaient l'une de l'autre par un océan aux infinies étendues. Fortement agacé par son alter-ego, Masque de Lune décida de ne plus se manifester dans l'esprit du soit-disant gentilhomme et laissa faire cet ingrat, dans l'espoir que quelqu'un lui fasse payer un jour son éternelle impertinence.

Foenix ne pouvait que sourire, lorsque la Sans-Guilde s'adressait à lui, probablement avec cette ironie moqueuse que les esprits simplets ou prétentieux ne ressentent qu'à peine. Le marchand était parmi les seconds. Lorsqu'elle lui eut chuchoté quelques phrases à l'oreille, avant qu'elle ne s'en aille, il la tint par le menton avec la délicatesse qu'un parent caresse son nouveau-né. Avec un ton satisfait et heureux, une voix basse qui s'approchait presque du sensuel, il lui adressa quelques mots, avant de la laisser partir, telle une colombe entre les mains d'un prestigiditateur.


« Nous aurons tout le temps de discuter. Le temps ne manque jamais, si on se consacre à son contenu, plutôt qu'aux grains de sables qui tombent... »

Il fixa ensuite Elryann sortir de la taverne, tandis que les autres Sans-Guilde lui adressaient des regards qui ne s'éloignaient pas de la haine profonde. Il savait quel serait son destin à lui, s'il ne se pressait pas de terminer de visiter toutes ses personnes, malgré son manque de motivation à une occupation aussi banale. Il se dirigea vers sa table, afin de s'installer sur ce trône de l'emploi, tout en levant l'avant-bras vers le ciel et en s'exclamant :

« Suiv... »

La fin du mot sortit de ses lèvres, mais le son n'atteignit aucune oreille, couvert par le chaos qui semblait agiter la population sur les rues des quartiers neutres. Les hurlements et le vacarme des divers bousculades traversèrent les murs de bois de la taverne. S'ensuivit le sifflement d'un éclair. Sans nul doute que quelque chose d'anormale se déroulait à l'extérieur. Une cassure dans la banalité de son entretien d'embauche sembla exaucer son voeu. Il adressa donc à l'assemblée une de ses questions que tout le monde se pose dans de tels cas, comme si le monde ne tournerait plus, si personne ne l'adressait, bien que personne n'ait de réponse, ni même en attende une.

« Nom d'un blasphème pastoral, que se passe-t-il là dehors ! »

À l'intérieur comme à l'extérieur, l'agitation au sein du peuple était la même. Tout le monde qui se demandait ce qui arrivait, qu'allait-il se passer, quand pouvaient-ils enfin rentrer pour savourer enfin d'un somptueux rôti, entouré de sa famille bien aimée. L'entrée dans les lieux par l'officière ne fut qu'accentuer le chaos général. L'armurier hésita d'aller lui adresser son sourire foudroyant, ayant un faible pour les femme en uniforme, mais un rapide compte-rendu de la situation et des probables conséquences, il estimait que profiter pour mettre les voiles serait plus idoine que de se faire gifler par un gantelet. Il se dirigea donc vers sa table, avec une certaine discrétion qui était peu nécessaire, vue l'agitation des présents. D'un geste furtif, il rangea ses affaires dans sa sacoche et se frayait un chemin entre les civils amassés pour sortir de l'établissement.
Soudain, il aperçut Elryann s'apprêtant à empoigner le don d'un semi-elf au sauvage déguisement. D'après l'expression des deux Boros qui questionnaient les clients de la Tranche, le fugitif et dangereux terroriste pyromane devait être la petite créature, appartenant sans doute au clan Gruul. Le comportement de la Sans-Guilde faisait d'elle une complice. Or, Foenix refusait que l'on s'en prenne à ses (futurs) employés ! Elle sembla remarquer qu'elle n'allait pas tarder à être la proie de ces chasseurs de chapardeurs. Il fallait leur faire perdre du temps, afin que le semi-elf et la Sans-Guilde puissent s'échapper. L'agglomération de civils aidèrent dans la tâche, mais un petit coup de pouce n'était pas de refus.


* Les rumeurs sont une arme qu'il ne faut guère sous-estimer... *

Afin de ne pas être directement aperçu, le marchand descendit légèrement sur ses genoux, courba légèrement le dos et se mit à parler d'une voix assez haute pour que les officiers entendent, mais assez basse pour ne pas l'associer à un cri. Il changea également son ton, imitant les cordes vocales d'un homme grave et ferme. Il commença ainsi sa petite publicité.

« C'est vrai c'qui s'raconte, qu'un s'mi-elf crament des baraques avec un pote ? »

Il fit quelques pas, sans changer de posture, imitant à chacune de ses phrases une voix différente. Profitant ainsi de la forte densité de personnes, il essayait de créer des discussions sur ses rumeurs artificielles, sans se faire remarquer. Tout cela pourrait conclure par un brouhaha et une agitation générale accrue, pouvant ralentir les deux officiers. Dans le meilleur des cas, les deux Boros pourraient croire en ses bruit de couloir et carrément changer leur cible !

« À ce qui parait, ce dangereux criminel s'en prend aux tavernes dans le seul but de semer la zizanie ! ... ... On dit qu'un pyromane se promène dans le quartier depuis plusieurs jours en causant la panique ! ... ... J'ai vu un p'tit gars entrer dans l'auberge avec de l'alcool et des explosifs ! .... ... Au secours ! On va tous mourir cramés ! .... ... J'ai vu un truc bouger, par là ! ... ... C'est vrai qu'ils veulent s'en prendre à l'auberge de la Tranche ? ... ... C'est qu'une rumeur, mais à ce qui parait c'est vrai ! ... »

Des petites phrases, prononcés ça et là dans la foule, pourrait semer le chaos plus efficacement que n'importe quel explosif. Foenix espérait de tout son être que ses bruits de couloir finissent en brouhaha général et embrouillent le gobelin et l'humaine, à tel point qu'ils finissent par ne plus savoir où cogner la tête, si les informations sont exactes, s'il vaut mieux s'y fier, ou pas, si le supérieur risque de les blâmer pour avoir fait le mauvais choix, etc. Dans le fond, il ne faisait pas tout cela uniquement pour laisser du temps aux deux fugitifs, mais également pour la faire payer à ses officiers de la Légion, qu'il ne supporte pas. Toujours à se sentir supérieur à tout de le monde, à montrer aux pauvres gens qu'ils ne valent rien, mais que eux oui, car ce sont des Boros ! Une arrogance mêlée à de l'abus de pouvoir ne peut que dégoûter. Soit, tous les officiers de la Légion ne sont pas ainsi, comme tous les assassins ne sont pas des vils personnages qui tuent pour l'argent et la gloire...
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MJ06
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Dim 13 Mar 2011 - 20:29

[hrp]Foenix (et ce sont des gardes Izzet, pas Boros. La faute à Elryann qui n'a pas précisé, mais ça ne change rien)[/hrp]

Les clients de la taverne, qui avaient suivis d'un regard blasés, moqueurs ou bien indifférend l'échange entre Elryann et Foenix, étaient retournés à leur repas. Une interruption dans leur routine de pauvres citoyens Ravnicans, qu'ils citeraient en exemple de l'instabilité de la société plus tard dans la soirée, entre habitués du bar. L'explosion à l'extérieur, puis l'entrée brutale de la foule qui cherchait refuge dans les bâtiments environnant ainsi que celle des deux gardes à la mine farouche, leur avaient fait relever la tête de nouveau. Une journée bien étrange décidément.
Et maintenant, tandis que la foule, créature informe et indomptée, discutait à tout va des évènements, certains des consommateurs parmi les plus habitués observaient avec une surprise croissant l'étrange manège de l'Orzhov. Sa manœuvre ne faisait qu'à moitié effet : si la plus grande partie de la foule commençait effectivement à parler, et que certains répondaient même d'un ton effrayé à cette mystérieuse voix qui semblait n'appartenir à personne, les personnes déjà présentes dans la salle n'avaient pas quitté du regard le plastron étincelant et la cape éclatante de l'armurier. Toutefois, ils se contentaient d'observer avec curiosité, peu intéressés par une confrontation avec un membre de la guilde la plus riche des neuf. Les gardes, eux, perdus au milieu de la multitude, étaient en revanche tombés dans le panneau, et fouillaient la foule du regard à la recherche de Yarkol. Le gobelin, de plus en plus énervé, tendait déjà un bras, le bracelet qui avait envoyé l'éclair magique brillant à nouveau d'un rouge sombre qui n'annonçait rien de bon. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase déjà bien rempli par Foenix : la foule se rua à l'extérieur en criant à l'aide, au feu, au vol, au meurtre et à bien d'autres choses encore. Le gobelin disparut dans la marée humain, mais l'humaine tint bon face au flot paniqué, son armure de cuivre et de cadrans divers qui émettait des sifflements et des grincements inquiétants contribuant à ce que les sans-guilde l'évitent soigneusement. Ne restaient que les serveurs, deux ou trois clients ainsi qu'une partie des candidats aux armureries Ket'osarc et Foenix. L'humaine regardait autour d'elle d'un air furieux, puis s'avisa de la présence d'un autre guildé et se dirigea vers lui. Mais Foenix ne sut jamais dans quel but.

En effet, c'est à ce moment que retentit le cri de Yarkol.v
« Eh, les gars, fallait prévenir si vous étiez fatigué, je vous aurais payé votre verre ! »
L'humaine s'arrêta soudain, pétrifiée. Son courroux et sa rage se lisaient dans ses yeux aussi facilement que si elle avait elle-même avoué être en colère. Elle fit volte-face et courut à l'extérieur. Un des sans-guilde qui avait assisté à l'altercation de Foenix et d'Elryann se dirigea vers la sortie à son tour; la cape grise qui était assortie à son pourpoint de soie claqua lorsqu'il sortit. Foenix resta là.


[hrp]Yarkol et Elryann[/hrp]

Elryann vit la multitude de sans-guildes sortir en trombe, en proie à l'hystérie la plus totale. Étrange que ce soient la foule qui soit sortie après le cri de Yarkol. Elle vit le gobelin aussi, perdu au milieu du chaos. Son acolyte sortit tout de suite après, l'air franchement en colère. Elle la repéra aussitôt, et la montra du doigt en hurlant quelque chose. Sans attendre d'avoir la confirmation de ce mauvais, très mauvais présage pour elle, la jeune humaine chercha du regard son compagnon d'infortune. Il s'était arrêté à une vingtaine de mètres et semblait l'attendre. La foule s'écarta d'elle en la reconnaissant comme la complice ayant aidé le "dangereux terroriste". Tous les regards étaient fixés sur elle. Au premier rang, un petit obèse la détaillait du regard, semblant la jauger. Le gobelin la vit à son tour et la montra du doigt ...
Un éclair aux reflets rouges jaillit dudit doigt en sa direction. Elle l'esquiva adroitement et profita de la confusion due à l'explosion pour se mettre à courir, tandis que la foule céda à nouveau à la terreur. Quelle journée !
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Mar 15 Mar 2011 - 16:22

* Non mais...Mais...Mais ! Le crétin balbutiant, l'enflure, l'ignoble dégénéré, l'infâme cloporte, le misérable illuminé, le futur macchabée, l'insecte répugnant, la crevure, le fourbe, le minable petit déficient, l'espèce de pauvre provocateur tordu ! User mes jambes sur... *

Le cri de rage d'Elryann fut couvert par l'immense clameur qui retentit dans la taverne. Qu'elle soit à présent pourchassée par une foule surexcitée était de l'ordre du détail amusant : cet individu l'avait insultée. La situation était, certes, fâcheuse, mais on ne s'ennuyait pas. Elle rangea vivement son cimeterre et recula en se préparant à faire volte-face pour courir le plus rapidement possible - mais le vaste mouvement que décela sa vision périphérique l'arrêta net dans son mouvement. Au lieu des trois personnages attendus, plusieurs dizaines de badauds se ruaient hors de la taverne en poussant des beuglements affolés, se piétinant, se bousculant dans la plus totale anarchie.

* Que s'est-il passé ? Foenix était dans la taverne...Mais je ne le vois pas. En revanche, cette grande courgeasse est toujours là, avec son expression amène. Elle respire la féminité et la délicatesse, on perçoit tout de suite le...Non, ma grande, il est temps d'être sérieuse, réveille-toi ! Il faut suivre cette ordure qui, sans quoi, va se perdre dans les quartiers neutres sans avoir subi une vengeance appropriée. Qu'ils finissent tous à barboter dans leurs viscères, avec leurs clins d'oeil ! Woups, la grande hargneuse en armure me reluque. *

Juste avant de tourner les talons et de s'enfuir, elle croisa le regard d'un petit obèse aux allures de voyeur, et lui adressa le regard le plus férocement ironique dont elle soit capable, l'air de dire "Oui, je suis en mauvaise posture, et alors ! Je suis sûre qu'avec cette figure tu dois savoir ce qu'est la solitude" Lorsque l'éclair cramoisi fusa dans sa direction, elle se sauva d'un bond de côté et, sans plus se retourner, prit ses jambes à son cou, protégée involontairement par la foule à l'effroi désordonné.
Elle rattrapa le semi-elfe, qui s'était engagé dans une direction peu avisée - la ruelle menait à une allée longue et particulièrement étroite - le saisit par la manche et releva sa jupe de son autre main pour mieux foncer à travers les rues pavées. Sans se préoccuper de leurs poursuivants, elle l'entraîna à travers un véritable dédale d'habitations hétéroclites, empruntant volontairement les trajectoires les plus aléatoires, les plus irrationnelles afin de mieux semer les gardes, qui, visiblement, connaissaient mal cette zone. Ils dévalèrent des marches, se faufilèrent entre des passants interloqués, et débouchèrent enfin sur une artère très fréquentée, à la foule particulièrement disparate, et aux multiples échoppes noyées par elle. La zone la plus commerçante du quartier neutre, où exerçaient notamment les drapiers, tisserands et tailleurs. Elryann et son compagnon furent immédiatement happés par l'affluence. Rassurée par ce grouillement qui les dérobaient aux yeux des gardes, elle soupira, adopta un démarche placide en surveillant le fuyard, qu'elle n'avait pas lâché, du coin de l'oeil pour vérifier qu'il l'imitait. Un sourire presque carnassier naquit sur ses lèvres. Elle adorait ça, Ravnica était un vaste terrain de jeu où les règles étaient l'imprévu !


* Il est couvert de sang, il doit se changer très vite. Nous sommes trop repérables ainsi affublés - enfin, surtout lui. *

Après avoir vérifié d'un regard circulaire qu'aucune figure menaçante ne surgissait, elle poussa brusquement le jeune homme contre le mur le plus proche, et, d'une voix aux intonations parfaitement contrôlées, elle s'adressa à lui en plongeant dans le sien un regard mi-farouche, mi-amusé.

" Tu sais, je sais user de mes jambes sur bien d'autres trottoirs que ceux de l'auberge. Bien essayé, mais mes services sont indisponibles : j'ai quelques ennuis, qui impliquent notamment l'horripilante victime des gens qui, manque de chance, me poursuivent aussi désormais. Il serait courtois de la part de ladite victime de m'indiquer pourquoi diable je viens de traverser tout le quartier agrippée à sa manche; avant que cette même victime se débarrasse de ses frusques pitoyables. Je m'appelle Elryann et j'ai l'apanage des sous-entendus vexants, c'est clair ? "

La sans-guilde accompagna cette assertion d'un hochement de tête opiniâtre, avant de se dresser promptement sur la pointe des pieds pour mordre le bout du nez du semi-elfe éberlué, suffisamment fort pour provoquer une vive douleur. Elle lui retourna un clin d'oeil espiègle.





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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Mar 15 Mar 2011 - 18:38

Déambulant dans cette jungle qu’est le quartier neutre, où tout est à la fois spécial et commun, en somme un carnaval de couleur dont on peut étrangement tirer une prédominance de gris foncé, Yarkol se laissait porté par le vent gracieux et svelte qu’incarne son allier improvisée, sans trop se soucier d’où cela les mènera.
Amusé d’avoir été ainsi mené hors de danger puis acculé sur un mur et mordu assez fort pour avoir à serrer le poing, l’Elf sourit timidement, ne sachant s’il devait répondre à cette amusante créature à qui il devait, maintenant, beaucoup plus qu’un silence.
Elle a décidément un caractère particulier qui ne laisse pas l’ancien Gruul aussi indifférent que ce qu’on pouvait attendre d’un ex Psora ayant pour seul allier une entité démoniaque et solitaire. Elle a dans la voix ce quelque chose propre aux femmes sûrs d’elles, cette conviction qui fait briller les yeux d’une étincelle tout ce qu’il y a de plus fascinant, mettant le feu aux poudre des canonnières que sont les yeux du jeune Elf.

Après un instant de réflexion –durant lequel il dévorait des yeux la belle Elryann comme il aurait dévoré un steak après deux jours de jeun- il secoua la tête comme pour se reprendre, conscient de s’être égaré dans des songes qui n’avait pas leur place dans la présente situation.
Non, il ne pouvait pas se changer. Ses vêtements faisaient pour ainsi dire partie intégrante de son âme. Sa ceinture, surtout, parsemée de nombreuses dents, était un symbole auquel il tenait. De plus, les nombreuses poches cousue ou agrafé à sa veste cachaient quelques cocktails explosifs dont il ne pouvait se passer. Sans oublier qu’il avait, dans une poche intérieure, quelques papiers dérobés dans la bibliothèque du Dôme. Au mieux, il pouvait porter une cape par-dessus, sinon ils devront courir jusqu'à la tombé de la nuit puis fuir là où jamais des gardes Simics n’auraient leur place.


« Parfaitement clair. Yarkol. Ravi d’avoir rencontré une personne aussi vivace que pertinente. [Le compliment était sincère, mais le ton plus sarcastique] Je ne suis pas en mesure d’abandonner le moindre vêtement, et le sang ne s’efface pas du cuir comme la craie d’un mur, aussi je propose de trouver une cape rapidement et de s’en satisfaire jusqu'à la tombé de la nuit, une fois le soleil couché nous serons libre. Ils auront fini leur service, et de toute façon, une fois dans les ombres, nous seront hors d’atteinte. »

Puis il cessa de sourire et agrippa l’humaine par la taille, posa sa main gauche sur son épaule puis la retourna vivement, la plaquant contre le mur avec une force contrôlée. Il s’approcha de son oreille, ouvrit la bouche et passa sa langue sur le lobe, mais se retint de mordre. Il chuchota :

« Quand au pourquoi et au comment, vous aurez les détails si vous êtes digne de confiance. Maintenant si vous voulez bien, trouvons de quoi nous fondre dans la masse, ou reprenons la course, mais resté ici et les attendre me parait une attitude décevante de la part de fugitif, et nos poursuivant seraient bien déçu de n’avoir eu droit qu’à une course si peu prolongée… »

Il la lâcha, puis s’écarta d’un pas. La douceur de son oreille l’avait troublé, il n’avait pas l’habitude de ce genre de contact. Plutôt que de lui rendre la pareille, il s’était déstabilisé tout seul, et se demandait maintenant quel gout pouvait bien avoir sa lèvre inferieur. Dans un soupir de raison, il se détourna de cette bouche et caressa sa ceinture, parcourant du doigt ses trophées. Voila ce qui le rassurait : être sûr de ses acquis, de ses capacités. Une jeune femme à peine armée ne pourrait pas venir à bout d’un ancien Gruul bourré d’explosif, n’est-ce pas ?

_________________
« Et certains craignent le Temps, quand moi je crains les Hommes. S’ils craignent les âges, c’est qu’ils n’ont plus peur des autres, mais je sais que la poigne qui mettra fin à mes jours n’est pas celle du Temps.C’est celle de mon meurtrier, mon Glorieux sauveur, l’Être que je haïrais de toute mon âme pour avoir été meilleur que moi. »  


« Que craintes et cries crèvent les croix,
Le souffle siffle un soulèvement sanglant
Et pleurent les prêtres prônant les Lois

Brièvement, la brise les brise brillamment
Et chante enfin la liberté. »    A.C/ Yarkol.
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Jeu 17 Mar 2011 - 11:25

[hrp]A l'attention de Yarkol : je te rappelle au cas où que Traquer et détruire se passe après cette quête-ci, qui est comme tu l'auras deviné la suite immédiate des Divagations. Par conséquent, tu maîtrises le mana rouge, même si tu n'as pas encore de sort.[/hrp]

Tandis que Yarkol parlait, Erlyann distingua par-dessus son épaule une armure brillant d'un éclat mat qui fendait la foule, mais pas en leur direction. Si ils avaient réussi à semer les deux gardes, il n'étaient pas encore tirés d'affaire pour autant. C'est pourquoi elle l'entraîna vers un banc où ils s'assirent, tout en lui répondant. Ce serait toujours quelque chose de plus sûr que de rester debout au milieu du marché, en attendant de prendre une décision valable. Le gobelin hargneux et impulsif ne semblait pas avoir réussi à les suivre jusque-là, en revanche. Au moins une bonne chose. La foule, bruyante, indifférente, dense et constamment en mouvement, les protégeait comme une immense et unique masse. Seul, l'éclat cuivré de la machinerie de l'Izzet était encore visible au milieu des couleurs fades des sans-guilde, comme un écueil mortel dans cette marée humaine qui brillerait sous la surface de l'eau. Mais un écueil encore lointain et distant, qui avait tout l'air d'être parti dans la mauvaise direction. Elle se sentit soulagée.


[hrp]Ce qui se passe maintenant ne peut être su de personne, excepté Foenix si il décide de poursuivre la quête.[/hrp]

L'Izzet, désemparée au milieu de la foule, jouait des coudes pour se frayer un passage. Contrairement à ses proies, elle ne semblait pas habituée à une telle foule. Elle n'était probablement pas habituée au Quartier neutre par ailleurs, et n'était sortie du quartier de sa guilde que pour une raison bien particulière.
***L'autre n'a pas posé de problèmes. Ce n'était qu'un peau-verte, après tout. Et doté de l'orgueil démesuré des guildes, en plus. Trop de confiance en soi et aucune vraie velléité de vaincre. Un faible. Mais celle-ci sera autrement plus coriace. Quoi, elle maîtrise la magie elle aussi ?***
En effet, la femme venait de canaliser un pyromana, qu'elle insuffla dans son armure, sur un sceau gravé dans le cuivre. Le cachet Izzet remplit sa fonction, et un mana de chaque couleur de sa guilde vint se loger au creux des mains de l'humaine.
***Ça, ce n'est pas bon. Yarkol ne sait pas encore maîtriser sa puissance magique, et cette fille apparemment non plus. Il faut qu'ils fuient. Pourvu qu'ils fuient.***
Mais l'humaine n'en avait pas fini. Un cercle de quelques mètres s'était formé autour d'elle, chacun ici sachant ce dont était capable un Izzet pris de la fantaisie de faire quelque tour de magie. Or, cette Izzet-là n'avait pas l'air d'humeur particulièrement prudente et calme. Elle frappa dans ses mains, les deux manas rentrèrent en contact ...
***Ah. Ce n'est pas la première fois qu'elle pourchasse un fugitif. Voilà qui risque de leur compliquer l'affaire...***
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Elryann
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Jeu 17 Mar 2011 - 14:31

* ...Et en plus, il est contrariant. Si c'est par fierté qu'il refuse de se défaire de ses vêtements, je sens que la mienne pourrait m'inciter à lever le genou pour...Ciel, que fait-il ? Mon stylet, vite, immédiatement. *

Ouvrant dans un tressaillement des yeux agrandis par la surprise, Elryann s'immobilisa, adossée au mur, au contact de Yarkol. Non, quelque chose n'allait pas : l'aura que dispensait son ironie distante écartait systématiquement le moindre individu tenté d'approcher la forteresse qu'elle faisait d'elle-même. Personne n'était censé avoir l'idée de s'emparer de la préséance, tellement évidente ! C'était elle qui entrait en contact avec ses interlocuteurs, pas l'inverse ! De quel droit..? Et puis d'abord, pourquoi son émanation protectrice ne fonctionnait-elle pas avec lui ? Au moment où elle allait attraper son stylet dissimulé, dont elle se servait beaucoup mieux que d'un cimeterre, le semi-Elfe lui parla à voix basse.


* Grmf. Une attitude décevante. Il serait vraiment décevant que tu achève ta courte vie en gargouillant pitoyablement après t'être pris un de ces éclairs écarlates en pleine poitrine. Quelque chose ne va pas...Ah oui, il est encore vivant, et je ne respire pas correctement. En même temps, personne ne touche mon oreille sans ma permission en trois exemplaires. Donc en fait, c'est comme s'il m'empêchait de respirer depuis près d'une dizaine de secondes. Argh, le chien ! Très bien, puisque c'est comme ça...Je ne te tournerai pas le dos, Yarkol. *

Elle allait rétorquer lorsqu'elle aperçut, à une quinzaine de mètres d'eux, la silhouette métallique de leur poursuivante. Celle-ci semblait tourner les talons, ce qui n'empêcha pas Elryann d'appuyer ses paumes de toutes ses forces sur les épaules de Yarkol pour le forcer à s'accroupir et plonger sous la marée humanoïde. Elle-même se dressa sur la pointe des pieds pour essayer de distinguer le profil menaçant de l'Izzet. Elle se trompait de direction, cette perche caractérielle ! Récupérant la manche du semi-elfe d'un geste presque routinier, elle le releva et, non sans avoir mordu les cheveux longs d'un escogriffe qui l'avait bousculée, elle se jucha sur un banc en pierre, en face de Yarkol. Là, elle se rendit compte avec une horreur croissante qu'une certaine confusion l'empêchait de trouver un sarcasme approprié. Pourtant, la cible était parfaite, le contexte idéal...! De plus, elle avait la désagréable impression d'être observée...

"De toute évidence, tu as autant de préoccupations pratiques qu'esthétiques. Remarque, c'aurait pu être pire, tu aurais pu être inconscient du danger de réduire mon espace vital, et avoir des reflets psychédéliques dans les cheveux - diable, en fait, tu n'as vraiment pas de chance. La pitié m'étreint : je passerai pour cette fois. Je te signale simplement la présence de la harpie aux engins cliquetants, quelque part par là; elle se dirigeait résolument dans la direction opposée. Il y a plusieurs alternatives, j'en vois quatre : premièrement, prendre racine sur ce trottoir - je suis sûre que tu t'useras plus vite que moi - ou bien entrer dans une échoppe et nous cacher dans l'arrière-boutique; ou encore tendre une embuscade à la grue-chercheuse. Enfin, nous pouvons, effectivement, comme tu as l'air de le suggérer, bondir de ce banc, et nous ruer à travers la plèbe, les bras levés au-dessus de la tête, en mugissant comme deux tarés."

Levant le visage vers le soleil couchant, Elryann s'étira longuement, et tapota au hasard un rythme sur le tissu écarlate de sa jupe en chantonnant doucement.
Ses pensées dérivaient vers de vastes étendues multicolores, peuplées de réflexions métaphysiques qui n'avaient strictement rien à voir avec la présence situation. Ce qui était exactement le but recherché - elle préférait éviter de paniquer en attendant la réponse de Yarkol. Peut-être que c'était pour cette raison, qu'elle avait toujours des ennuis, parce qu'elle n'avait jamais peur...?


* De toute façon, si les choses tournent mal, j'ai une diversion intéressante dans ma sacoche. Mais avant, message préventif. *

Elle prit un air grave en dévisageant Yarkol, et, brusquement, leva son genou.







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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Jeu 17 Mar 2011 - 23:32

Yarkol dut réfléchir vite. D’après ce que disait Elryann, ils étaient maintenant deux contre une, soit, mais avec cette foule mieux valait être prudent. Qui sait quel genre de personne peut faire partie de cette marrée informe ? Il serait mal avisé d’étripé une Simic sous les yeux d’un magicien en quête de potion, et le risque d’être reconnu ensuite était trop grand. La fuite s’avérait la meilleure solution. Il fut tenté de passer par les égouts, mais il savait trop bien quelles atrocités pouvaient s’y cacher.
En outre, le fait que leur poursuivante parte dans la mauvaise direction ne le rassurait pas le moins du monde. Quelqu’un qui prend du recul ou s’éloigne aura le loisir de se changer, se cacher ou de les contourner. Et celle ci ne c’était pas perdu dans les dédalles comme son compagnon aux grandes oreilles, elle devait avoir l’habitude de chasser…

L’Elf sourit et passa sa langue sur le coin de ses lèvres, comme un chacal se délectant à l’avance de la proie qu’il n’allait pas tarder à étriper.
Ses instincts allaient être mis à l’épreuve, car cette fois-ci il ne s’agissait plus de se faufilé jusqu'à trouver une cachette, il fallait véritablement mettre fin à la partie, non plus comme un fuyard mais comme une meute prise en chasse par un animal plus gros.

Il réfléchit quelques instants au fait de se cacher dans une arrière boutique, mais mêlé une personne de plus à cette intrigue ne lui disait guère, et il effaça résolument cette possibilité de son champ de stratégie.

« La situation est des plus simple. Nous sommes traquer, et nous allons devoir échapper à nos poursuivants, n’oublions pas que l’autre petit bonhomme vert peut encore réapparaitre. Si elle part vraiment dans la mauvaise direction, fuyons encore plus loin dans la direction opposé, creusons l’écart et prenons garde à ne pas être pris en embuscade par l’autre fourbe. Les Izzets sont des êtres intelligent et calculateur, il faut échapper à leur logique. »

Suite aux derniers mots, son regard c’était illuminé d’une lueur trouble et diffuse de folie contrôlée. Il prit la main d’Elryann quelques secondes, joua avec, pressant du bout de ses doigts sa paume, battant un rythme qui lui était propre, puis la lâcha, avec un mi-sourire appuyé.

« Perdez nous, Elryann, laissez vous guider par votre instinct et emmenez nous ailleurs, sans réfléchir. »


_________________
« Et certains craignent le Temps, quand moi je crains les Hommes. S’ils craignent les âges, c’est qu’ils n’ont plus peur des autres, mais je sais que la poigne qui mettra fin à mes jours n’est pas celle du Temps.C’est celle de mon meurtrier, mon Glorieux sauveur, l’Être que je haïrais de toute mon âme pour avoir été meilleur que moi. »  


« Que craintes et cries crèvent les croix,
Le souffle siffle un soulèvement sanglant
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MessageSujet: Re: Drôles de circonstances.   Dim 20 Mar 2011 - 16:18

Un empereur, observant son armée terrasser son adversaire de toujours, telle une coulée de magma anéantissant toute forme de vie sur son passage, n'aurait était plus satisfait. Foenix observait la masse de personnes affolées semer la panique dans cette taverne. Ce dont il ne se doutait pas, c'est que son intervention ne fut point des plus discrètes. Un nombre considérable de personnes remarqua les manigances de l'armurier. Cependant, en admettant que ce dernier soi conscient de sa semi-réussite, tout ce qui comptait à ses yeux étaient les conséquences, qui furent telles qu'elles étaient planifiées. Le gobelin fut pris par la masse humaine dans la panique, il ne put en demander mieux. Quant à la coéquipière du poivron dansant, elle parvint à garder la tête froide et à ne point se laisser engloutir par la marée de chair. La satisfaction de l'Orzhov eut la durée de vie d'un papion ; l'Izzet semblait avoir plus d'un tour dans son sac, à en juger par les manipulations qu'elle appliqua sur son armure. Et cet homme à la cape grise qui sortit de la taverne après la foule ? Une sorte de sixième sens disait à l'armurier de suivre cet énigmatique personnage. Mais dans quel but ? Il n'en voyait pas l'intérêt. Par contre, la liberté de la jeune Elryann paressant sérieusement en danger, à en juger par les moyens de sa prédatrice, Foenix décida qu'il était temps d'agir. Sa sacoche était remplie d'objets utiles en cas d'urgence. La chance semblait également lui sourire ! Une cape longeait le sol, ainsi qu'une multitude de petites choses, sûrement abandonnés par les clients affolés. C'est alors que l'Orzhov s'apprêtait à ramasser l'habit, que le temps se figea.

~~~~~~

Il se retrouva dans une pièce circulaire, très vaste. Le mur sans coins était orné d'une série de masques disposés l'un à côté de l'autre, formant des lignées en cercle allant du sol jusqu'au plafond. Plafond qui semblait d'ailleurs infiniment éloigné. La faible lumière ne permettait point de voir les limites de la pièce en sa hauteur immense. D'ailleurs, qu'est-ce qui pouvait bien illuminer cette antre de la décoration faciale ? Une bougie, tout ce qu'il y a de plus banale, était posée sur une table, à quelques mètres du centre de la salle ; juste à côté, une chaise semblait inviter l'armurier à s'installer. Le même schéma se présentait de l'autre côté de la grande pièce. Une table, une bougie, une chaise et... un homme assis ! Sur le plancher en carrelage, une sorte de ligne aux allures d'un symbole gothique abstrait, semblait former une limite entre les deux hémisphères de l'arène, ainsi que les deux tables, placés à égale distance de la frontière. Après une plus mûre observation des masques, on peut remarquer les traits joyeux de leur visage, plus variés les uns que les autres. Du moins, ceux qui étaient disposés sur l'hémisphère de Foenix. Les autres paraissaient inspirer la tristesse, ou la colère. Un véritable contraste entre le carnaval comique et tragique, qu'était cette vaste salle. L'homme assis sur sa chaise se leva. Il portait une cape sombre, un croissant de lune décorait son dos et un masque sans expression pendait sur sa ceinture. Il s'adressa à l'armurier d'un ton dur et sévère, tel un père désireux de blâmer son fils pour une grosse bêtise.

« Que comptes-tu faire, au juste ? »

Foenix patienta quelques secondes avant de répondre.

« Je désire retrouver ma future employée et m'assurer qu'elle rentre chez elle saine et sauve. Cette cape me permettra de me dissimuler dans la foule et... »

« Tu as la discrétion d'un pachyderme dans un essaim d'insectes ! », le coupa sèchement l'assassin.

L'armurier sourit. C'était précisément la remarque qu'il attendait.

« Très bien, alors prends ma place ! »

« Je n'en vois pas l'intérêt. »

« Trouve-tu un soupçon d'intérêt lorsque tu traque tes cibles et les égorges pour quelques sous ? »

« Tu ne peux pas comprendre. Un jour on réclamera des services pour des boycottes politiques. Là, je récolterai le plus d'informations nécessaires pour basculer cette oppression de la Guilde des Transactions sur les citoyens de notre cité. »

« Voilà une chance pour toi de croître ton renom ! »

« Ainsi qu'une chance pour soulever la poussière sur la double identité de Foenix Ket'ossarc ! »

« Ne sois pas idiot. Les gens sont bêtes. Masque de Lune sera vu comme un dangereux criminel qui obstacle les autorités contre les dangereux terroristes tel que cet elf, et non comme un double de l'armurier. Et en admettant que la vérité ressorte, que ton objectif était la sécurité de la Sans-Guilde... Ca ne changera rien à ta situation actuelle. Beaucoup savent que l'avancée de Ket'ossarc est due à tes services. Certains pensent que tu es mon assassin personnel. Les plus malins se doutent que nous ne faisons qu'un. Si dans le pire des cas la situation devient intenable, Foenix Ket'ossarc sera retrouvé mort dans ses appartements. Et Masque de Lune continuera à semer la terreur. »

L'assassin ne répondit pas. Il tourna le dos à son alter-ego et s'avança vers l'un des nombreux masques qui ornaient son hémisphère. L'expression de l'oeuvre en terre cuite exprimait une colère profonde. Le visage ne nécessitait d'aucun détail supplémentaire, tant le volume de cette couleur rouge brique uni était bien travaillé. Il lança finalement le masque à Foenix et s'adressa à lui de ce même ton sévère.

« Je veux bien te donner un coup de main, mais si ça tourne mal, je te préviens que la mort de Foenix Ket'ossarc ne sera pas une supercherie ! »

Satisfait par les paroles de l'assassin, l'armurier fixa le masque qui lui fut lancé. Le même regard aux sourcils froncés et aux yeux troués exprimait une certaine colère. Cependant, le sourire dessiné sur ce visage de haine lui donnait un air mesquin. La même expression qui devrait décorer le visage de Foenix, si un masque de bonne humeur sincère ne la dissimulait pas.

~~~~~~

L'Orzhov observa durant quelques secondes la cape qu'il venait de ramasser. Il s’exclama ensuite à voix basse, afin que son propos paraisse une simple exclamation dans le vide. Or, c'était une façon pour lui d'avoir une excuse d'emmener avec lui l'habit, au cas où quelqu'un le verrai, ce qui était tout de même probable.

« Oh, noble habit des temps pluvieux... comment peut-on te laisser traîner le sol de la sorte... »

Et il sortit, tenant sur son bras la cape grise. Autour de lui, la panique générale n'avait pas cessé. Les gens courraient, criaient, se débattaient. Personne ne semblait prêter attention à un (modeste) armurier. Il s'engagea ainsi dans la ruelle la plus proche et se dissimula dans l'ombre de celle-ci. Ainsi, personne ne pouvait voir ni remarquer ses manipulations. Foenix commença par ôter sa sacoche et sa ceinture, puis enfila la longue cape. Il la boutonna totalement, dissimulant ainsi son plastron luisant. Le long habit était assez large pour ne point laisser paraître les ornements de son armure. Il boucla une nouvelle fois sa ceinture, où le fourreau de son épée, ainsi que cette dernière, était soigneusement attaché. Il reprit également sa sacoche, puis y sortit, entre les cliquetis métalliques de sa dague, un masque sans expression, qu'il agrippa à sa ceinture. Enfin, la capuche sur la tête ne pouvait point manquer. Masque de Lune était fin prêt.
Juste en face de lui, se tenait une échelle, menant aux toits des petites habitations du Quartier Neutre. Il la monta afin d'accéder à un niveau supérieur à la foule en panique. Chercher des personnes au milieu d'une marée d'êtres humanoïdes se révèle d'une plus grande simplicité, si l'on se trouve détacher de la masse. Sans doute que sous l'effet de la panique, personne ne remarquerait qu'un homme scrute le ciel sur le toit d'une taverne. Il commença par essayer d'apercevoir la lueur d'une armure chargée par le mana. Ou une toute autre chose qui pourrait lui donner la position de l'Izzet. Etant donné leur avancée technologique supérieur aux autres guildes, il devrait être aisé de l'apercevoir. Il partirait ensuite à la recherche d'un petite homme vert, accompagné par une délicieuse jeune femme.

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